The Velvet Underground & Nico (1967)

The Velvet Underground

L’album à la banane, il fallait bien terminer cette série par le début. Et quel début. Sunday Morning, une balade pop, doucerette, guillerette, midinette ? Un peu certes, les paroles contrastant magnifiquement avec cette mélodie enfantine. Faudrait pas que ça devienne un trait de caractère, commencer tes albums, Lou, par une ballade somnolente. Ah merde, apparemment j’ai 40 ans de retard, tu t’es pas gêné de forcer le trait sur 75 % de tes productions de velours. Sacré salaud, tu changeras définitivement pas.

Voila c’est ça emballe un peu le rythme sur le second morceau, mais dis moi ça serait pas ta formule magique, ta marotte, ton marronnier musical. On voit clair dans ton jeu, escroc. Parles nous de drogues, c’est vrai, c’est encore avant-garde à ton époque, aujourd’hui je l’attends plus mon gars, j’ai son 06, je lui envoie un petit message et le tout est réglé en moins de deux, car j’ai eu la génialissime idée d’en prendre un qui livre à domicile.

Une autre époque, n’est ce pas, je ne lui demanderai pas d’héroïne, ne t’en fais pas, je compte pas me foutre déjà en l’air, je préfère prendre des choses synthétiques pour voir mon bonheur exploser, vu que c’est pas la joie ces temps ci, ya plus de beautifuls people, de hips, de nouveauté, c’est devenu fade, aujourd’hui les gens te chieraient dessus si t’arrivais avec quelque chose d’aussi fort qu’à l’époque.

Tout le monde serait déjà blasé, vu qu’on on tout fait dans la musique, mais ça, mon con, c’est un peu de ta faute à toi, Lou, hein, avec des potes qui ont défriché sans vergogne la musique. Fallait pas te gêner mon grand, et encore heureux qu’Andy t’ai refilé sa blonde de passage, elle a envie de pousser la chansonnette, de parler de la femme fatale qu’elle n’est pas. Mais bon Dieu, qu’est ce que ça aurait été sans elle, c’est pas 1000 personnes qu’auraient acheté ta banane et qui l’auraient pelé lentement, non, yen aurait eu qu’une cinquantaine, et encore on voit large.

Encore heureux qu’elle soit là, vous seriez peut être tombé dans l’effroyable oubli postérieur, vu que l’alcool les drogues le sexe et le rock c’était déjà fait. Ah tu titilles mon oreilles, par ce premier brouillon, ce premier prémisse à Sister Rays et a Metal Machine Music, par ce Vénus en fourrure. Oui, c’est pas très agréable, on croirait un vieil alcoolique de son PMU de province jouant de son crin-crin le samedi soir après sa quinte habituelle. C’est bien, tester un peu l’auditeur, le réveiller un peu avant la fin de la face A, il somnolait là bas dans le coin. Non ce n’est pas 1000 rêves qui l’ont réveillé mais ton morceau, champion.

J’ai plus grand chose à dire de Vénus, sinon que mon anglais est si mauvais et ma paresse si grande que j’ai jamais pris la peine de déchiffrer tes paroles sibyllines. Voulaient-elles dire quelque chose au moins ?

Et un petit rock pour compléter cette face, cours cours cours, certes c’est beaucoup plus laid en français. Un peu plus d’animation, et de la distorsion, ça fait le job, mais honnêtement où sont les titres qui marquent, qui ne sortent pas de ton crâne, ceux qui se répètent inlassablement jusqu’à un amour inconditionnel. Hein, peux tu me dire où tu les as cachés, ces rythmes dont vous avez le secret ? Oui certes, tu me diras que le dimanche matin, c’était quand même un truc, une bonne manière de tromper son monde en commençant doucement, mais ce n’est pas suffisant.

Attention, ne te méprends pas, c’est bon, et tu peux considérer le catchy comme vulgaire, pute à clic, mais de temps à autre il faut s’y résigner. Alors oui pour l’époque, je comprends le contexte, tout ça tout ça, mais bon, on sait tout les deux que vous en avez bien plus dans le froc, que ce n’est ni trop expérimental pour atteindre des sommets, ni trop commercial — tu l’as gardé pour la fin, l’album commercial, on connaît l’histoire t’en fais pas — pour attirer le badaud.

Mais tu vois, tu ne me fais pas danser, je suis dans la fête du lendemain de tout le monde, tu m’excusera, je l’ai déjà signalé ma maîtrise de ta langue n’est qu’approximative, et moi pas comprendre quoi toi vouloir dire par All Tomorrow’s Party. Moi comprendre le clavier répétitif et la langue de martin luther. Et la petite guitare aussi qui improvise, n’est ce pas petit chenapan, quoique ça doit être ton copain John le responsable, après tout c’est lui le génie de la six cordes, le savant fou de l’expérimentation. Toi tu n’étais là que pour ton charisme et ta belle gueule. Et l’allemande pour nous casser les couilles aussi. Elle est pas mannequin à la base, ou muse éphémère, ou je ne sais quoi, mais comment elle s’est retrouvée là, vous avez bien fait de la virer pour les opus suivant.

Ah ben voila, tu me le met le titre catchy, l’héroïne, l’aiguille et tout le tintouin. Pas mal, encore un autre brouillon, pour les paroles cette fois, et la fin fantasque de la pièce montée de la sœur ray. Par contre, maintenant que les tablatures de toutes tes chansons sont accessibles en moins de temps qu’il ne t’en faut pour atteindre le 7ème ciel, j’ai pu constater que t’es un peu le roi de l’esbroufe. 30 ans de carrière, 4 accords, bravo.

Heureusement pour tes fesses que tu nous as pondu plusieurs chef-d’œuvres sinon tu aurais fini dans les oubliettes comme le ferons la plupart des groupes merdique de cette dernière décennie. Par pudeur et parce que chez moi on était pas collabo, je tairais leur nom, il te suffit de faire un rapide tout sur Youtube pour en trouver quelques uns, et tu ne pourras pas dire que tu pensais que tu ne savais pas. Voila, la distorsion, le morceau qui part en couille, comme la moitié de ton auditorat à cette époque, voila ce qu’on attendait de toi, un faux-semblant qui explose un peu.

Bon je ne sais pas ce que ça donne sur vinyle, mais la sur ma plateforme de partage de vidéos favorite, ça manque un peu de pep’ s dans l’amplitude du son, c’est pas assez fort, mes oreilles ne saignent pas de plaisir. Je te dis ça au plus vite, dès que j’ai l’occase de trouver cette galette à un prix autre que celui de voleur pratiqué par les spoliateurs de la culture actuelle.

Redeviens plus léger, fallait digérer à l’époque, met des chœurs, crie un peu mais pas trop, du doo-woop, pas mal, mais je sais que tu vas t’emballer, suivre son exemple, y aller maintenant, encore et encore. La basse est trop faible, elle est pourtant bonne, encore qu’est ce que ça aurait donné avec ce groove au premier plan, je crois que je délaisserais ce clavier pour danser. Putain, c’est con de finir si brutalement sur un all right coupé en sourdine, alors que ça commençait à devenir intéressant, merde ne me fais plus ce coup.

Et arrête de nous filer cette effigie à chaque ballade, et arrête tout de suite ces arpèges à la con, elle les as composé ou quoi, qu’est ce qui vous arrive, j’allais me lever de ma chaise, mais là, pour le dire franchement, je m’emmerde, je m’en fous qu’elle sera ton miroir. Ouf, c’était court, vous avez bien fait.

Surtout pour enchaîner avec ce truc un peu bizarre, le poivrot du PMU qui ressort sa viole, celle qui vous aura fait virer de pas mal de bars glauques, si l’on en croit les milliards de papiers critiquant, recommandant, adorant ton premier essai. Je comprends qu’on vous ai viré, déjà la chanson de la mort de l’ange noir, c’est pas très gai-gai comme titre, ça aura eu le mérite de passer à la postérité, mais ça cloche un peu, ce manque d’unité.

Un coup ballade, un coup rock, un coup machin expérimental, on perd pied, même aujourd’hui, alors dans le New York baby boomer, pourtant réputé capitale du bon goût ça devait faire peur.

Et puis arrête de nous mener sur des fausses pistes, oui la chanson européenne elle est pas au top, la faute à l’eurovision, mais ne nous fais pas croire que c’est un rock, commence direct par le moment où toi et tes copains faite joujou et faites définitivement fuir le peu d’auditeurs restant. Un grand bordel, encore un autre brouillon.

Beaucoup l’auront considéré comme un chef-d’œuvre, comme une pierre angulaire, du rock, mais non ce n’est qu’un brouillon de ta véritable contribution au rock, authentique, violent, crade. Bon un brouillon pas mal tout de même, mais vous auriez sortit que ça, tout le monde vous aurez oublié.

Ou alors retenu comme une bande d’excentriques provocateurs qui avaient sorti un album un peu extrême et pas si déplaisant à écouter. Un parmi tant d’autres si on y réfléchit bien, parce que triturer les amplis et les micros, c’était tout un régiment qui en faisait son gagne pain dans ces années là, vous n’étiez ni les premiers ni les derniers, ni les meilleurs. Les plus arty peut- être, avec le bon manager pour forger la légende. Bref, un coup de bol, c’est à quoi ça ressemble, de loin, non ?

Vous en voulez encore ?

Par ici pour The Velvet Underground par là pour Loaded et là-bas pour White light/White heat .

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