Tous Humain, citoyen du monde.
Les visages, les sourires, les larmes, l’amour, la tristesse, le bonheur, la douleur, tout se chevauche et tout ce qui en ressort, c’est cette question :
POURQUOI ?
Pourquoi pourquoi ? Trop peu de personnes se posent cette question, trop peu de personnes remettent les choses en question.
J’imagine que cette année et demie au Bangladesh m’a changé, tout comme mes précédents voyages. Changé oui, mais pas de la même manière. Il y a différentes phases dans ce changement. Au début ou pendant mes premiers voyages, c’était l’ouverture d’esprit, l’acceptation puis la tolérance.
Le Bangladesh m’a rendu plus social et m’a donné l’envie d’aider. « Aide ton prochain » comme disait l’autre. J’ai appris l’incompréhension et l’empathie.


Aujourd’hui, je redécouvre ces deux sentiments à travers ce film de Yann Arthus Bertrand, HUMAN. Un film sur la vie des Hommes, comme on peut la voir tous les jours dans le monde à travers nos chers médias ; l’amour, la haine, le sexe, la corruption, les addictions, la religion, le bonheur, la maladie, le travail, l’éducation, le plaisir, la violence, la guerre, la famille, la douleur et la paix. Très bien réalisé, Yannus, a réussi à mettre en relation, nous, les petits Hommes et nos petits problèmes, avec la grandeur et la beauté de la Terre. Soyons honnêtes, nous ne sommes que des bons à rien qui passent par là pour quelques années et pourtant, nous réussissons à tout déglinguer et faire de ce maigre temps, un passage misérable pour certains d’entre nous, pour les futurs Hommes et accrochez-vous bien, même pour nous-mêmes. Malheureusement pour mon lobe émotionnel et réactionnaire, ce film coïncide avec ma lecture actuelle ; le livre de Bill McGuire, Waking the Giant. Un très bon livre qui montre à quel point nous sommes minuscules à l’échelle du temps sur cette planète et malgré tout, à quel point nous avons réussi à la détruire plus que jamais auparavant.
J’aurais regardé ce film, il y a 10 ans en arrière, j’aurais dit « Cool, les images sont chouettes et les gens sont vraiment sincères ».
Sauf que ce soir, je me dis que nous ne sommes pas sur le bon chemin, je me dis qu’ils se sont trompés, que nous nous sommes trompés.
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? C’est mon incompréhension.
J’ai envie de trouver des solutions pour aider ces gens, pour aider les Humains. J’ai envie de résoudre tous leurs problèmes.
Pourquoi en sont-ils là ? C’est mon empathie.


Je n’ai pas été élevé dans cet esprit collectif, cet esprit d’entraide, en tout cas je ne crois pas. Je me rappelle entendre mes parents, me répéter « travailles bien à l’école pour avoir un bon travail, pour ne pas faire un travail dur comme le nôtre. Ce que tu fais ce n’est pas pour nous, pas pour quelqu’un d’autre, mais pour toi, pour ton future ». C’est la phrase d’introduction du cours sur l’individualisme.
Imaginez vos proches vous dire ; « Il faut que tu travailles dur à l’école, que tu aides tes camarades et que tous ensemble vous réussissiez et trouver votre voie pour pouvoir aider le monde, apporter des idées et des solutions pour résoudre les problèmes de notre planète et anticiper les difficultés de l’Homme». Imaginez à quel point, c’est plus bandant qu’un « soit bon en math, ca t’aidera à faire tes comptes et éviter les découverts ».
En fin de compte ce poste va certainement paraître un peu chiant, j’ai peut-être un peu trop bu ce soir d’ailleurs. Peu importe, mes sentiments, mes envies et ma motivation seront les mêmes demain matin. Je vais continuer d’essayer de changer les choses à mon échelle, toujours dans un esprit global.
Si vous avez le temps, si vous en avez envie, regardez les 3 épisodes d’Human, ouvrez votre sasse à émotion, ne bloquez rien sinon c’est foutu. Ne vous inquiétez pas, vous ne finirez pas a moitié utopico-hippieco-réactionnaire. Ça prend bien plus que 5 heures de vidéo Youtube avant d’en arriver là.
En bref, ça ne remplacera pas, des milliers de kilomètres de voyages, des milliers de rencontres, des centaines d’histoires drôles, des centaines d’histoires tristes et des dizaines de nuit blanche à songer à quoi bon tout ça, en revanche vous pourrez peut-être finir par vous demander :