Le 31 janvier, il est encore temps de se souhaiter une bonne année !

2018 sera, on l’espère, l’année des « moonshots », ces projets qui tentent de répondre aux grands défis de notre société, et qui permettront à ceux qui les lancent d’avoir un impact social et économique positif — en France et dans le monde.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, le mois de janvier est sur le point de se terminer. French Bureau, créé fin 2016, a un peu plus d’un an désormais — un an de collaborations fructueuses sur des sujets d’innovation avec divers grands groupes. Une chose est sûre : ces entreprises ont désormais compris qu’innover n’était plus une option pour elles. Et les grandes manoeuvres semblent lancées : programme “Startup Call” organisé par le Groupe Société Générale, rachat de FoodChéri par Sodexo… Les décideurs se décident — enfin ! Et ce qui a pu être considéré comme de l’innovation « bullshit » laisse place à de vrais projets montés pour renforcer le positionnement des entreprises existantes, ou créer de nouveaux business. L’acculturation a enfin laissé place… à l’action.

Du coup, qu’est-ce qu’on se souhaite pour 2018 ? Et bien justement, d’aller plus loin dans cette envie et cette capacité d’innover. D’aller chercher des projets ambitieux mettant en oeuvre ces technologies de rupture qui vont continuer à bousculer notre quotidien, de nature à impacter l’humanité, tout en conservant cet objectif de tendre vers un monde plus durable : ces fameux projets « moonshots », que la planète entière envie tant aux Américains.

Ligne Hyperloop Montpellier-Toulouse, conçue par la société Canadienne Transpod sur la base du projet de recherche industrielle, lancé en 2013 par Elon Musk.

Les grands challenges de notre époque sont encore devant nous. Mais c’est un peu comme si, dans nos grandes entreprises, très peu de décideurs osaient encore s’y attaquer. Pourquoi ? Nous laissons Google et Elon Musk (SpaceX, Tesla, Hyperloop) se charger de ces enjeux passionnants en les regardant faire avec jalousie. Les grandes entreprises françaises ont les moyens d’agir, durablement. Plus qu’une question financière, c’est avant tout une question d’état d’esprit.

Certes, pour les entreprises du CAC40, ces fleurons de l’industrie, l’objectif principal reste de réussir à faire tourner la machine — et d’optimiser leur fonctionnement. Mais, quand on parle de sociétés comme Danone, Renault, Sanofi, Saint-Gobain, Total… Ces entreprises mériteraient d’être beaucoup plus ambitieuses, en lançant des projets avec un impact véritablement positif sur le monde. Bien sûr, il y aura toujours des histoires de rentabilité, d’actionnaires à satisfaire. Mais cela devrait-il empêcher ces sociétés de prendre position avec des projets à grande échelle ?

En 2018, cap sur des projets “moonshots” avec nos clients industriels, pour travailler — ensemble — sur des initiatives qui permettront de changer la donne. Des initiatives qui leur permettront de gagner quelques parts de marché, certes, mais surtout, qui nous feront collectivement progresser dans la maîtrise des nouveaux enjeux économiques, sociétaux et écologiques de ce siècle. Des projets qui nous permettront de nous affranchir de ces peurs qui nous bloquent depuis deux décennies, attisées par les sceptiques de la mondialisation. Et parce que le développement de solutions capables de répondre aux grands enjeux actuels (consommation d’énergie, pollution, alimentation, emploi et santé) constitue non seulement une opportunité sans précédent de création de valeur, mais également une obligation, que les consommateurs-citoyens rappellent chaque jour davantage aux grands groupes et aux grandes marques.

Beaucoup de nos entreprises regrettent également de voir partir une — grande — partie de leurs collaborateurs les plus talentueux vers le monde des startups. En réalité, en se consacrant plus à des projets ambitieux de ce type, au lieu de se concentrer trop souvent sur des projets très ROIstes et court-termistes, elles pourraient redonner du sens à leur mission, offrir une vision nouvelle et de la fierté à leur collaborateurs, dans le but premier de les associer à cette belle aventure. Leurs collaborateurs se retrouveraient en position d’impacter le monde, en installant les bases d’une “économie positive”, dans laquelle les richesses créées ne sont pas une fin en soi, mais un moyen pour servir des valeurs supérieures, altruistes…

Nos amis Américains semblent ambitieux par nature, alors que les Français n’ont pas cette réputation — ils ont évidemment d’autres qualités, et un esprit critique et un sens de l’éthique qui semblent pourtant essentiel lorsqu’il s’agit d’aborder des sujets aussi importants que ceux liés aux bio-technologies ou à l’intelligence artificielle. Quand les Américains annoncent au monde entier qu’ils seront les premiers à aller sur Mars, c’est tout un peuple qui se mobilise pour atteindre cet objectif un peu fou, porté par une vision, une ambition, un rêve commun.

Notre écosystème économique et scientifique est prêt. Nous sommes (presque) sortis de la crise. Les planètes s’alignent, il y a un momentum, et ce serait dommage de ne pas en profiter. Et comme, dans ce contexte, nous avons quelque chose d’unique à apporter…

…2018, nous voilà !