par David Gnonhouevi

Art Histories
Mar 17, 2016 · 3 min read
Romuald Hazoumè, Masques Bidons, Expo PicassoMania, Paris, 2015

L’art contemporain au Bénin connaît depuis les années 1990 une émergence impressionnante grâce au dynamisme des acteurs de la scène artistique mais surtout à la détermination de certains artistes béninois qui ont réussi à se faire une place sur la scène internationale. Pour la plupart autodidactes, ces artistes utilisent des techniques et supports variés pour s’exprimer. Chez les sculpteurs surtout, on constate que la récupération occupe une place importante dans leurs créations. Les déchets de consommation produits par la société sont utilisés à des fins esthétiques. Et il semble que dans cette logique de redonner vie à tout objet destiné à la destruction, la récupération est devenue au Bénin une approche qui tend à se généraliser dans l’art contemporain. En 2012, à l’occasion de la biennale Regard Bénin, Aston, un artiste de la récupération a remporté le premier prix grâce à une œuvre intitulée : La Shoah ou Solution Finale. Cette émergence de la récupération dans l’art contemporain béninois suscite plusieurs questions qui ne peuvent pas être toutes prises en compte dans le cadre de cet article. Cependant, il importe de comprendre : pourquoi les artistes béninois utilisent le déchet comme matériau de création ? Nous pouvons proposer quelques hypothèses de recherche qui sont d’ordre économique, idéologique et écologique. Toutefois, le propos de ce papier serait plutôt de montrer que la récupération existe dans l’art contemporain au Bénin.

Le déchet dans l’art contemporain au Bénin

L’environnement urbain béninois, depuis deux décennies, s’est encombré de décharges de toutes sortes nées d’une frénésie de la consommation. Surtout avec des objets venus d’Asie et d’Europe qui sont abandonnés, après quelques usages, parmi les immondices. Ces déchets sont à nouveau utilisés à des fins esthétiques.

Fig. 1: Aston, L’homme du 3ième millénaire, 2005 | Fig. 2: Romuald Hazoumè, ARTicle 14 débrouille-toi, toi même, 2005, Installation médias divers, Londres

Ils sont très nombreux ces artistes béninois spécialistes de la récupération qui abordent différentes thématiques.

Parmi les plus célèbres, on peut citer Romuald Hazoumè, grand sculpteur de la récupération avec ses masques- bidons qui mêlent l’ironie à la fantaisie, le défi à l’espoir.

Aston, encore appelé « le fou de la récup » est le plus gros « consommateur » de gadgets électroniques. Ses sculptures sont un champ immense de petites pièces qu’il rassemble, pour construire dans une architecture cohérente et solide. Aston développe sa création, non à partir des formes de l’art sacré mais à partir d’un imaginaire inspiré par les objets de la récupération.

Les frères Dakpogan et leur cousin Simonet Biokou, originaires d’une grande famille de forgerons royaux ont conservé l’héritage d’une tradition empreinte de la présence du culte au dieu Gou. La récupération est alors une pratique importante de leur art. Théodore Dakpogan, outre l’utilisation des rebuts métalliques, se démarque de ses frères en se spécialisant dans la réutilisation des ustensiles de cuisine en émail.

Au total, la récupération est une pratique bien présente dans l’art contemporain au Bénin. Signalons tout de même que nous sommes encore au début de nos recherches sur ce sujet qui fait l’objet de notre thèse de doctorat.


Cite this page:
Gnonhouevi, David. “La Récupération dans l’Art Contemporain Béninois de 1990 à 2012.” From Traditional to Contemporary Aesthetic Practices in West Africa, Benin and Togo. The Art Histories and Aesthetic Practices Blog. Ed. Baader, Hannah. August 2016 <https://medium.com/from-traditional-to-contemporary-aesthetic/la-r%C3%A9cup%C3%A9ration-dans-l-art-contemporain-b%C3%A9ninois-de-1990-%C3%A0-2012-8c3ebed3bb67#.h4xezrozg>.

From Traditional to Contemporary Aesthetic Practices in West Africa, Benin and Togo

The Art Histories and Aesthetic Practices Blog 2016 | Editorial Board: Hannah Baader, Gerhard Wolf | Coordination: Philip Geisler | ©2016 by Art Histories and Aesthetic Practices, Forum Transregionale Studien, Wallotstr. 14, 14193 Berlin | www.art-histories.de | ISSN 2512–417X

Art Histories

Written by

Berlin-based research program “Art Histories and Aesthetic Practices. Kunstgeschichte und ästhetische Praktiken” | www.art-histories.de

From Traditional to Contemporary Aesthetic Practices in West Africa, Benin and Togo

The Art Histories and Aesthetic Practices Blog 2016 | Editorial Board: Hannah Baader, Gerhard Wolf | Coordination: Philip Geisler | ©2016 by Art Histories and Aesthetic Practices, Forum Transregionale Studien, Wallotstr. 14, 14193 Berlin | www.art-histories.de | ISSN 2512–417X

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