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🦄Licornes françaises : Gotta Catch’em All?

Frst est un fonds de Venture Capital dédié au financement des premiers mois des entrepreneurs les plus ambitieux de l’écosystème français.

We think a lot about those black lines, forgetting that it’s all still in our hands © Wait But Why

Backmarket, Shift Technology, Ledger, Sorare, Vestiaire Collective, Alan, Doctolib, Voodoo, Dataiku, Algolia, Mirakl, Blablacar, Kyriba, OVH, Ivalua, Contentsquare… Le nombre de startups françaises dépassant 1bn$ de valorisation est en train d’exploser.

Et ce n’est que le début, à en juger par le nombre croissant de levées supérieures à 100m$, dans notre portefeuille comme en dehors. L’écosystème français a bel et bien changé de dimension — ce qui est sans surprise pour nous, qui avons misé sur cette lame de fond dès notre lancement.

Même si nous avons eu la chance d’investir dans plusieurs de ces startups, on aimerait forcément aussi avoir investi dans un nombre encore plus grand d’entre elles, que nous avions pourtant eu l’opportunité de rencontrer.

Nous avons donc fait le point sur cette période pour analyser notre “anti-portfolio”, et identifier les biais cognitifs nous ayant fait manquer ces autres startups toutes aussi formidables. Voici les 3 principaux enseignements que nous en avons tirés.

#1 — Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue

Cette citation apocryphe de Victor Hugo résume bien l’une de nos erreurs : avoir sous-estimé la puissance des vents favorables portant l’émergence de nouveaux usages.

Quand on se retrouve face à ce type de situation de marché, la traction naturelle est telle qu’on peut quasiment faire abstraction du produit et du go-to-market envisagé par les founders — tant qu’on vise pas trop loin de la cible on arrivera à vendre beaucoup et vite, quitte à optimiser l’approche plus tard.

Ce sont des situations où nous avons trop ergoté sur les approches proposées par les founders, notamment sur leur vision produit et leur stratégie de go-to-market, alors qu’il était clair que les marchés auxquels elles s’attaquaient étaient mûrs pour basculer massivement.

Pour résumer, nous n’avons pas suffisamment tenu compte du credo de Don Valentine, founder légendaire de Sequoia :

When a great team meets a lousy market, market wins. When a lousy team meets a great market, market wins. When a great team meets a great market, something special happens.

#2 — C’est la courbe d’apprentissage des founders qui importe

A plusieurs reprises, nous avons passé certaines opportunités d’investissement car nous n’étions pas convaincus par la vision de long terme exposée par les founders, qui s’est avérée évoluer très positivement dans le temps.

Dans ces quelques cas de figure, il est clair a posteriori que nous avions jugé les founders trop rapidement, en étant trop concentrés sur leur façon d’exposer leur vision à ce moment précis.

Or l’enjeu principal (a fortiori en Seed) c’est de parvenir à bien évaluer la courbe d’apprentissage des founders, car c’est elle qui va déterminer la vélocité de la startup à long terme.

Pour bien apprécier cette courbe d’apprentissage, nous aurions dû chercher à mieux comprendre la façon dont leur vision avait déjà évolué depuis le début de leurs réflexions jusqu’à notre rencontre, ainsi que la façon et le rythme avec lequel ils continuent à itérer sur cette vision.

#3 — Les meilleurs founders ont toujours un coup d’avance

En se replongeant dans nos discussions de l’époque, nous avons également justifié plusieurs refus par “nous ne pensons pas que ce soit le bon levier pour pénétrer le marché”, ou encore “nous ne pensons pas que ce marché puisse devenir énorme”.

Ces raisons semblent différentes, mais à y regarder de plus près elles proviennent d’une seule et même erreur : ce sont des situations où nous avons essayé d’être plus visionnaires que les founders, en tentant de deviner le futur à leur place. Or les excellentes équipes ont toujours un coup d’avance sur tout le monde, et parviennent à voir des angles d’attaque inédits.

En pratique, dans ces quelques cas nous n’avons pas été à la hauteur de la promesse qui est pourtant au cœur de la marque Frst : “we are the first believers”. Nous ne sommes pas parvenu à nous débarrasser de nos préjugés sur un marché et son fonctionnement, et n’avons pas fait preuve de suffisamment d’ouverture d’esprit pour permettre aux founders de transmettre leur vision.

Feedback is a gift

L’investissement en venture capital est un jeu de long terme : il faut attendre un cycle d’au moins 8/10 ans pour savoir si on fait réellement du bon travail.

Dans l’intervalle, l’analyse de l’anti-portfolio est un outil précieux car il permet de revisiter et d’améliorer en continu son système de prise de décision, sans avoir à attendre une échéance aussi lointaine.

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We are the first believers.

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Bruno Raillard

Bruno Raillard

Partner & Cofounder at Frst

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