
Cinquantième jour. Cinquante! Je célèbre avec une bouteille de blanc à 6€… un prix de fou, mais le gars m’a dit que le vin était ben bon. (y’a pas d’étiquette sur la bouteille). So far, so good.
C’était une grosse journée dans tous les sens du terme. J’ai fait un record de distance avec 33.5km et un sommet de plus de 1500 mètres d’altitude... A.K.A. (also known as) pas la meilleure idée. Mais je suis content de l’avoir fait. J’ai une inflammation dans le genou gauche, mais j’ai déjà acheté le nécessaire… will survive. Demain, c’est plus mollo et je vais dans une autre albergue végé! Avec méditation et tout. J’ai hâte. J’espère que le jeu en vaudra la chandelle.
La journée a été l’une des plus belle jusqu’à présent. On a eu un temps parfait pour l’ascension et juste avant la pluie de demain — la Galice approche! J’ai poussé fort au matin pour avoir un aprèm pas trop pire. Arrivé à Foncebadón, j’ai retrouvé les dames canadienne et croate (Janet et Irena) et on a partagé un p’tit déj parfait. J’ai eu des céréals vegan friendly avec du lait de soya et du bon pain avec beurre de peanut! En plus de fruits et thé à volonté. Un des meilleurs deal du chemin et bien mérité à part de ça!

Juste après on retrouvait la fameuse Cruz de Ferro (Cruz de Hierro en Espagnol). Pour moi, ça l’a été un beau moment émotif. Avant de m’avancer vers elle, j’ai pris le temps d’en faire un dessin. Ça fait longtemps que je pense à ce moment-là, y’avait une belle énergie. Ça se sent que tout le monde vit un certain moment spécial ici. Y’a un gars qui m’a parlé de sa pierre avant de la posé avec un peu de trémolo dans la voix. J’ai pris mon temps pour vivre le moment — c’tait pas facile. J’ai commencé par déposer a prière que j’ai ramassé au Puy. Ensuite j’ai déposé une coquille d’escargot, un symbole de sagesse (et des Caméléons!) Puis, j’ai accroché le chapelet du Puy pour les gens pour qui je marche qui sont croyant. Finalement, Il restait ma pierre de Montréal. Ça fait depuis 6 mois que je l’ai et qu’elle attend ce moment. Y’avait plein de roche au pied de la croix. Je l’ai tenu dans mes mains longtemps — je l’ai regardé. J’ai pensé à ce que ça signifiait pour moi. Je crois que ce que l’on dit, c’est q’on laisse ses soucis derrière soi en laissant sa pierre… Moi je vois plus ça comme une intégration. Que ce que j’ai déposé en fait, je l’ai en moi, je l’accepte, tout est en moi et je n’ai pas besoin de trinket pour être sûr de ne pas l’oublier. Je suis qui je suis. Ça me rappelait l’histoire de Gandhi (avec son choix entre avoir de l’argent ou de la sagesse). Je l’interprète comme-ci: je n’ai pas besoin de porter ou de garder un symbole physique de ce que j’ai en moi. Je laisse derrière moi les peurs, les doutes. Et je fonce léger et inarrêtable vers l’avant. J’ai ressenti de la tristesse ou de l’émotion mélangé. J’étais plutôt touché par le moment. J’ai pensé à tous ceux pour qui je marche et à moi-même. Je suis si reconnaissant de ce qui m’arrive.
J’ai quitté la Cruz, l’ai regardé une dernière foi et marché avec un sourire authentique, mais rempli de plein d’émotion variées. Un bon et beau moment — vrai.

La descente a été rough. Je crois que je n’ai pas bu assez et la pente raide m’a donné de l’inflammation… C’est peut-être un retour du balancier, ou juste un rappel de ne rien prendre pour acquis, mais je l’accueil avec le sourire malgré tout… Et les ampoules en plus… je garde confiance.
Vers la fin de la journée, je souffrais pas mal… à cause de l’inflammation. Et par hasard, j’ai rencontré une Canadienne, Rose, qui est vraiment sympa et authentique. On a eu de belles discussions et elle était très vrai. Elle s’est ouverte directe à moi et moi de même. Elle a même pleuré en entendant mon nom parce que pour elle, ça l’avait une signification. C’est tellement beau ce genre de rencontre. Je suis reconnaissant d’avoir eu mon malaise et de l’avoir rencontré. Je l’inspirais juste à être et pour moi ça veut dire que je fais les bonnes choses pour moi.
Le chemin est pas fini, même si les jours sont comptés.
Namaste pour tout.

