CHRISTIAN SPRENGER RETRAITE FORCÉE

Éric LAHMY

SPÉCIALISTE DU 100 MÈTRES BRASSE DEPUIS 2010 MÉDAILLÉ D’ARGENT AUX JEUX DE LONDRES ET D’OR AUX MONDIAUX DE BARCELONE, CHRISTIAN SPRENGER N’AVAIT PAS DE RIVAUX EN AUSTRALIE, MAIS A PRIS SA RETRAITE SUR BLESSURE À TRENTE ANS…

SPRENGER [Christian]. Natation. (Brisbane, Australie, 19 décembre 1985-). Australie. Champion du monde 2013, à Barcelone, du 100 mètres brasse, un an après avoir enlevé l’argent sur la distance aux Jeux olympiques de Londres derrière le Sud-Africain Cameron VAN DER BURGH qu’il accuse d’avoir effectué des ondulations prohibées au départ et au virage. C’est un athlète de 93kg pour 1,96m, qu’entraînent d’abord Michael BOHL, lequel découvre très tôt son talent pour la brasse, Stephan WIDMER, qui, dit-il, lui a appris à se pousser vers ses limites, et Simon CUSACK, qui, à la Valley Poole, alors qu’il songe prendre sa retraite à 25 ans, va lui enseigner les arcanes du sprint ; il est le cousin de Nicholas SPRENGER qui représenta l’Australie aux Jeux olympiques de 2004 et 2008. Lui-même fait de la compétition depuis ses sept ans, et apparait au niveau international en 2008, un an après avoir rencontré une nageuse marquante, puisqu’il l’épousera, Amelia EVATT-DAVEY, quand il se qualifie pour les Jeux olympiques de Pékin sur 100 mètres et 200 mètres brasse. Il améliore le record du monde du 200 mètres brasse (du Japonais Kosuke KITAJIMA) en demi-finale des championnats du monde 2009, à Rome, en 2’7.31, mais, en finale, finit seulement 3e ex-æquo en 2’7.80, avec Giedrus TITENIS, Lituanie, derrière Daniel GYURTA, Hongrie, 2’7.64, et Eric SHANTEAU, USA, 2’7.65. En 2010, il est 2e du 100 mètres et 3e du 200 mètres brasse aux Jeux du Commonwealth, à New Dehli, aux Indes. Dans l’idée que « les limites sont un défi lancé par les autres », il se taille une carrière émaillée de nombreuses places d’honneur jusqu’à la victoire des mondiaux de Barcelone. Entre-temps, en accord avec CUSACK, il abandonne le 200 pour se concentrer sur le 100 mètres brasse. Par ailleurs, il étudie longuement les vidéos de KITAJIMA, qui, pense-t-il, pratique une brasse plus technique, fluide et glissante, effaçant au maximum les frottements ; comparant sans arrêts la limpidité du maitre avec ses propres vidéos, il se construit une nage aussi peu fatigante que possible. « Jusqu’alors, explique-t-il, je cherchais à être en forme, à être fort, un point c’est tout. En mûrissant, j’ai cherché à nager de la façon la moins fatigante possible. » Ce n’est pas tout. Jusqu’à 27 ans, il a vécu chez ses parents, et après avoir consenti des tas de petits boulots, dans des bars, chez Woolworths, chez Puma, pour se faire un peu d’argent, il arrête tout travail (au grand dam de ses parents) en vue de se qualifier dans l’équipe australienne des Jeux du Commonwealth.

A Londres, aux Jeux, Van der BURGH parait invincible en demi-finales, quand il bat en 58.83 le record olympique (58.91) de KITAJIMA. En finale, Sprenger nage en 58.93 mais le Sud-Africain améliore (58.46) le record du monde.

SPRENGER se venge à Barcelone, où il est mené nettement par Van Der BURGH jusqu’aux 50 mètres, revient sur lui dans le virage et le déborde par une meilleure fin de course, amenant son record à 58.79.

Il arrivé blessé aux Jeux du Commonwealth 2014 où il parvient à enlever un bronze dérisoire au regard de ses ambitions, sur 50 mètres, et ne peut atteindre la finale du 100 mètres ; opéré d’une épaule, il tente un retour à la compétition en 2015, mais sa nage a perdu son efficacité, et il annonce à la fin de l’année sa retraite. Il a trente ans.

Ses records en brasse : 50 mètres, 26.74 ; 100 mètres, 58.79 ; 200 mètres, 2’7.31 (record du monde). En petit bassin : 26.54 ; 57.14 ; 2’1.98.