L’Euro dans la tourmente

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Le climat s’assombrit encore davantage à quelques semaines de l’ouverture de l’Euro. La France déjà victime de deux attentats en 2015, c’est désormais au tour de notre voisin belge d’y être frappé en plein cœur. Une tournure qui inquiète à moins de trois mois du début de la compétition.

Une question revient inlassablement suite aux attentats de Bruxelles, l’Euro 2016 sera-t-il maintenu ? La menace terroriste, sans doute à son apogée depuis plusieurs mois, cause un bon nombre de soucis aux organisateurs, quelque peu déboussolés par la tournure que peut prendre les événements. Reste que le message est unanime de la part des hautes instances du gouvernement et du football français, l’Euro sera bel et bien maintenu. Un discours clair qui se veut serein, si l’on en croit les propos de Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux sports, « l’Euro ne sera pas reporté ou annulé. La menace terroriste a été intégrée à nos réflexions depuis le début ». De quoi rassurer les amateurs de football.

Maintenu mais gâché

Bien qu’attendu depuis de nombreuses années, la fête risque néanmoins de ne pas être aussi belle que prévu. L’angoisse est palpable notamment depuis les attentats du 13 novembre. Un miracle pour certains, une chance inouïe pour d’autres, le stade de France l’a échappé belle. Reste que le souvenir d’une soirée cauchemardesque demeure encore dans les esprits de 90 000 supporters venus encourager les leurs, face aux champions du monde en titre. 
Avortée, cette attaque est néanmoins loin d’être anodine. L’Euro approchant à grand pas, semer la terreur dans les stades de football contribue à augmenter la psychose. A tel point que la sécurité est devenu le dossier prioritaire dans l’organisation de cette compétition européenne.

Un dispositif renforcé

Une réunion s’est tenue ce mardi en présence du ministre de l’Intérieur et celui de la Jeunesse et des sports pour présenter les mesures sécuritaires en vue de l’Euro. Face à la tournure que prennent les événements, les dispositifs mis en place atteignent un degré d’importance inégalable par rapport à ce qui a pu se faire auparavant. Sans étonnement, on apprend que l’accès aux fans zones, point sensible de l’organisation, sera sécurisé et contrôlé. Ceux-ci bénéficient d’une aide de 17 millions d’euros pour assurer pleinement la sécurité des supporters et habitants des centres villes. Du côté de l’UEFA, suite au 13 novembre 2015, on prévoit de déployer 700 agents de sécurité supplémentaires. Enfin, les systèmes de vidéo protection, déjà conséquents, seront logiquement renforcés à l’instar des palpations à l’entrée des stades.

COP 21, un motif d’espoir

Dans ce climat de peur ambiante, la France a prouvé ses capacités d’organisation avec la COP 21, véritable succès en matière de sécurité. Pourtant médiatisée à l’échelle planétaire avec qui plus est, la présence de 150 chefs d’Etats, aucun élément perturbateur n’a été à déplorer tout au long des deux semaines. Il n’en reste pas moins que cet événement a sans doute donné du fil à retordre aux organisateurs. En effet, cette conférence a eu lieu seulement dix-sept jours après les attentats du 13 novembre, véritable traumatisme pour l’ensemble des Français. Un pari payant de la part du gouvernement qui donne à l’ensemble des sceptiques un motif d’espoir pour juin prochain.

Peut-on vraiment tout protéger ?

Manuel Valls n’a cessé de le répéter au cours des dernières 48 heures, annuler l’Euro 2016 constituerait « une défaite, ce serait donner une victoire aux terroristes. Il faut ces manifestations sportives ». Contre vents et marées, la France, assistée par les hautes instances du football, assumera ses responsabilités pour ne pas abandonner face à la menace de l’EI. Une décision saluée par l’ensemble de la population globalement satisfaite du maintien de la compétition. Cependant, malgré les moyens hors normes déployés par le gouvernement et l’UEFA, la France ne reste en aucun cas protégée d’un nouvel attentat entre le 10 juin et le 10 juillet. En l’espace d’un mois, 2.5 millions de personnes fouleront les parvis et pénétreront au cœur des différentes enceintes sportives du territoire. Une quantité impressionnante qui risque de mettre à mal une organisation pourtant qualitativement inégalable.