Moins de reporting, plus d’expériences

Un problème que nous rencontrons souvent chez Growth Room est le temps passé par les entrepreneurs à faire du reporting. Cela peut sembler contre-intuitif, mais un nombre incalculable de personnes passent plus de temps à mesurer et à analyser des données qu’à en produire.


Une entreprise est une organisation vivante… qui évolue !

Que l’on soit clair : vouloir mesurer est toujours une bonne chose. Le seul problème est qu’au début, à la genèse d’un projet, il n’y a rien à mesurer. Il faut donc se retrousser les manches et commencer à exécuter avant de vouloir mesurer.

L’avantage d’une organisation telle qu’une entreprise est que son objet social est très simple à comprendre : sa raison d’être est de générer des revenus. Dès lors, par principe, son point cardinal est la vente et la seul métrique réellement importante en bout de chaîne est le revenu généré.

Ainsi, la première tâche de l’entrepreneur est de vendre son produit. Avant même d’avoir un produit. C’est pourquoi, dans un premier temps, il n’est pas spécialement utile de se surcharger d’un tableau complexe : l’intuition, le feedback des premiers clients et tous les retours possibles et imaginables en disent bien plus que les chiffres.

Par exception, une entreprise peut avoir un but à court et moyen terme autre que le revenu. Par exemple : acquérir des leads, acquérir des utilisateurs… Mais en général, cette phase est relativement courte. Par exemple, contrairement à une croyance populaire, Facebook a très vite généré des revenus. Peu d’entreprises peuvent se permettre le luxe de ne pas monétiser ;)

Seulement une fois cette étape franchie et le product / market fit atteint, se pose alors la question du suivi des opérations. Mais là encore, il convient de garder les choses simples ! Beaucoup de startups en croissances comme de grands groupes passent beaucoup de temps et allouent énormément de ressources sur le simple reporting, alors que ce temps, cette énergie et cet argent pourraient être mieux employés à croître.


La méthode Growth Room

Chez Growth Room, nous conseillons toujours aux entrepreneurs de se munir de deux outils de suivi : un tableau de bord et un journal.

Le tableau de bord permet de suivre en un coup d’œil les principales informations de la société. On y trouve ainsi 3 données principales :

  • Les indicateurs-clés de performances (KPIs) : le but est de résumer simplement les principales métriques de l’entreprise : valeur vie du client (combien un client rapporte en moyenne au cours de son existence), marge moyenne par client, coût d’acquisition maximal, etc.
  • Le funnel AARRR : si vous ne savez pas ce que c’est, regardez cette vidéo de toute urgence. L’idée est d’avoir une vision complète des taux de conversion dans le cycle utilisateur et surtout de pouvoir affecter une valeur à chacune de ses actions.
Si mon utilisateur moyen me rapporte 100€ et que 1/100 visiteur finit par payer, alors une visite vaut 1€. Donc tout l’enjeu de ma stratégie d’acquisition sera de payer moins d’1€ par visite.
  • Un tableau d’acquisition : l’idée est ici de mesurer le poids et la performance de chacun des canaux d’acquisition de l’entreprise, à l’aune de trois critères : le volume (en effet, on recherche des canaux efficaces mais aussi liquides, à fort volume !), la conversion et le coût.

Le deuxième outil est un journal de bord des expériences menées (Experiments log). Son but est de pouvoir suivre toutes les expériences menées par votre équipe d’un seul coup d’œil.

Une expérience se compose de plusieurs éléments :

  • Un titre
  • Une description
  • Une hypothèse (un résultat attendu)
  • Une note sur 10 qui mesure à la fois la facilité et l’impact prévu de l’expérience
  • Un responsable (qui est en charge de mener l’expérience dans l’équipe)
  • Un état qui mesure l’état d’avancement de l’expérience (Idée, Prévue, Pour la semaine prochaine, En cours, A analyser, Succès ou Echec)

Tout cela peut se résumer par ce modèle Google Sheets (n’hésitez pas à en faire une copie et vous l’approprier !) :

Alternativement, le journal d’expériences peut se construire sous la forme d’un tableau Trello :

Un exemple de journal d’expériences sous Trello

Ainsi, la mesure d’une activité peut rester simple : quelques chiffres, mis à jour périodiquement, simples à analyser.

On peut également ajouter le suivi du profit (ou de toute autre métrique intéressante si l’entreprise ne dégage pas encore d’argent), à la semaine et non-cumulé. En effet, une règle facile à observer est de se concentrer sur une croissance hebdomadaire de 7%.

Bien entendu, chacun sera libre d’adapter ces outils à sa main mais le message est simple : oui, il faut tout mesurer mais l’analyse de la data ne doit pas prendre plus de 20% de vos ressources, car l’analyse ne fait un business – c’est un outil parmi d’autres.


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