Growth Folk — David Arnoux (Co-founder @Growth Tribe)

Vincent Plassard
May 17, 2019 · 7 min read

Du plus gros site e-commerce de cravate slim jusqu’à la création de la première Growth Hacking Academy, David est aujourd’hui co-fondateur de Growth Tribe, leader Européen de la formation au Growth Hacking avec +900 sociétés formées (Sony, Typeform, ING…).

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DAVID ARNOUX

🏠 Ville : Amsterdam

💼 Rôle : Co-founder @Growth Tribe

📱 Smartphone : iPhone 8 Plus

💻 Ordinateur : Macbook Pro 15”

🎯 Un mot pour décrire la façon dont tu travailles ? When”. Bien choisir les moments pendant lesquels il faut privilégier le travail profond (‘deep work’), les tâches redondantes ou les tâches créatives. Il faut savoir tirer parti de l’évolution de la stabilité émotionnelle au cours de la journée.

👉La boite qui t’inspire / t’impressionne le plus ? Amazon, entreprise que je suis depuis 10 ans et dans laquelle je possède des actions. Le growth soit relativement facile à l’échelle d’une startup mais de beaucoup plus compliqué à l’échelle corporate comme Amazon. Pourtant ils arrivent à évoluer et à conquérir de nouveaux marchés de façon ultra rapide.

D’ailleurs on le voit dans les lettres de J.Bezos envoyées aux actionnaires. Il y a une liste de tout ce qui a été tenté et c’est là, je pense, la vraie force d’Amazon.

👉Une citation préférée ? Rien d’intéressant ne peut se résumer en une phrase”. (Voltaire) ou “Timing is more important than market, which is more important than the team, which is more important than the product” (P.Thiel).

J’ai toujours voulu être entrepreneur et j’ai d’abord bossé dans pas mal de domaines comme la banque ou la pub. J’ai d’abord fait une école de commerce pour avoir un double diplôme en 4 ans. Cette opportunité m’a notamment permis de partir étudier en Chine, où j’ai monté mon premier business dans l’import-export à l’âge de 21 ans. Je faisais du sourcing en achetant pour les grands groupes. J’y ai beaucoup appris, notamment sur la négociation, les marges et globalement sur tout ce qui touche au commerce. À cette époque, je faisais pas mal de UX/design: photos produits ou du front-end pour le site web. Une des leçons principales que je peux retirer de cette première expérience est qu’il ne faut pas se reposer sur des agences et qu’il faut internaliser au maximum si on en a les ressources.

Je me suis ensuite lancé dans une nouvelle niche : les cravates slim. C’était il y a environ 9 ans avec mon associé Greg. Nous sommes devenus les plus gros vendeurs en Europe de cravates slim. J’ai pu tirer profit de mes contacts en Chine pour négocier des cravates, des boutons de manchettes à très bon prix avant de les exporter et de les revendre en Europe. C’est à cette occasion que j’ai vraiment découvert le marketing, le front et le back-end, le SEO etc. C’était quand même un peu plus simple à l’époque avec des techniques comme le backlinking assez faciles à mettre en place. Bien entendu, étant donné qu’il s’agissait d’un business physique, il y avait beaucoup de contraintes comme la gestion des stocks, la gestion des boutiques à Paris. La partie Growth n’occupait que 20% de mon temps. Le reste était partagé entre la gestion des équipes, des boutiques, des fournisseurs etc. Avant que cela devienne un vrai e-commerce, on avait démarré la vente à travers eBay et on enregistrait environ 9 000€ de chiffre d’affaires le premier mois. C’est devenu un boite avec un CA de plusieurs millions.

En parallèle, je continuais à avoir des side-projects comme un dictionnaire de Rap pour permettre aux gens de comprendre l’argot dans le Rap (+350 000 visiteurs par mois) et qui constituait un petit test en SEO ou gifgifgifgifgif.com qui s’apparente à Giphy avant l’heure. J’y postais tous les Gifs sympas que je retrouvais sur 4chan.

Bref, au bout de quelque temps, j’ai voulu me consacrer à quelque chose de 100% digital, c’est pourquoi je suis parti aux Pays-Bas. L’écosystème français était trop réfractaire à l’anglais et je n’avais pas envie d’aller à Londres. J’ai donc opté pour Amsterdam. La scène était encore jeune et on pouvait avoir accès aux VC assez facilement. Comme le dit Marc Andreessen “you need to join a scene”. J’y ai lancé un nouveau projet en arrivant : une messagerie collaborative d’entreprise. Slack avant l’heure. On a travaillé dur sur ce projet pendant 2–3 ans et c’est là que j’y ai développé le plus gros de mes skills. Bien qu’on enregistrait environ 200 signups par jour, le produit n’était pas au niveau et il n’y avait pas suffisamment d’itération. Il y avait un décalage entre la team growth et la team dev et nous avions peu de fonds. Nous étions à 20K MRR.

J’ai dû m’orienter vers le consulting pour continuer à faire rentrer du cash sans arrêter l’activité de notre startup. En consulting, j’implémentais nos process d’expérimentation chez des startups (50%) ou des grands groupes (50%). Le message principal était : vous aussi vous pouvez tester vos propres idées et expérimenter. Pendant ce temps, notre startup commençait à sérieusement manquer de cash donc je consacrais de plus en plus de temps au consulting. C’est à ce moment là que j’ai rencontré Quentin, le deuxième membre du trio qui a co-fondé Growth Tribe, un des meilleurs growth hackers français. Je l’ai embauché comme consultant pour Phillips juste après notre rendez-vous.

J’ai ensuite rencontré Peter, le troisième membre du trio. Il était alors Head of International à Startupbootcamp et connaissait déjà absolument tout l’écosystème à Amsterdam. C’est le super-connecteur. On a discuté et au bout de quelques minutes m’a dit qu’il fallait qu’on monte un projet ensemble. Il m’a aussi dit qu’il pouvait nous avoir des subventions de la ville d’Amsterdam et des investissements de la part de Facebook. J’étais ultra-sceptique mais quelques jours ont passé avant qu’il me rappelle en me disant “C’est bon”. Il avait tenu parole et c’est ce qui m’a convaincu de me lancer dans ce nouveau projet !

C’est ainsi que Growth Tribe est née. La première académie de Growth Hacking au monde. La suite est une success-story due a un product-market fit très fort et une culture d’expérimentation rapide.

Je me lève à 6h pour être à la piscine à 7h. À 8h j’accompagne mes enfants à l’école et je commence à travailler à 8h45. Je consacre les heures du matin au deepwork et le midi je mange en une demi-heure, à la façon néerlandaise (tout le monde mange vite au Pays-Bas).

En début d’après-midi, je traite tout ce qui est administratif avant d’attaquer les tâches créatives jusqu’à 19h30. Je consacre ensuite pas mal de temps à la lecture le soir et environ 2 heures de podcast par jour.

On travaille sur notre vision à l’année et on fait une réorganisation tous les 6 mois. On vient de grossir de 25 personnes à 95 en 1 an et demi. on fonctionne avec des OKR sur 3 mois, à l’échelle de l’entreprise, des départements et des squads.

On travaille principalement en sprints de deux semaines avec au bout de chaque sprint une rétro pendant laquelle chaque équipe note son dernier sprint avec trois points positifs et trois points négatifs afin d’avoir directement des pistes de travail pour améliorer l’existant. On est accro à la data et aux feedback loops. On track tout. Du retour client à la satisfaction des employés (sur 13 critères) toutes les 2 semaines, en passant par la qualité du déjeuner.

Le but est de créer une communication constante afin de garder transparence et fluidité au sein des équipes. C’est pour ça que la culture d’entreprise est ultra importante. Je pense aussi que l’humilité est fondamentale. On doit faire confiance à la data avant nos compétences.

Enfin, je pense que prendre soin des nouveaux arrivants est crucial. Il faut leur transmettre la culture et la vision de l’entreprise pour être sûr qu’ils s’intègrent au mieux.

Je suis accro aux tools, donc difficile d’en choisir une poignée. Une application de tracking pour la natation tout d’abord mais aussi mes trois applications de méditation. Concernant le travail, j’utilise beaucoup Workflowy pour gérer mes to-do-list et être plus productif même si j’entends de plus en plus parler de Notion.so. On teste +100 de tools par mois… et on partage les meilleurs sur notre série Youtube : Growth Insights.

Lors d’une mission de consulting pour Tomtom. On a généré 11M€ de revenu sur une expérimentation alors que dans le même temps l’action s’effondrait de 25% sur les marchés financiers.

Mais avec un peu de recul, la chose dont je suis le plus fier est d’avoir réussi à exporter le mindset Growth dans tout un tas d’entreprises, corporate comme startups. On a créé le rôle de “Growth manager” ou “Growth hacker” dans plus de 300 boîtes.

Rester humble et surtout ne pas trop se prendre au sérieux.

Je pense que je serais en train de planter des arbres. C’est une des façons les plus efficaces de lutter contre l’effet de serre. C’est vraiment un sujet qui me tient à coeur.

C’est selon moi de l’expérimentation rapide, tout au long de la customer journey, produite par une équipe pluridisciplinaire de profils T-Shaped.

Je suis beaucoup sur YouTube mais sinon ma inbox principale reste LinkedIn. J’y passe beaucoup plus de temps que sur ma boîte mail.

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