Growth Folk — Clément Malfroy (Growth Engineer @Spendesk)

Vincent Plassard
Jun 10 · 7 min read

A 21 ans, Clément est déjà passé par l’Ecole 42 et au Lab Innovation de Ventes Privées, a donné des cours au bootcamp Le Wagon à Lyon et prend désormais sa place depuis quatre mois en tant que Growth Engineer à Spendesk. Portrait d’un autodidacte gentiment accro à l’apprentissage.

Clément Malfroy
Clément Malfroy
Clément Malfroy aka Clemboy

Un cliché, c’est ce qui vous colle au t-shirt avant que vous ayez eu le temps de souffler le moindre mot. On vous range dans une case bien étriquée, remplie à ras bord d’adjectifs censés vous définir forcément. Et dans le monde des devs, les clichés ont particulièrement la vie dure. “Il y a cette image du développeur insociable, qui passerait son temps derrière son écran, dans sa cave, avec sa capuche sur la tête pour n’écouter personne… C’est faux. Aujourd’hui les devs apportent de la valeurs au monde réel et aux autres, ils travaillent en équipe, pas juste pour eux dans leur coin.” À 21 ans, silhouette musclée et cheveux rouquins en bataille, Clément Malfroy est Growth engineer à Spendesk. Finalement moins timide qu’agréablement loquace, il virevolte entre Paris et Lyon, et travaille sans relâche pour apprendre et partager son savoir aux autres. On est loin de la cave.

Quand on lui demande ce qu’il fait dans la vie, Clément détaille toujours un peu. Il y a la phrase pour les non-initiés — “Si je devais l’expliquer à ma grande-tante, je dirais que je suis un développeur, c’est à dire que j’écris du code, et que mon but est de créer des outils pour trouver des nouveaux clients” — et pour les plus connaisseurs, Clément déploie avec passion — “j’explique que je suis sur la partie automation, avec pour principales missions de récolter le plus de data sur notre coeur de cible et créer des outils en interne pour rendre notre équipe Sales plus productive dans sa prospection et plus personnelle et pertinente dans leur approche”. Six mois que Clément fait ce taff, et déjà une évidence. “Je suis exactement là où je dois être aujourd’hui.” Pourtant, ado, Clément rêvait d’enfiler les costumes d’astronaute ou de chercheur en neurosciences.

A la clé, l’infini de l’espace et de l’esprit humain :

“Ce qui m’intéresse, c’est quand il y a toujours des choses à apprendre. C’est quelque chose d’assez présent chez moi : j’ai besoin d’apprendre tout le temps, le plus possible, tant que c’est possible.”

Pour Clément, avant la ligne de code, il y eut le jeu en ligne. League of Legend, Minecraft… Tombé dans la marmite à 7 ans — un papa informaticien, ça aide — il dit, réfléchissant à voix haute : “Le but d’un jeu, c’est de toujours s’améliorer. Je pense que ça m’a appris à vouloir être chaque fois meilleur, à trouver la solution pour ça, et donc à chercher par moi-même la bonne information sur Internet. Quelque part, comprendre que tu peux trouver la solution par toi-même, je crois que c’est ça le début de l’autodidacte.” L’été de sa Seconde, chez ses grand-parents au bord de la mer, Clément se met au code et à JavaScript, engloutissant les tutos d’OpenClassroom après la plage. Deuxième révélation. “Je n’avais aucune idée de ce à quoi ça allait me servir un jour, mais le fait de pouvoir rendre réelles des choses que j’avais dans mon imagination, c’était une sensation incroyable. Moi qui ne suivais pas vraiment en cours, j’ai compris que je pouvais faire autrement. ” Au collège et au lycée, le Lyonnais traîne plutôt en fond de classe, l’esprit ailleurs. “Soit je n’allais pas en cours, soit je m’ennuyais. Mon but c’était juste d’avoir 10,1 de moyenne.” Le bac, il le décrochera tout de même avec une mention assez bien.

Et puis, il y a les études supérieures. Volontiers impatient, Clément choisit l’École 42, à Paris. “À 42, il n’y a pas de cours, c’est une pédagogie qui fonctionne uniquement sur les projets à réaliser. Surtout, il n’y a aucune contrainte de temps, il faut juste accumuler des points, comme dans un jeu, au fil des projets. C’était parfait pour moi car je voulais sortir des études au plus vite.” Et, aussi, ne pas s’éterniser à Paris. “En quittant Lyon je m’éloignais de ma copine, et en plus je n’aimais pas vraiment la capitale… Il y a vraiment trop de monde pour moi.”

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Lab Innovation de Ventes Privées

En un an et demi, l’apprenti dev se forme avec un long stage au sein du Lab Innovation de Ventes Privées. Il y découvre son amour de la pédagogie : “toutes les semaines on organisait des Lab session : quelqu’un du laboratoire faisait une conférence sur un sujet de son choix. Je me suis rendu compte que j’aimais énormément partager mon travail et aider les autres à comprendre comment les choses fonctionnaient.” Investi, Clément deviendra co-organisateur de ces sessions. “Le fait de prendre des responsabilités, d’organiser la vie du Lab en quelque sorte, ça m’a beaucoup plu.” Quelques mois après, au printemps 2019 et de retour à Lyon, il devient professeur au Wagon à seulement 19 ans. L’histoire d’une rencontre. “J’avais contacté Matthieu Cartillier — un des fondateurs — sur LinkedIn, pour me renseigner sur le Wagon. Finalement, la rencontre s’est transformé en début d’entretien d’embauche…”

Sa carrure, Clément la doit à un passé de sportif. Tennis et tennis de table ou encore handball : il égrène les activités sans vraiment s’attarder. “Je n’en parle pas trop parce que ce n’était pas à un haut niveau…” Modeste, il faut creuser pour apprendre qu’il participa longtemps à des tournois régionaux de ping-pong. En automne dernier, il s’est même mis à l’escalade. “Quand j’étais petit, je grimpais partout, j’étais intenable, je crois que ça me permet de renouer avec ça. Et puis ce que j’aime avec l’escalade c’est que le but est clair : arriver en haut.” Et pour ça, en sport et dans la vie, le développeur ne croit pas au destin. “Ce sont les actions que j’entreprends qui font que je vais à l’objectif que je me suis donné.” Le programme entrepreneur de l’ESCP lui fait de l’oeil ? Il repart quatre mois à Paris fin 2019 pour se former. “En fait, coder pour coder ne m’a jamais intéressé. J’aime l’idée de créer des choses utiles, créer un produit, le vendre, trouver des clients etc. Il me manquait quelque chose pour avoir cette casquette business, donc ce programme court était parfait pour moi.”

A l’ESCP, en prise avec le monde du business et des start-ups, Clément découvre le Growth Hacking, ou l’art d’activer la croissance. “Je réfléchissais à quel poste pourrait combler mon envie de toujours lancer de nouveaux projets, d’expérimenter sans cesse, et on m’a parlé de la growth. J’ai donc regardé quelles étaient les boîtes sexy du moment là-dedans, pour pouvoir échanger avec les meilleurs dans le domaine. Au final j’ai contacté Alan, Qonto, Lunchr, Spendesk…” Pendant deux semaines Clément multiplie les cafés et rencontres, jusqu’à échanger au téléphone plus d’une heure, un samedi après-midi, avec Jérémy Goillot. De quoi bouleverser à nouveau son parcours. “Après l’ESCP, j’avais vraiment prévu de retourner à Lyon et au Wagon ! Sauf que Jérémy me présentait un possible poste à Paris, avec un impact direct sur la vie d’une entreprise : avoir un impact direct en réglant des problématiques business… Surtout, pendant cet appel, c’est leur culture commune de l’apprentissage constant qui l’a convaincu. Jérémy m’a challengé sur qui j’étais, pourquoi j’avais fait telles choses dans ma vie, ce que je voulais faire… J’ai compris que Spendesk était l’endroit où je voulais être si je voulais grandir.” Fin décembre, Clément finit l’ESCP, il prendra son poste de Growth Engineer à Spendesk fin janvier 2020.

“Ce que j’adore dans mon métier, c’est la rapidité d’exécution. Je bosse sur plein de projets et une fois que c’est lancé, si ça marche ça marche très fort et on voit tout de suite le résultat.”

Sa première victoire : une extension Chrome avec de nouvelles fonctionnalités, pour permettre aux commerciaux d’être encore plus productive. “Ça a apporté beaucoup de valeurs à l’équipe sales, et j’ai eu énormément de retours positifs. C’est hyper gratifiant.” Et en plus de ses propres projets, Clément continue à partager ses connaissances. “Par exemple j’ai organisé un workshop en interne pour apprendre aux gens qui n’avaient aucun savoir tech à faire du html.” Mais là où la voix du passionné s’enflamme encore plus, c’est lorsqu’il vous parle de sa “Growth Coding Academy” ce side-project qu’il mène depuis le confinement. “Je me suis rendu compte que beaucoup de professionnels étaient frustrés de ne pas savoir coder, et d’être dépendants des développeurs à tout instant. Sans leur apprendre à coder, je veux leur apporter des connaissances sur toutes les bases techniques du web.” Une plate-forme d’enseignement qu’il lancera dans les mois à venir. “Si j’y parviens, ça montrera que je suis capable de concrétiser mon double profil code / business. ”

Dans la famille clichés sur les devs, Clément l’avoue, il y en a tout de même un auquel il adhère. “J’aime l’idée qu’on soit un peu “dans notre monde”. Quelque part c’est vrai : on est dans un monde particulier et sans limite avec la tech. C’est incroyable de me dire que je crée quelque chose de par mon imagination et d’être plongé dedans toute la journée…” Éclipsé dans son univers quand il en a besoin, Clément ne rêve plus d’être astronaute, mais garde des goals bien terre-à-terre. “Un jour, j’aimerais beaucoup pouvoir parler dans des conférences, faire des TedX Talk par exemple…” Pause et sourire dans la voix : “Donc si quelqu’un a besoin d’un speaker, il peut me contacter !” Quitte à renoncer aux étoiles, autant monter sur scène.

💌 Pour échanger avec Clément, ça se passe sur LinkedIn : https://fr.linkedin.com/in/cmalfroy

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