Women in Tech : portrait d’Agata, dev et créatrice de “The Dev Girl”

Donner une voix aux femmes inspirantes du secteur IT, tel est l’objectif de «Women in Tech», la série de portraits lancée par nexten.io. Aujourd’hui, pour la Journée internationale des femmes et des filles de science, c’est Agata qui a accepté de se dévoiler le temps de quelques lignes.

Développeuse depuis presque 5 ans, elle est également la créatrice du podcast “The Dev Girl” et d’une chaîne YouTube. L’objectif ? Lever le voile sur les mystères du développement et casser les stéréotypes de ce secteur.

Décryptage des clichés, zoom sur sa place de femme dans cet univers encore très masculin, retour sur le regard que les femmes de son entourage portent sur le code et le développement… Zoom sur son expérience !

nexten.io : Bonjour Agata ! Nous sommes ravis que tu aies accepté de prendre la parole aujourd’hui. Pour commencer, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi ?

Agata : C’est un plaisir, merci à vous de me recevoir ! Je suis développeuse depuis près de 5 ans maintenant. Je partage mon point de vue sur la tech et sur la programmation dans mon podcast “The Dev Girl”, en polonais qui est ma langue maternelle. Dernièrement, j’ai également lancé une chaîne YouTube associée, avec des contenus qui sont cette fois-ci disponibles en anglais. Depuis un an, je prends part également à des conférences sur des sujets tech. Je partage également mon quotidien et quelques “fun facts” sur mon compte Instagram personnel.

nexten.io : Parlons un peu de “The Dev Girl”. Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans cette aventure ?

Agata : Autour de moi, mon entourage ne comprenait pas très bien mon métier et l’univers dans lequel j’évoluais. Le secteur du développement souffre encore de vieux stéréotypes. Pourtant non, il ne faut pas nécessairement être un nerd pour aimer le développement ! Mais la route est longue et les clichés ont la vie dure… C’est pour cette raison que j’ai créé “The Dev Girl”, pour lever le voile et montrer le vrai visage du secteur tech.

Agata et Pyrka, son chien

nexten.io : Quel est ton parcours académique ? Comment as-tu appris à coder ?

Agata : J’ai un bachelor en génie biomédical. C’était un univers qui m’intéressait, mais l’idée de me lancer dans la grande aventure du code me taraudait depuis un petit moment. J’ai donc décidé de me former par moi-même, en faisant des recherches sur internet, en suivant des formations en ligne, j’ai également participé à un coding bootcamp pour m’assurer de disposer de solides bases en informatique. Avec ces fondations plus ou moins solides, j’ai creusé davantage, j’ai continué à me former, et j’ai finalement obtenu un stage en entreprise en tant que développeuse java. Depuis, j’ai eu l’occasion de travailler pour différentes structures à des postes différents, mais j’ai quand même fait le choix de valider un master en informatique en complément.

nexten.io : Rentrons dans la vif du sujet. Comment t’es-tu sentie, en tant que femme, quand tu as commencé à travailler en tant que programmeuse ?

Agata : Très seule, surtout ! Depuis que j’ai démarré le code, je pense que je n’ai pas rencontré plus d’une quinzaine de femmes dans l’IT. C’est très étrange de ne pas voir de femmes évoluer dans ce secteur. J’ai lu quelque part que le pourcentage de femmes dans l’univers tech était de 7% ! Je trouve ce chiffre hallucinant, je n’arrive pas à l’expliquer.

Certaines femmes ont une vision encore trop réductrice des développeuses, faisant à tort le parallèle avec l’univers des jeux vidéo. D’autres connaissent la réalité du gender gap et n’ont simplement pas le cœur à se lancer dans l’aventure. Pour le reste, il y a aussi une histoire de confiance en soi…

nexten.io : Penses-tu que des initiatives comme la Journée internationale des femmes et des filles de science puissent avoir un impact positif ?

Agata : Je pense que c’est primordial ! Quand j’ai commencé à me former, je suivais avec beaucoup d’attention les échanges du groupe Facebook “youcodegirl”. C’était une façon pour nous toutes de partager nos connaissances, nos interrogations et de nous serrer les coudes. Les stéréotypes peuvent être très dangereux et blesser durement alors qu’ils n’ont pas lieu d’être. Ressentir le soutien de toute une communauté, c’est galvanisant.

C’est pourquoi depuis l’année dernière, je manifeste à mon échelle et prends la parole lors de conférences tech. C’est une manière pour moi de participer à la réduction de ce fossé béant entre les femmes et les hommes. Je suis ravie de pouvoir me prêter à ce genre d’exercices et participer à la libération de la parole chez les femmes. J’ai également mentoré 3 femmes très intéressées par le développement. J’ai pris beaucoup de plaisir à les accompagner dans la découverte de cet univers. L’une d’entre elles a depuis pris un stage en tant que dev au sein d’une entreprise, c’est une petite fierté !

En Pologne, une fondation a été créée pour apprendre aux femmes à coder et pour les aider à s’insérer dans le marché professionnel du secteur tech. Je trouve cette initiative fantastique ! D’autres mesures sont mises en place et petit à petit, les mentalités évoluent — il était temps ! C’est usant de devoir prouver qu’à compétences égales, nous sommes tout autant capables de produire un code de qualité. Coder n’a rien à avoir avec son genre, c’est l’expérience et le savoir qui doivent primer.

nexten.io : T’es-tu déjà retrouvée confrontée à des situations discriminantes, positives ou négatives ?

Agata : Quelques remarques déplacées, oui. Je me rappelle un collègue qui avait cru bon de préciser que si je ne voulais pas mettre ma caméra lors d’un call, c’était sûrement parce que je ne portais pas de maquillage ce jour-là ou que je n’étais pas coiffée convenablement. A une autre occasion, alors que nous étions plusieurs développeurs en train d’échanger autour de problématiques tech, un homme n’a pas supporté que je m’y connaisse davantage que lui sur des sujets pointus, et, se sentant humilié, a cherché à me décrédibiliser plusieurs fois. Des remarques et des situations donc complètement lunaires !

nexten.io : Que dirais-tu aux femmes qui ont envie d’apprendre à coder, mais qui ont peur de se lancer ?

Agata : Que j’ai moi-même été dans leur situation : j’avais peur de ne pas avoir le bon profil, de ne pas être capable, que c’était un secteur trop compliqué pour moi. Cela demande du courage d’oser affronter ses démons, de travailler sur ses faiblesses. Mais parfois, il s’agit juste de se lancer et de tenter. Si vous en avez suffisamment envie, si vous travaillez fort et croyez en vos capacités malgré les épreuves, alors vous réussirez à trouver votre place.

nexten.io : Le 11 février est la journée idéale pour mettre à l’honneur les femmes dans la science qui ont su faire la différence ! Y a-t-il des femmes dans l’IT qui t’inspirent ?

Agata : Je ne peux pas vraiment dire que j’ai un modèle ou une idole, mais je suis extrêmement admirative du travail de Margaret Hamilton, une informaticienne américaine hors-pair, qui a notamment participé à faire atterrir la fusée Apollo.

nexten.io : Peux-tu nous partager la playlist que tu écoutes pendant que tu travailles ?

Agata : J’aime bien travailler dans le silence, mais il m’arrive parfois de travailler en chantant à tue-tête du Billie Eilish ou encore du Backstreet Boys ! Voici une playlist que j’écoute occasionnellement en codant.

Découvre la playlist d’Agata

nexten.io : Un mot pour la fin ?

Agata : Coder, ce n’est pas sorcier ! Si l’univers vous intéresse, alors n’hésitez pas à vous lancer et à essayer. Ce n’est pas si dur que l’on croit : cela demande uniquement de croire en vous et de vous donner toutes les clés pour réussir, et peu importe que vous soyez homme ou femme.

Mais lorsqu’on essaie, et que ça ne fonctionne pas — ce n’est pas grave. Il ne faut pas en avoir honte. Tu as eu le courage d’essayer, voilà ta victoire.

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Community, une initiative de nexten.io la plateforme de jobmatching pour les TECH et CTOs.

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