đŸ€– Portrait-robot : Quel manager pour les Millennials ?

Article initialement publiĂ© sur Les Echos Start, rĂ©digĂ© par Camille Wong (👉 le lien).

EXCLU // Jam, en partenariat avec Les Echos START, a tentĂ© de dresser le portrait-robot du manager idĂ©al des Millennials. Ces derniers cherchent d’abord un mentor capable de les former et attentif Ă  leur bien-ĂȘtre, tout en conservant une certaine distance formelle.

Quel manager les Z et les Millennials veulent-ils ? C’est la question Ă  laquelle Jam, le chatbot sur Messenger qui sonde chaque jour des jeunes ĂągĂ©s de 15 Ă  25 ans sur des questions de sociĂ©tĂ©, a voulu rĂ©pondre dans son Ă©tude “Millennials : mode d’emploi”*, que Les Echos START publient en exclusivitĂ©.

Manager ou “manageuse”, les trois quarts des jeunes n’accordent que peu d’importance au sexe. Parmi ceux qui marquent une prĂ©fĂ©rence, les femmes remportent la bataille, plĂ©biscitĂ©es par 16% des sondĂ©s, contre 10% pour le sexe opposĂ©.

Les jeunes cherchent d’abord un mentor, capable de leur apporter des compĂ©tences (40%). “Cela nous permet d’évoluer, de gagner en autonomie et en crĂ©dibilitĂ© dans notre travail”, indique une Ă©tudiante Ă  Bordeaux, qui a commentĂ© sa rĂ©ponse sur Jam.

Des compĂ©tences pour s’amĂ©liorer, mais pas seulement : 23% des jeunes veulent que leur manager soit Ă  leur Ă©coute. “Le travail reprĂ©sente une part considĂ©rable de notre vie, donc c’est trĂšs important de pouvoir trouver une oreille attentive lorsque l’on se sent dĂ©bordĂ© par une situation, perdu ou que l’on dĂ©sire aller plus loin. Je pense qu’il est plus important de trouver un guide inspirant plutĂŽt que juste une rĂ©fĂ©rence technique ou administrative”, explique un jeune actif parisien.

Arrive en troisiĂšme position, pour 16% des jeunes, le “cadre structurant”. “Cela change tout. Si on a la chance de travailler dans des conditions optimales, on ne peut qu’ĂȘtre plus Ă©panoui et productif”, explique une jeune Niçoise. Et d’ajouter : “j’ai travaillĂ© dans diffĂ©rentes entreprises, certaines m’ont apportĂ© de l’expĂ©rience et d’autres de l’écoute, mais en soit, c’est un peu le but d’une entreprise. On repart toujours avec l’un ou l’autre.”

Le vouvoiement reste la rÚgle

“Le bien-ĂȘtre d’un employĂ© reflĂšte un bon environnement de travail et est facteur de productivitĂ©â€, assure de son cĂŽtĂ© une Ă©tudiante Ă  Baisieux, dans le Nord. Comme elle, 32% des jeunes perçoivent la “bienveillance” comme la qualitĂ© suprĂȘme d’un manager. DerriĂšre, ils veulent un patron “reconnaissant” et “inspirant”, critĂšres qui rĂ©coltent chacun 21% des rĂ©ponses. Le management Ă  la dure ne semble plus avoir sa place : seuls 4% des jeunes perçoivent “l’exigence” comme Ă©tant la qualitĂ© la plus apprĂ©ciable chez un boss. Ce manager en plus d’ĂȘtre bienveillant doit proposer des missions intĂ©ressantes. Dans la recherche d’un job, les jeunes regardent surtout ce critĂšre (28%), qui surpasse mĂȘme l’attractivitĂ© du salaire (24%).

Enrichissant, proche d’eux et Ă  l’écoute, le manager 2.0 doit placer l’évolution de son Ă©quipe au coeur de ses prĂ©occupations
 tout en gardant une certaine distance. L’effet startup n’a pas encore bouleversĂ© les codes de la hiĂ©rarchie formelle : pour plus d’un jeune sur deux, le vouvoiement reste la rĂšgle avec leur patron.

La plupart des sondĂ©s recherchent nĂ©anmoins une relation Ă©quilibrĂ©e avec leur manager, entre le professionnel et le personnel (60%). Ils ne sont que 24% Ă  prĂ©fĂ©rer entretenir uniquement une relation pro avec leur chef. Autrement dit, ce dernier n’est pas un pote, mais rien n’empĂȘche non plus de se retrouver autour d’un verre et de se confier. “Il faut qu’il y ait un Ă©change, et bien ĂȘtre Ă  l’écoute de l’autre”, conclut un jeune employĂ© Ă  Valognes en Normandie. Alors managers, prĂȘts Ă  remplir tous ces critĂšres pour plaire Ă  ces chers Millennials ?

*Jam interroge 2.000 Ă  10.000 jeunes Ă  chaque rĂ©colte. Les réponses sont triées sur un échantillon représentatif anonymisĂ© de 1.000 personnes (selon la mĂ©thode des quotas basĂ©s sur les chiffres de l’INSEE)

Par Camille Wong