Wallace et Gromit (FR)

Wallace et Gromit sont deux personnages créés par Nick Park. Ils ont pris vie dans le court-métrage d’animation en pâte à modeler Une Grande Excursion d’Aardman Animations en 1989, ils ont depuis été les protagonistes de trois autres courts-métrages, un long-métrage et une série TV de dix épisodes.

Wallace est un inventeur, et en tant que tel, il passe ses journées à concevoir des machines et des gadgets censés lui simplifier la vie, aidé de Gromit, son chien intelligent et imperturbable. Ensemble, ils vivent une vie anglaise tout à fait ordinaire, faite de fromage, de thé et d’inventions diverses et variées, allant d’un robot qui part faire les courses tout seul à un système élaboré qui aide Wallace à quitter son lit pour arriver directement sur sa chaise dans la salle à manger, où son petit-déjeuner se prépare simultanément. Les machines sont souvent absurdes et, alors que leur objectif est de rendre les tâches ménagères plus simples, elles sont souvent inutilement complexes : c’est notamment le cas dans l’épisode The Tellyscope (2002) (que je vous recommande de voir avant de continuer votre lecture, il est très court). De plus, comme on peut aisément l’imaginer, les inventions de Wallace deviennent régulièrement folles et déclenchent des situations amusantes et grotesques.

Il y a toujours cette ambivalence dans la technologie montrée dans Wallace et Gromit : les robots et les gadgets sont construits pour servir leurs créateurs, et pourtant ils finissent tôt ou tard par mal fonctionner et par mettre les personnages en danger ; mais au final, ceux-ci parviennent à sauver la situation en utilisant soit la même technologie, soit une autre invention de leur cru. Ceci n’est bien sûr pas un formule stricte, qu’Aardman appliquerait à tous les épisodes de Wallace et Gromit, mais les deux visions de la machine comme danger et comme aide sont récurrentes dans la série, l’une accompagnant souvent l’autre, et sans qu’aucune ne l’emporte sur l’autre. Dans Rasé de Près (1995), la même invention - le Wallace’s Knit-O-Matic - est présentée au début du film comme une création merveilleuse, mais elle est détournée par le méchant de l’histoire (que je ne dévoilerai pas ici, mais il a lui-même un rapport avec le thème de la technologie) et devient une menace pour les protagonistes ; après une série d’événements, cependant, les héros parviennent finallement à reprendre les choses en main et utilisent le Knit-O-Matic pour battre le méchant à son propre jeu. Wallace et Gromit, à travers leurs aventures, transmettent un message nuancé : la technologie peut faire le bien, mais elle doit être utilisée avec précaution.

Mais avant d’être une série avec une morale à propos du progrès, Wallace et Gromit parle de la joie de bricoler des trucs et des machins en tout genre. La série raconte l’histoire d’un homme et de son chien qui passent leur vie à enchaîner les emplois (de la boulangerie à la protection des potagers, en passant par le lavage de vitres), mais qui ont toujours des outils et des machines étranges qui rendent leurs tâches pas forcément plus simples, mais bien plus amusantes. Ils débutent même leur carrière en partant en voyage sur la Lune, uniquement parce qu’ils cherchaient un endroit pour partir en vacances où ils trouveraient du fromage (et tout le monde sait que la Lune est faite de fromage) ! J’avais brièvement mentionné Roald Dahl quand j’avais écrit ma critique de Shaun le Mouton. Willy Wonka, le chocolatier de Charlie et la Chocolaterie, possède une cascade qui lui sert à mélanger son chocolat, et même s’il s’agit d’une méthode très contraignante (vous-mêmes n’avez pas toujours votre cascade de chocolat à portée de main, si ?), il dit qu’elle est très importante pour donner la texture et le goût de ses produits ; Wallace appartient à la même catégorie de personnes, avec sa fusée construite pour aller chercher du fromage sur la Lune et sa machine à fabriquer des cartes de vœux.

Je n’ai découvert Wallace et Gromit qu’il y a quelques jours ; pourtant, j’ai presque l’impression de les connaître comme s’ils étaient de vieux amis. Il y a une familiarité chez eux, qui les rend plaisants à rencontrer, et très agréables à regarder encore et encore.

Till next time, lads !