Et si le recrutement était au coeur de la réussite d’un produit ?

Le debrief’ de 2 recruteurs ayant participé à La Product Conference 2016

Hugo GEISSMANN, Président @Thiga et co-organisateur de La Product Conference
Nous utilisons tous de nombreuses applications au quotidien, qu’elles soient mobiles ou web. Au delà de leur promesse, toutes ces apps sont empreintes d’une histoire et sont souvent porteuses de valeurs propres aux équipes qui les ont développées.
La Product Conference est le premier événement français dédié au product management. Il s’agissait d’aller à la rencontre de fondateurs et de product managers, de s’imprégner de leur retour d’expérience et peut-être de repartir de cette journée avec UNE bonne recette pour construire LE produit de demain.
Ce que nous avons compris avec Louis, c’est qu’un produit n’est pas qu’une idée, ni même une conviction. La réussite d’un produit c’est aussi et surtout une équipe, où le recrutement joue une place fondamentale !

Opening Keynote avec Nicolas Steegmann, Co-fondateur de Stupeflix

Nicolas Steegmann, Co-fondateur de Stupeflix

9h30. La product conf’ démarre. Une musique électro sonne l’arrivée de Nicolas, un des fondateurs de Stupeflix, une société tech qui développe des applications permettant de réaliser des mini-montages vidéos de qualité professionnelle à la portée de tous. L’aventure commence en 2009. Ils sont 3 (Nicolas Steegmann, François Lagunas et Etienne Albert) à vouloir se lancer dans la création de vidéo.

Même avec un nom de sortilège à la Harry Potter, Stupeflix compte aujourd’hui 5 produits, environ 2 millions d’utilisateurs, 1 rachat par GoPro en mars dernier, 1 gif (#privatejoke… et oui, il fallait venir ;) ) et 20 collaborateurs qui se sont joints à l’aventure.

Lors du jeu des questions réponses, Nicolas nous a partagé le fait qu’il aimait recruter des personnes passionnées ayant un petit peu une double facette : le développeur / Dj ou encore l’UX designer / Trompettiste. C’est, selon lui, certainement ce qui a donné le ton et les valeurs de Stupeflix. Au delà de l’aspect tech très ancré dès la création de la société, ce mélange des cultures facilite beaucoup les échanges au quotidien et permet un brassage d’idées impressionnant.

Le secret de leur réussite ? Rester eux-mêmes, et faire itérer leurs salariés sur des sujets qui ne sont pas dans leurs domaines d’expertise pour créer les fonctionnalités de demain.

How to drive the impossible ? Alexandre Pachulski, CPO @TalentSoft

Alexandre Pachulski, CPO @TalentSoft

Est-il vraiment nécessaire de présenter Alexandre Pachulski ? Nous étions particulièrement heureux, avec Louis, d’assister à ce talk afin d’en savoir plus sur la vision produit et métier d’un des fondateurs d’un mastodonte du marché du soft RH. Alexandre nous a livré une succession de tips pour créer LE produit. Créer un produit innovant, c’est savoir rester droit dans ses convictions. Comprendre que le problème à résoudre n’est peut-être pas nouveau mais qu’il mérite d’être traité. Et pour ce faire, il décrit 2 axes : simplifier l’innovation et savoir bien s’entourer. Simple, non ?

En tant que recruteurs, nous connaissons les difficultés à construire une équipe qui devra partager les mêmes valeurs pour travailler en harmonie. Mais comment faire lorsque la société atteint les 300 personnes, et ce dans un contexte multiculturel ? Alexandre répond alors qu’il faut partager et communiquer la vision de la société. Il n’est plus en mesure de participer à chacun des entretiens, en revanche il essaye autant que faire se peut de réaliser des petits TedX afin d’expliciter aux nouveaux arrivants les valeurs et l’ambition de TalentSoft. L’objet est bien de documenter la vision, mais aussi de laisser les personnes qui ne sont pas en adéquation avec quitter la barque… Et d’être à l’aise avec ça !

Product Market-Fit — A VC’s view par Boris GOLDEN, principal @Partech Ventures

Boris GOLDEN, principal @Partech Ventures

Soyons pragmatiques, avoir une bonne idée, un beau projet de produit, c’est bien. Encore faut-il avoir les sous ! L’entrepreunariat n’est pas une aventure accessible à tous et nous étions vraiment ravis d’avoir le point de vue de Boris à ce sujet. Son métier ? Investir dans des startups, et accompagner leur développement.

Ce talk était particulièrement intéressant, parce qu’il nous donnait à voir l’envers du décors. Quelles sont les attentes d’un investisseur lorsqu’il reçoit une équipe lui vendant un produit ? Soyons clairs… il s’agit bien là de parler d’argent… Mais pas seulement. Ce que nous a expliqué Boris c’est qu’avoir une bonne idée ne fait pas tout. Il s’agit de bien comprendre le marché que l’on souhaite adresser, ses problématiques, son timing ainsi que la manière dont on pense se rémunérer. Bref, avoir un bon go to market. Jusque là, je ne vous apprends peut-être rien. Mais là où nous avons été étonnés, c’est que ces aspects ne sont pas plus importants que l’équipe. Etre investisseur, c’est acheter des parts dans une société en se projetant souvent bien plus loin que ses fondateurs, qui ont souvent une vision à 6 mois. Etre VC, c’est aussi accompagner ces personnes dans leurs choix. Il s’agit de rejoindre une équipe, d’avoir le feeling, ce truc qui fait que l’on va choisir un projet plutôt qu’un autre, parce que l’on sait que l’on va vraiment pouvoir travailler dans le même sens. Au delà de la croissance et du retour sur investissent espéré, investir dans un produit, c’est investir sur une histoire et une équipe.

How Box managed to grow exponentially ? avec Florian Jourda, Advisor @Bayes Impact

Florian Jourda, Advisor @Bayes Impact

J’ai adoré le naturel de Florian. Lors de ce talk, il nous a raconté l’histoire de Box depuis sa genèse. Ce qui avait marché… ou pas… et ce qu’ils avaient appris. Pour les néophytes comme moi, Box est un concurrent de DropBox avec un positionnement quelque peu différent. Ils proposent une plateforme de contenu sécurisée.

Box dégage une image à la Google. Un toboggan, des nerfs… du fun. Nous sommes aussi tous conscients que cela est synonyme de beaucoup de travail et d’un certain élitisme : seuls les meilleurs bénéficient de ces conditions de travail ! Pour construire un produit et une société de cette veine, il faut recruter à son image et savoir rester exigeant même dans le besoin impératif de nouvelles recrues. Nous découvrons alors que le process est loin d’être aussi fun et même vraiment bien rodé : 5 entretiens techniques, où à chaque étape le mindset est qualifié au même niveau que la technique. Etre bon ne suffit pas. Il s’agit aussi de partager la même culture que Box. Florian nous explique que la maturité d’une société passe aussi par le fait d’accepter de se séparer d’un collaborateur si son comportement n’est plus en cohérence avec ces valeurs.

La journée se termine. Nous debriefons avec Louis, nous sommes vraiment heureux d’avoir reçu ces retours d’expérience et d’avoir appris. Nous sommes aussi particulièrement fiers de voir que le recrutement, notre quotidien, est un sujet de préoccupation aussi important que la vision d’un produit, aussi beau et innovant soit-il.
La conclusion de cet article est de vous partager le fait qu’il ne faut pas hésiter à sortir du cadre. L’objet de cette journée était de parler de Product Management, et nous avons beaucoup appris à ce sujet. Mais pas uniquement : cela nous a permis aussi de mettre en perspective notre métier de recruteurs. Face à l’ensemble de ces interventions, nous avons eu envie de nous dire que nous pouvons avec notre connaissance et nos compétences complètement participer, voire provoquer, la réussite ou non de beaux produits/ sociétés. Nous en avons parfois conscience, mais parfois laissons nous le droit de se le rappeler : nous faisons un beau métier !

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Envie d’en savoir plus sur La Product Conference et Le Product Management ? On vous conseille cet article : “Le chef de produit numérique s’impose comme stratégique dans les entreprises de demain”

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