TOP 5 des mots ou expressions devenus insupportables ! (4/5)

BIG DATA

“H : Putain, ch’uis énorme mon pote ! Y : Oui … Mais que dalle, tu maitrises …”

BIG DATA… Rien que le nom fait rêver. Alors on pourrait facilement dire que c’est le futur, sauf que non : Le blaze date de ’97, et certains disent qu’il venait renouveler un peu ce que l’on désignait comme l’Intelligence Artificielle, manque de bol, ce nom là revient en force !

Du coup on reste un peu tous sur le carreau avec nos « mega données ».
Oui enfin tous… Pas ceux qui utilisent le nom à outrance, le vendent dans tous leurs produits ou se gargarisent avec le terme en disant que c’est le grand enjeu de demain pour toutes les entreprises.
En fait, je trouve que le nom représente bien la connaissance que l’on véhicule sur le terme : « c’est juste ÉNORME et… Puis c’est énorme quoi… ».

Dit comme ça, c’est comme Godzilla en plein New York… C’est inutile.

Voilà le problème : compliqué de vendre de la « mega donnée » seule, à l’état brute, plus facile de vendre ce qu’elle apporte. Alors même si de nombreuses boites mettent autre chose derrière le nom BIG DATA (comme le BIG ANALYTICS par exemple, déjà beaucoup plus parlant), il n’empêche qu’elles ne racontent pas beaucoup ce qu’elles font avec ni pourquoi.

En fait le BIG n’est pas magique, contrairement à ce que l’on imagine quand on lit la presse de ces fameuses boites, on y lit «créez une application BIG DATA, vous maitriserez ce que font vos Clients à très grande échelle ».
Ouais… Sauf que du BIG ne fait qu’apporter mieux à ceux qui faisait déjà bien avant. Il repose sur deux principes : structurer des données et faire du trafic.

Pour le premier principe : Structure

en vulgarisant au max, c’est un peu comme se mettre à la place de Bertrand, agriculteur local, qui vend ses fruits et légumes au marché.

Un génie lui apporte une file d’attente de 10000 personnes tous les jours. Fin de l’année Bertrand se retrouve avec des listes de millions de fruits et de millions de légumes vendus. En voilà de la donnée en masse… Super… Vas faire de la recommandation ou de la prédiction avec ça…

Imaginons que Bertrand ait pensé à ajouter sur ses listes des infos sur les types de fruits et légumes, sur les clients eux-mêmes et leurs paniers, les dates à chaque achat, la préférence pour les fruits verts ou mûrs, et surtout en ajoutant ses paramètres tout au long de l’année sans perdre l’historique. Alors Bertrand augmenterait ses ventes l’année suivante parce qu’il pourrait faire de l’analyse de masses avec des données claires et utilisables.

Pour le second principe : Trafic

On reprend Bertrand, cette fois il a bien prévu tous ses paramètres et il sait exactement comment « tracer » ses clients.
Sauf que son pote qui lui en amenait 10000 par jour passe à 5. Le voilà avec de la donnée bien précise, mais de la donnée tout court … Pas BIG du tout.

Oui Parce que si Bertrand n’essaie pas d’autres marchés de la région, voir du pays, à différentes heures, avec différentes cargaisons, et bien il ne passera jamais à l’échelle, et ça il n’avait pas besoin de pousser tous ces paramètres aussi précisément pour le faire d’abord ! Du coup ça ne lui sert à rien.


Voilà ou je veux en venir : Lancer une application ou un produit BIG DATA n’a aucun sens !

Ce serait un peu comme demander à la première équipe de foot de l’histoire d’étudier toutes les coupes du monde pour comprendre son adversaire du prochain match… Ou encore demander à un pote de lire tous nos classeurs de papiers administratifs hétéroclites à la maison et d’en déduire le nom de notre prochain enfant …

Si le marché n’est pas trouvé et si il n’y a pas un embryon de structure évolutive pour les données, alors tout au plus le résultat sera une formule 1 pour vivre dans une ville rurale ou encore des dizaines de milliers de classeurs bien rangés sur étagère que personne ne voudra lire parce qu’impossible à exploiter.

Le BIG DATA est la suite logique d’un produit ou d’une application qui marche. Et c’est bien là le plus dur : avoir un produit génial que les gens adorent tout en sachant clairement identifier ces gens et les paramètres du produit au fur et à mesure de son évolution. Le BIG DATA ne peut être qu’un moyen d’augmenter cette base, pas l’objectif en soi.

Livre lu : rien malheureusement, juste mes quelques connaissances des chaines de Markov, des cohortes ou du machine learning après des essais sur un produit.
Livre à lire : « BIG DATA — La révolution des données est en marche » — Kenneth Cukier, Viktor Mayer-Schönberger

Heureusement, les entreprises ont une arme secrète pour créer des produits géniaux, les intrapreneurs ! Des soldats avec la même formation et le même contrôle sur eux que les autres salariés, mais hyper évolués naturellement … Comment ? c’est pas ça un intrapreneur ? Ah ….

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