Le tour d’Ignition en 80 jours

Ignition Program
Sep 3, 2018 · 9 min read

Bosser en startup, c’est quelque chose. Bosser en entreprise libérée, c’est quelque chose aussi. Alors quand on décide de faire les deux et qu’on recrute une bande de déglingos, ça donne un résultat assez étonnant. Mais un résultat dont il y a beaucoup à apprendre, et qui fonctionne bougrement bien. Voici une petite vue en coupe d’Ignition Program, basée sur les 80 jours que j’y ai passés.

Arrivée dans la boîte. Lundi matin. 9 heures sonnent et plus ou moins autant de personnes sont présentes.

… À 10h, tout le monde (ou presque) est là. Réunis à 30 dans un salon de 20m², on lance le très rituel 3615 : pendant 30 minutes, chaque pôle partage ses réussites, les problèmes qu’il rencontre et les messages qu’il veut faire passer au reste de la boîte.

Fin du 3615. Un bruit sourd s’élève, l’envie d’échange entre les membres du staff va enfin être assouvie. Un brouhaha monte, les blagues commencent à fuser avec une spontanéité et un piquant qui impressionnent. Un peu comme dans le Loup de Wall Street mais sans l’agressivité.

La matinée continue dans cette même énergie. D’ailleurs, tout le monde bouge de partout, je redoute qu’il y ait carambolage dans le couloir.

À 12h30, Ben se lève et part faire bouillir de l’eau dans la cuisine pour préparer ses 300g de pâtes quotidiens. Folklorique.

12h45, Pierre tape dans ses mains. ‘Ça va commenceeeer !’ En effet, ce midi, il a organisé un petit cours, pour tous les motivés, sur l’histoire de la techno. Bilan : 18 participants. Les gens mangent, posent des questions alors qu’il déroule sa présentation en nous passant des extraits. Super sympa.

13h. Roger (bon, il s’appelle Guillaume mais nous demande de l’appeler Roger) va siester, bientôt suivi par Thomas. Une petite boutade sur cette habitude salvatrice ne l’arrête pas dans son élan.

13h02. Roger dort.

13h30, Laure et Paul rentrent de leur repas cocoaching. Ça fait deux mois qu’ils se voient 1h par semaine, seule à seul, pour se coacher. Sur une base d’écoute active bienveillante et régulière, un cadre est posé pour pousser chacun à s’améliorer. Ce sur des sujets pros… et peut-être persos si ça se trouve. Mais ce qui se passe en cocoaching reste en cocoaching !

À 14h30, Seb se lève : “je termine ça chez moi”. Quand il sort du bureau, aucune remarque, aucun étonnement. C’est le deal, on se fait confiance. D’ailleurs Lucas n’est pas rentré à midi, il nous avait dit que cet aprèm, c’était télétravail.

15h. Ali, commercial à l’expérience avérée — trente ans dans la grande distribution — rentre dans les bureaux. Il est venu chez nous pour former quelques membres d’Ignition à des techniques de vente.

L’après-midi se finira avec énergie, blagues et délires sur lesquels nous passerons pour ne pas alourdir l’article. Mais en résumé…

Au rapport

Maxime, au rapport. 23 ans, jeune diplômé d’école d’ingé, encore convaincu de pouvoir changer le monde en mieux. Convaincu après deux passages en startup que les jeunes pousses apportent des outils intéressants. Mais essaie de se prémunir du bullshit que cet univers, parfois, apporte.

Une grosse faiblesse : l’entreprise libérée. Croit en la possibilité que la clé vers le mieux, ce sont des employés responsabilisés, avec des managers qui soutiennent plus qu’ils ne dirigent. Est tombé en terminale sur un talk expliquant comment l’entreprise libérée avait révolutionné la vie d’une entreprise de manutention d’engins de chantier (c’est pas startup, ça). N’en a pas décollé depuis. A un ami qui travaillait chez Ignition Program, et qui lui avait dit que c’était une entreprise libérée. Est venu voir ça de ses yeux.

Une obsession : progresser. Est souvent mécontent de son travail et veut faire plus. Compte devenir meilleur chez Ignition.

Collaborateurs ou bande de potes ?

Mon ami m’avait dit qu’Ignition, c’était comme une grosse famille. Que souvent, quand quelqu’un partait en vacances, le reste de la bande lui manquait, et qu’il passait pas mal de temps sur le channel WhatsApp de la boîte. Dommage, j’ai déjà une grosse famille à qui je ne rends pas assez visite. (désolé Mamie).

Sans aller jusqu’au lien de parenté avec des gens de la boîte, il faut admettre que les relations avec eux ne s’arrêtent pas au professionnel. Clairement pas. À peine arrivé, tout le monde vous propose de caler un “dej en one-to-one” — en tête à tête pour les amis du français. L’Ignibeer, incontournable RDV du mercredi soir, ne parle que peu souvent de sujets pros. La semaine dernière cinq ou six personnes, en croisant Bidule le matin, lui ont demandé comment s’était passé son date de la veille. Pas commun !

Mais le plus déterminant n’est pas là. Au bout de vingt jours, me voilà en escapade vélo dans l’Orne avec les plus téméraires de mes collègues. Un mois plus tard, nous partons tous pendant deux jours pour un mini séminaire à Marseille. On est sur un format d’icebreaker qui ne respecte plus la banquise.

Est-ce obligatoire pour qu’une boîte fonctionne bien ? Sûrement pas, des tas d’entreprises fonctionnent sur base d’un rapport très professionnel entre leurs membres, et puis c’est tout.

Mais bosser dans une bande de potes, c’est une aventure différente. Beaucoup plus d’entraide et de partage au quotidien, une communication facilitée sur la plupart des sujets, énormément plus d’engagement personnel et émotionnel dans l’entreprise. Mais un certain confort psychologique, il faut se l’avouer. Partir de chez soi le matin en ayant hâte de retrouver la bande, ça change quand même la vie.

Être à la hauteur

Un milieu sélectif…

Le premier truc qui frappe l’esprit du néophyte tout juste rentré chez Ignition (donc si vous avez bien suivi, le premier truc qui me frappe), c’est combien les collègues sont bons. L’écosystème startup est, il faut le dire, un milieu élitiste. Lancer une structure qui fait +300% de CA chaque année pendant 7 ans, ça demande de ne pas niaiser. Et en général, ça demande de s’entourer de gens qui déboitent.

Mais en plus de ça on est en entreprise libérée : chacun, après son embauche, a les clés de la baraque. Et chacun peut y foutre le feu. Ce qui pousse, chez Ignition, à faire un recrutement léché. Il faut dire qu’on a la structure pour…

Ça fiche d’ailleurs un sacré coup à l’égo quand, assistant à un entretien, je rencontre Jean-Bob, qui a :

  • lancé un site web sur le tricot qui fait aujourd’hui 40k visites mensuelles
  • bossé pendant deux ans au States et signé pour 25M€ de contrats
  • fait country opener pour cette même boîte en France
  • lancé sa propre boîte
  • … 26 ans

surtout quand Jean-Philippe, Jean-Jacques et Jean-Patrick, qui suivent, ont un parcours similaire.

… et déglingo

Pour ce qui est des membres d’Ignition, c’est encore pire. Le principal objectif des premières semaines chez Ignition est de découvrir mes nouveaux collègues. Et s’ils n’ont rien à envier à Jean-Bob, ils ont tous au moins une singularité dans leurs parcours. Bidule est triathlète professionnel, Machin a écrit une thèse de philo sur le règne de l’originalité dans notre siècle, Chouette a lancé sa boîte avec son grand-père ; quant à Chose, il sera bientôt maire d’une commune de 30 000 habitants. Ah, j’oubliais ! je vous ai parlé de Truc qui a lancé son jeu via Kickstarter et qui était en pleine traversée du Groenland à pied avant que je n’arrive ? Pour la faire courte, tout le monde est plus ou moins fêlé.

Là, un questionnement s’incruste : “suis-je à la hauteur” ? Ça travaille pendant quelques semaines, quand même. Mais tout le monde a l’air assez confiant, et me parle sans prétention aucune — alors qu’il y aurait lieu. Note à moi-même : il va falloir se tirer les doigts et se mettre au boulot. Ils m’ont donné leur confiance, je veux la mériter.

La philosophie

Grandir et faire grandir

C’est un peu le motto d’Ignition, et c’est ZEUH point fort de la culture d’entreprise. Dès lors que quelqu’un me parle, il donne le meilleur de lui-même et essaie de m’apporter quelque chose. Symétriquement, je me sentirais mal de mobiliser un collègue pendant une heure sans lui apporter quelque valeur que ce soit. Si je pose une question à Nicolas, il a beau être débordé, il me répondra. Et s’il me manque des éléments pour tout saisir, au mieux il me formera, au pire il me dira où aller chercher. Alors si Nico vient me poser une question un jour, je compte bien mettre le paquet.

Cela n’empêche pas d’avoir des moments de délire et de blaguer entre nous. Mais automatiquement, la barre d’exigence est placée plus haut. D’autant plus que ce mot d’ordre de grandir et faire grandir est suivi d’une mise en application claire. Que ce soient les points manager / managé ou les cocoachings que nous avons mis en place, plusieurs heures par semaine servent à grandir et faire grandir. Des sujets pros comme persos peuvent y être abordés ; l’important, c’est de faire grandir et tous les chemins sont bons.

Optimisme

Nécessaire en startup, me direz-vous. Quand on connaît le taux de survie des jeunes entreprises à 5 ans, il vaut mieux avoir la foi. Mais là, l’optimisme est d’un genre un peu différent. Si les gens croient en la vision, ils croient aussi au groupe. Ils croient à la réussite de tous les side-projects en cours. La possibilité que survienne un problème majeur semble leur passer au-dessus du ciboulot. D’ailleurs, il y a cette phrase qui tourne :

“Si tu as un problème et pas de piste de solution, c’est toi le problème.”

Ça a l’air un peu violent dit comme ça. Mais l’idée, c’est que bien entouré, avec un peu d’initiative et quand on ose demander de l’aide, aucun problème n’est vraiment bloquant. C’est très bisounours mais ça pousse à positiver.

… Bon, en réalité, on sait qu’il y a quelques trucs insolubles, même si on ose demander autour de soi. Si vous avez une autre formulation qui prenne ça en compte, n’hésitez pas à me l’envoyer. On est friands de bons inputs extérieurs. 🙂

Épilogue

Un cadre de travail kiffant, où tout le monde se donne à fond et où l’équipe fonctionne bien… c’est pas mal, non ?

Mais Ignition, c’est vaste, je n’ai pas fini d’en faire le tour. Ce modèle d’organisation a forcément ses limites :

  • Comment scaler ça quand on dépasse la quarantaine de personnes et que les gens se connaissent de moins en moins ?
  • Comment faire marcher ça avec tous types de profils ?
  • Comment faire quand ça se passe mal et que, plus que deux collègues, deux amis se brouillent ?

Enfin, le plus intéressant, ce ne sont pas les problèmes, c’est de savoir comment on va passer outre. Et ça … ça mérite quelques articles.

All credit goes to andrewillustration for the title animation.


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