TAC, TAC, TAC …. On a toqué à la porte des grandes entreprises…

On vous explique pourquoi nous avons décidé d‘en sortir…

Je suis Rabah Mechetem, le co-fondateur de Take a Chance ou TAC pour les intimes ;-)

Nous sommes :

  • une école pour entrepreneurs et salariés qui souhaitent le devenir.
  • un fond d’investissement
  • un Venture studio *

Venture Studio* ? Kesako ? Pour faire simple : c’est un studio de création d’entreprises. En d’autres termes, c’est une entreprise qui a qu’un seul objectif : créer elle même d’autres entreprises avec d’autres entrepreneurs en partant de presque rien … d’une observation, d’un défi, qui deviendra un concept puis un produit et enfin une belle entreprise !

Mais avant de faire tout cela, nous avions un autre modèle… et j’ai souhaité partager dans cet article les origines de Take a Chance, et expliquer pourquoi et comment nous avons pivoté en gardant toujours la même vision. Car oui pour nous c’est ça un pivot : garder la même vision et changer quelques paramètres du modèle économique… Cette décision nous l’avons prise malgré plusieurs centaines de millier d’euros générés dès la première année d’activité. On vous explique pourquoi ….

Take a Chance Origin

Comme beaucoup d’entrepreneurs qui démarrent un nouveau projet : nous sommes partis avec notre idée en tête, gonflés à bloc.. et pleins d’enthousiasmes. Certains diront : “pleins de naïveté et d’ignorance”… Toujours facile à dire a posteriori non ?

Bref.. avec Eric mon associé, on s’est dit :

“Nous ne sommes pas à notre première boite, on a un réseau assez large et une expérience du business.. ça va le faire ! »

Notre modèle économique initial : créer un Corporate venture Studio* “Un quoi ?” Laissez-moi vous expliquer …

On avait tous les deux travaillé pendant plus de 10 ans avec de grandes entreprises sur des sujets autour du digital et de l’innovation, et nous avions comme beaucoup remarqué deux choses :

1/ Les principales grandes entreprises avaient fait un bond considérable en culture digital et compétences.

2/ mais elle restaient toujours aussi incapables pour la plupart d’entre elles d’identifier et de saisir de nouvelles opportunités, de nouveaux modèles économique.

Parfait ! Car ce que nous recherchions de notre côté c’était des expertises métier, du réseau et des observations à partir desquelles nous allions pouvoir imaginer pleins de nouveaux modèles économiques… Animés par une curiosité débordante, nous avons toujours souhaité nous attaquer à des secteurs diverses et variés … Mais pas fous : nous savions que nous n’allions pas pouvoir faire tout cela sans nous adosser à des expertises, et à des écosystèmes. Sinon nous allions perdre 18 mois comme la majorité des entrepreneurs qui s’attaquent à une industrie qui ne connaissent pas…

Voici donc le deal proposé aux grands groupes :

1/ On travaille avec vous initialement sur un modèle peu engageant pour les deux parties afin d’identifier et évaluer des opportunités de nouveaux business dans votre secteur.

2/ Si nous croyons au potentiel du projet : on recrute une équipe d’entrepreneurs que l’on accompagne chez nous et on co-finance le projet avec la grande entreprise….

Simple comme modèle non ?

Les débuts de l’activité sont très prometteurs. Grâce à nos réseaux respectifs avec Eric nous arrivons à rencontrer très tôt les directions innovations et directions générales d’un certains nombres de boites..

Et très vite on signe nos premiers deals… Magnifique !

Ce que nous avons appris en 12 mois d’activité

On va déjà commencer par rétablir une vérité : « Et très vite on a signé nos premiers deal » haha la blague…

Même en ayant un super bon réseau : le temps nous a paru une éternité, car même si les personnes que nous avions rencontré, ont adoré ce que nous faisions je ne sais pas pour quelle raison, l’engagement signé a toujours mis beaucoup, beaucoup de temps à se concrétiser…

Nous le savions déjà, nous n’avons pas la même notion du temps … mais surtout nous n’avons pas la même notion des coûts humain, ce qui est la principale ressource, de jeunes boîtes qui démarrent. Certaines entreprises ont créé des sortes de comités pour traiter les sujets d’innovation. Nous en avons rencontré quelque uns et ce qui nous a frappé : le coût humain de la prise de décision de ce comité dépasse parfois largement le budget discuté (« c’est un peu cher? », “on devait faire nous même » , « Dans quel budget on met cela ? » Mais WTF ? ). Pour votre information nous avons réalisé une estimation : un seul comité réunissant 10 personnes pendant 1/2 journée coûte à l’entreprise près de 2 500 €. ( sans compter les frais de déplacement , préparation, utilisation de la salle, le matériel… ). Voilà, voilà…

Il existe comme un faux air de libération de l’innovation … et je ne parle même pas ici de libération de l’entreprise 😉

  • Une directeur innovation qui a besoin de demander à son patron l’autorisation de dépenser 2500 € pour participer à un événement ? WTF ? L’innovation est une priorité ou pas ?
  • Un directeur général qui lors de la préparation d’une séance de créativité nous dit en off : « Nous sommes d’accord … les idées que nous allons retenir sont bien les nôtres, pas celles des salariés…”

Bref au secours… Ma mère m’a toujours dit : « Rabah , il ne faut jamais aider une personne qui ne veut pas l’être ». De quoi parlons-nous ? Nous ne parlons pas des individus mais de l’organisation en elle -même : l’organisation elle même ne veut pas et ne peut pas être aidée…

Nous en convenons, nous dressons un portrait plutôt sombre, et négatif des grandes entreprises, et probablement que toutes les grandes entreprises ne sont pas dans ce cas…

En ce qui nous concerne, nous avons énormément appris et cela nous permis d’affiner notre business :

  • Nous avons validé notre intuition : travailler de près avec des experts dans une industrie permet d’identifier de belles opportunités qui n’auraient pas pu exister autrement ↦ croisement entre un regard naïf et très optimiste d’un entrepreneur expérimenté et la connaissance d’une industrie…
  • On va quand même beaucoup plus vite lorsque l’on comprend et on a accès à un écosystème (apprendre ce que nous avons appris aux côtés de ses talents d’entreprise nous aurait pris plus de 18 mois …)
  • Il y a quand même un paquet de talents dans ces entreprises à qui on ne peut pas offrir un parcours répondant toujours à leurs aspirations. Si tu as eu la chance d’être détecté comme haut potentiel alors le chemin est clair pour toi : directeur de magasin, directeur régional, directeur d’une business Unit, Directeur général.. Pas trop mal, à conditions de vraiment en avoir envie…. Si non, tu attendras ton tour.. jusqu’à ce que tu décide de passer à autre chose…

Bref tout cela pour dire que nous nous sommes quand même bien amusés jusqu’au jour où nous avons poussé les discussions de manière avancée avec une grande entreprise: nous avons compris que s’ils étaient décidé à créer avec nous une Join venture, cela se ferait sous leurs conditions..

Et pour nous l’élément clé : nous voulions avoir de l’impact et, nous inscrire dans une création de valeur sur le long terme. Après avoir été fatigué par des discussions avec ce grand groupe sur la création d’une Join Venture : nous avons décidé d’abandonner ce modèle économique.

Beaucoup trop d’énergie dépensée et de jeux politiques pour le lancement d’un simple test sur un business naissant… On passe notre tour…

Vous allez me dire ? “Mais ce type de modèle économique fonctionne.” Oui c’est vrai nous avions bien entendu étudié les autres sociétés qui ont un modèle de ce type: Pathfinder lancé par The Family ou Aimforthemoon au Pays-Bas.

La réalité avec de genre de modèle c’est qu’il est très dur de s’inscrire dans la durée avec un modèle équilibré et engagé sur le long terme.

Aimforthemoon ne se rémunère que sous forme de prestations intellectuelles. Et Pathfinder , même si après avoir réalisé une prestation arrive à négocier des participations dans les Join Venture qu’ils créent avec les grands groupe, cela ne reste pour nous qu’un modèle « déguisé » de prestation de service: le grand groupe garde la main sur le projet et décide à 100% de son orientation. ( impossible de faire un contre pouvoir avec d’autres investisseurs)

Attention il ne s’agit en aucun cas d’un jugement sur ce genre de modèle, et nous pensons qu’il est possible à la fois de faire naître de beaux projets avec ce type de modèle. La vérité, c’est que nous n’avions pas envie de ce type de modèle….

Ce dont nous avions surtout envie c’est de lancer des nouveaux business, d’une nouvelle façon, de s’entourer de talents et de les accompagner dans une transition entrepreneuriale. Nous n’avions pas envie de passer notre temps à faire de belles propales pour flatter les égos, négocier des contrats et faire des « courbettes ». Ça c’est dit 😉

Et TAC! C’est décidé on pivote …

C’était une superbe expérience.. on a beaucoup appris et cela nous a permis de construire nos propres outils et processus.

Mais maintenant c’est terminé : on va se créer un terrain de jeu dans lequel nous avons vraiment envie de jouer.

Et ce beau terrain de jeu gardera la même vision initiale : identifier et lancer de belles opportunités de nouveaux business avec des experts, des talents et des gens qui ont vraiment envie de créer…. mais sans grandes entreprises comme client… YEAH!!!

Nous avons donc créé deux programmes pour lesquels on recrute des individus, des talents :

TAC Team :

Deux fois par an nous recrutons une vingtaine de personnes pour un programme de 2 mois, pour leur permettre d’identifier une opportunité entrepreneuriale et trouver un co-fondateur.

TAC Studio :

Un programme de 3 mois pour concevoir et lancer un produit ou un service, valider un modèle économique et trouver ses premiers clients/utilisateurs.

Notre modèle économique repose maintenant entièrement sur un modèle de création de valeur et d’engagement sur le long terme :

A l’entrée dans le programme TAC Studio : nous investissons 50k€ et devenons associé à hauteur de 10% du capital de l’entreprise.

Nous ne sommes ni un incubateur, ni un accélérateur : nous sommes Take a chance.

Et pour soutenir notre vision nous avons créé :

  • TAC Academy: des formations pour entrepreneurs et salariés qui souhaitent le devenir et un jour saisir leur chance…
  • TAC Partners : un fond d’investissement créé et managé par des entrepreneurs expérimentés du digital.

Pour plus d’information sur les programmes : http://take-a-chance.com