#RéformonsLeRéformateur


Par Erell Thevenon-Poullennec, Directrice des études de l’Institut de l’entreprise

La France est au bord du décrochage. Le reste du monde connaît une accélération sans précédent que chacun sent et exprime plus ou moins confusément. Quelles que soient leurs formes, du débat policé aux violentes émeutes, les manifestations appellent toutes au « changement ».

Or, notre Etat, à bout de souffle et exsangue, est dans l’incapacité d’amorcer une dynamique nouvelle. Faisons lui ce crédit : l’Etat n’est ni sourd ni aveugle. De son sommet jusque dans ses ramifications, on sait qu’il faut bouger. Pire, on sait aussi ce qu’il faut faire pour bouger : tout ou presque a été écrit sur les moyens de réformer le pays et l’exemple de nos partenaires européens, largement documenté, le prouve — #boîteàoutilsgarnie, #onalemodedemploi. Où est donc le problème ? Pourquoi n’y arrivons nous pas #bonsangdebois ?

Parce que, comme le souligne le président d’une grande entreprise, « le poisson pourrit par la tête ». Et en l’occurrence, la tête, c’est la classe politique et l’administration. Les partenaires sociaux sont sans doute un élément du problème mais appellent des réponses différentes. #touspourris ? Non. Certainement pas : c’est bien davantage le système qui est en cause que les personnes ; un système qui étouffe les plus grandes intelligences et vient à bout des meilleures volontés. #gâchis, #frustration, #démission. Comment sortir de cet infernal cercle vicieux ? Gesticuler place de la République — #nuitdebout ? Lancer des pavés sur les CRS ?

Soyons réalistes : la France sans l’Etat n’est plus la France. Nous voulons un Etat moderne, un Etat agile, un Etat qui accompagne les transitions. Bref, un Etat qui nous aide à prendre la vague — #numérique ; #décentralisation ; #Europe ; #servicepublic2.0… Les mutations en cours sont aussi déstabilisantes qu’elles sont porteuses de promesses. Le rôle de l’Etat est de faire en sorte que chaque acteur, citoyen ou entreprise, puisse saisir, faire émerger et développer mille initiatives — #Francedesentreprenants.

Cet esprit d’initiative doit prévaloir aussi au cœur de l’Etat. Cela suppose de donner à ses agents la marge de manœuvre dont ils sont aujourd’hui privés. On doit leur permettre d’expérimenter et les responsabiliser. Leur sélection et leur formation doivent être repensées.

Pas de grandes réformes mais de petites améliorations du système tel que nous le connaissons qui, faisons ce pari, pourraient être porteuses de grandes transformations. Des idées et initiatives sont à prendre du côté des entreprises, notamment des plus grandes d’entre elles qui, pour certaines, sont proches dans leur fonctionnement d’une administration. A une différence de taille près : les entreprises, aussi « grandes » et puissantes soient-elles, sont… mortelles ! #adaptation, #innovation, #oudisparition. Cette injonction devrait aussi être valable pour l’Etat.


Cette tribune a été initialement publiée sur le site de L’Opinion.

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