Interview de l’artiste photographe Cidàlia Alves

Comment as-tu découvert la photographie ?

J’ai découvert la photographie très jeune grâce à une rencontre quelque peu surprenante. J’étais scolarisée dans un collège à Antibes où j’ai eu la chance de rencontrer un surveillant passionné de photographie pendant la récréation. Il m’a prise sous son aile et m’a tout appris — développement et tirage compris — dans le laboratoire qui se trouvait dans le grenier du collège. J’ai pu par la suite m’offrir mon premier reflex 24x36 grâce aux économies que je faisais en pliant des tissus à la fin du marché.

Comment travailles-tu ?

J’ai tout de suite su que ce qui m’intéressait dans la photographie. Je ne savais pas peindre — même si j’en rêvais profondément — et mon appareil est devenu petit à petit ma palette de couleurs, mes gouaches, mes matériaux et mes ustensiles. Je n’avais qu’à ouvrir mes yeux et regarder, écouter et suivre la lumière. Après trente années de pratique et l’apprentissage de différentes techniques, ma patte prend enfin place.

Que recherches-tu à travers ta pratique ?

A travers ma pratique, je cherche à cerner l’invisible, à le modeler grâce à la lumière, à montrer la beauté qui nous entoure et à en conserver le témoignage. Je cherche aussi à figer le temps et son empreinte. Mais surtout, j’aime les sensations, l’énergie et la surprise du regard de mon public.

Quels sont les artistes qui t’ont marquée ? Pourquoi ?

En photographie, j’aime la maîtrise de la technique, par exemple, d’Ansel Adams, mais aussi les lignes de Mapplethorpe, les personnages de Boubat et les graffitis de Brassaï. Mais c’est surtout la peinture qui m’inspire car j’y retrouve tout ce que j’aime. La matière de la texture, comme chez Hantaï, et la pureté de Lee Ufan me fascinent. Bruegel et Vieira da Silva me donnent, quant à eux, de fortes sensations de vertige quand je contemple leurs toiles. Difficile de choisir néanmoins, il y en a tellement.

Quel est ton rapport avec ton public ?

J’espère et j’aimerais que ce soit une histoire d’amour éternelle. J’aime le fait et l’idée de partager avec mon public. J’ai la chance de recevoir beaucoup et j’espère leur en donner autant.