Bio, biodynamie, naturel : comment avoir 20/vin ?

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Sep 27 · 4 min read

Ah, la France, ce pays de gastronomie, fleuron de l’agriculture européenne, si soucieuse de ses terroirs et de ses savoir-faire. Il en est un que le consommateur chérit tout particulièrement : la viticulture, et ce nectar mythique de nos campagnes, le vin. Voici donc, pour briller en société, ce qui distingue les différentes manières de cultiver le raisin.

Les pratiques réglementées : le conventionnel et le biologique

Ce sont les plus répandues dans le monde. Au cahier des charges (déjà strict) imposé aux producteurs de vin « conventionnel » (pratiques agricoles, techniques de vinification, liste finie d’intrants utilisables), les exigences du bio ont des contraintes encore plus fortes : utilisation d’intrants d’origine exclusivement naturelle pour la fertilisation et la protection des vignes, interdiction des organismes génétiquement modifiés (OGM) ou issus d’OGM. De plus, la vinification bio est encadrée par l’utilisation restreinte d’additifs ou d’auxiliaires œnologiques, obligatoirement certifiés bio.

Les pratiques non réglementées : la biodynamie et le vin naturel

Les bases de la production biodynamiques sont établies en 1924 par Rudolf Steiner, philosophe et scientifique d’origine autrichienne et s’articulent autour de trois principes fondamentaux :

  • La conception de la ferme ou le jardin comme un organisme agricole, une entité autonome et individualisée.
  • L’utilisation de “préparations biodynamiques” (à base de plantes médicinales, de bouse de vache ou de quartz participant à l’“équilibre énergétique”)
  • Le travail avec les “rythmes cosmiques” : influences du Soleil, de la Lune, et des planètes

La production de vin biodynamique n’est pas encadrée par un règlement européen, mais sa certification (majoritairement par Demeter ou Biodyvin) implique que le vin soit déjà certifié en agriculture biologique, ce qui se traduit par des exigences encore plus contraignantes (intrants biodynamiques spécifiques, fermentation, teneur en soufre etc.).

De même, pour le vin naturel, le mode de production repose sur les deux caractéristiques suivantes :

  • Un vin dont les raisins sont issus de l’agriculture biologique ou biodynamique;
  • Un vin qui est vinifié et mis en bouteille sans aucun intrant, ni additif.

Au-delà de ces paramètres « fondamentaux », les exigences spécifiques pour la production de vins naturels, notamment plus contraignant sur les teneurs en sulfite des vins par rapport à la production biologique ou biodynamique. Pour autant, il n’existe aucun cahier des charges « officiel », donc aucune certification de production de vin naturel.

Quel impact du mode de culture sur le goût ?

Fin 2017, à l’approche des fêtes, le sulfureux chercheur Gilles-Eric Séralini (travaux très controversés et contestés sur le glyphosate de ce personnage médiatique) s’associe avec le chef cuisiner Jérôme Douzelet pour publier l’ouvrage « Le goût des pesticides dans le vin ». Alternant des tirades militantes, pseudo-scientifiques et des tests sensoriels biaisés, le livre traduit surtout l’intention des auteurs de mettre en avant les vins bio (qui, soit dit en passant, utilisent du cuivre contre les moisissures, et en contiennent des quantités conséquentes).

Selon 60Millions de Consommateurs, « acheter un vin bio ou biodynamique n’est pas pour autant une garantie gustative : ils subissent, comme les vins conventionnels, les aléas de la vinification, du stockage, du transport, etc. Et plus encore les vins naturels, que l’absence de soufre rend fragiles : de ce fait, les amateurs de ce type de vin trouveront leur bonheur via des cavistes indépendants, se fournissant directement auprès des producteurs. »

Savoir lire une étiquette pour bien choisir son vin :

Lors de l’achat d’une bouteille, certaines informations présentes sur l’étiquette peuvent vous éviter les faux-pas.

  • Gare tout d’abord aux mentions qui ne veulent rien dire : exit donc les “Grand vin” et autres “Vieilles vignes”, qui, non-soumises à réglementation, peuvent ainsi s’appliquer à presque tous les vins.
  • Quid des fameux “crus” ? Il faut à la fois s’y fier et s’en méfier, au vu de l’hétérogénéité de l’offre existante. Difficile cependant de se tromper sur un Grand Cru classé, dès lors qu’il s’agit d’un classement sérieux (classement 1855, classement des Graves, classement des Saint-Emilion). En Bourgogne, les mentions “1er Cru” et “Grand Cru” sont les garants d’un terroir d’excellence.
  • Prudence enfin à l’égard des diverses médailles de concours, généralement décernées à une bonne moitié des vins en lice, et par un jury parfois issu du grand public (ce qui peut également être ce que l’on recherche).

En bref, et par ordre d’importance :

  • Le nom du domaine est le principal facteur auquel prêter attention. Son choix dépendra avant tout de vos connaissances et préférences (et de votre budget !).
  • Vient ensuite la mention du millésime, qui renseigne sur les conditions de dégustation et le potentiel de garde du vin. Pour rappel 2009, 2010, 2015 et 2016 sont les bons millésimes de ces dernières années, valables pour quasiment tous les vins.
  • Enfin l’appellation (AOP, IGP) vous indiquera dans une certaine mesure “l’esprit” du vin, bien que seules les plus strictes (comme en Bourgogne) garantiront réellement sa qualité.

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