Tabous et évictions, ces aliments qu’on ne mange pas

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Nos comportements alimentaires sont majoritairement dictés par des considérations culturelles. En effet, si certains aliments sont comestibles, et parfois appréciés, ils peuvent aussi être rejetés pour ce qu’ils évoquent ou symbolisent. Petit tour d’horizon des pratiques d’exclusion.

Les traditions propres à chaque pays expliquent pour une large partie ce qu’il est admis (ou non) de manger. Dans les pays occidentaux, la valeur affective associée aux chats et aux chiens empêche leur consommation. A l’inverse, le dégoût provoqué par les sauterelles et autres petites bêtes freine le développement des aliments à base d’insectes. Certains refusent par ailleurs de consommer certains plats, en opposition aux pratiques d’élevages associées : le gavage des oies pour la production de fois gras, les oeufs issus de poules élevées en batterie…

God save the cygne

@MaximumWallHD

D’autres comportements peuvent enfin trouver leur source dans les coutumes nationales. En Angleterre, la consommation de cygnes est ainsi réservée à la Reine, qui possède tous les spécimens sauvages du pays. Un privilège qui remonte au 15ème siècle et qui a toujours cours aujourd’hui.

Le lapin, mais pas marin

Animal de compagnie ou viande appréciée ? Ni l’un ni l’autre chez les marins, le lapin étant maudit sur les bateaux. Autrefois, les lapins emportés sur les navires pour être consommés, s’échappaient parfois de leur cage. Rongeant les cordages ou la coque, ils provoquaient des dommages catastrophiques.

Les religions sont nombreuses à prescrire des interdits ou usages alimentaires à leur communauté. Ces usages, qui dans l’alimentation, peuvent avoir un caractère obligatoire ou être de l’ordre de la recommandation. Ils peuvent également se traduire de manière permanente (la non-consommation de porc chez les Musulmans, la séparation de la viande et du lait chez les Juifs) ou ponctuelle (le jeune pendant la période du Carême chez les Chrétiens). Bien souvent, le caractère religieux d’un usage se double d’un aspect économique.

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Sacrée vache !

En Inde, où elles sont considérées comme sacrées, on peut voir des vaches aller en toute liberté, dans les rues ou sur la route. Ce caractère sacré s’explique par plusieurs raisons. La vache fournit des produits sacrés : le lait et ses dérivés, l’urine et la bouse, qui, mélangés, sont considérés comme purificateur. La bouse est par ailleurs utilisée comme combustible, matériau de construction et engrais.

La préoccupation sanitaire des aliments a pu également générer des tabous envers certains produits qui font l’objet de plus de craintes (pas toujours justifiées) à l’égard de leur consommation.

À bas les abats

L’abat est l’exemple typique de produit dont la consommation est généralement évitée, principalement en raison de leur fonction « poubelle » de l’organisme. L’imaginaire collectif a donc conduit à rejeter naturellement ces glandes et organes. Il est effectivement vrai que le foie, les reins et l’intestin jouent notamment le rôle de filtre et ont une fonction de détoxication. Ces derniers peuvent donc bien stocker métaux lourds, dioxines, et autres contaminants. Pour autant, si un risque peut exister chez les très gros amateurs d’abats, il reste très faible pour les consommateurs occasionnels.

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Le super-colostrum

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Véritable super-lait dédié au développement du nouveau né, le colostrum est sécrété par les mammifères en fin de gestation, ce qui en fait le premier lait ingéré. Ce produit surpasse le lait dit « classique » par sa richesse en protéines, anticorps, vitamine A et minéraux. Pour autant, la réglementation française impose que le lait commercialisé n’en contienne aucune trace. Le colostrum est très peu ou pas vendu dans les populations occidentales possiblement en raison de son aspect jaunâtre et dense se différenciant de l’aspect communément admis du lait et générant ainsi un rejet des consommateurs.

L’écologie constitue aussi un facteur déterminant dans le choix des aliments consommés. La récente prise de conscience sur les enjeux environnementaux, ou d’extinction d’espèces animales a conditionné certaines évictions alimentaires.

Pas touche à la baleine

La chasse à la baleine a longtemps été pratiquée jusqu’au 20ème siècle, mais la raréfaction des espèces poursuivies a conduit à proscrire cette pratique pour la majorité des pays. En effet, une interdiction sur la chasse à la baleine a été adoptée en 1982 par la plupart des acteurs mondiaux. Actuellement, seuls quelque pays continuent de la chasser : le Japon (exclusivement dans le cadre de recherches scientifiques) la Norvège et l’Islande. Cette pratique est également tolérée pour la chasse dite “aborigène de subsistance” par les Inuits ainsi que quelques populations côtières d’Alaska, de Sibérie ou du Canada. Il est donc aujourd’hui très rare de pouvoir consommer ce met, surtout privilégié par les touristes en Islande.

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In vegan I trust

On y coupera pas dans cet article, le végétarisme et, de manière plus radicale, le veganisme ont largement fait muter nos pratiques, notamment alimentaires. Ce courant, né de la considération énergivore de ce mode de consommation existe dans les populations occidentales depuis quelques dizaines d’années. Celui-ci a été renforcé par les préoccupations plus récentes de Bien-Être Animal. Ainsi, manger de la viande constitue aujourd’hui pour certains une réelle atteinte à l’environnement et parfois à l’équilibre naturel.

©tasteofveganlondon.com

Sources :

http://www.leparisien.fr/espace-premium/air-du-temps/ne-dit-on-pas-lapin-sur-un-bateau-10-08-2013-3043127.php