Une fourchette pour Papa, une cuillère pour Maman..


La majorité des pubs à la télé montrent que ce que nous consommons est extrêmement genré. “Mais la bouffe n’est pas un objet de consommation comme les autres”, me direz-vous.

Détrompez-vous : les marketeux-ses exploitent des traits spécifiquement féminins et masculins pour rendre leurs produits appétissants : les yaourts et certains types de céréales sont vendus comme #healthy, légers et amincissants, tandis que les boissons énergisantes et les barres protéinées sont censées apporter puissance et force.

Même si ces influences socioculturelles vous semblent lourdes et démodées, elles finissent toujours par influer sur vos choix alimentaires.


Selon le génialissime Brian Wansink, directeur du Cornell University’s Food and Brand Lab et auteur de Mindless Eating: Why We Eat More Than We Think, les gens ont plus tendance à manger des aliments qu’ils associent à des qualités qu’ils aimeraient voir en eux-mêmes. Ce qui explique peut-être pourquoi nos préoccupations genrées jouent un rôle dans nos habitudes alimentaires.

Dans un papier publié dans le journal Social Psychology, des chercheurs canadiens ont trouvé que les femmes comme les hommes avaient davantage tendance à considérer des choix alimentaires #healthy comme féminins, et des choix #unhealthy comme masculins. Et, selon cette étude, les gens avaient moins tendance à apprécier des aliments qui n’étaient pas alignés avec ces stéréotypes de genre.

Ces résultats nous amènent aujourd’hui à vivre sous influence d’un imaginaire et d’une sémantique alimentaires ouvertement genrées, où ce genre de différenciation produit est possible :

Source : TumblR labrys-lazuli-blog

On en veut encore ? Pour plus de bouffe genrée, c’est par là !


Récemment, vous avez sûrement entendu parler du scandale des chips pour femmes (#LadyDoritos) : Pepsico s’apprêterait à sortir des Doritos moins croustillantes (pour ne pas faire trop de bruit en mâchant), qui laisseraient moins d’odeur sur les doigts, et dont le paquet rentrerait dans un sac à main.

Source : Youtube

Il n’en est rien ! En fait il s’agit, comme souvent sur ces questions de genre actuellement, d’une sur-interprétation bien-pensante (des tabloïds britanniques en l’occurence) d’une interview donnée par Indra Nooyi (la PDG de PepsiCo) à Freakonomics Radio, où elle parle des recherches effectuées par sa compagnie sur la manière dont les femmes consomment ses produits, en vue de répondre à ces habitudes par de nouveaux produits. Rien de plus.

Tweet officiel pour mettre fin aux rumeurs #LadyDoritos

Sources :

https://broadly.vice.com/en_us/article/59mz4n/how-gender-stereotypes-affect-what-you-choose-to-eat

https://www.slate.fr/story/157399/chips-doritos-femmes