Les humains aiment et ont besoin d’exprimer leur point de vue. C’est vrai pour la majorité d’entre eux, qu’ils se l’avouent ou pas. Entrez dans un bistrot au lendemain d’une élection ou d’un match important, vous verrez que c’est vrai pour presque tous.


S’il est une révolution que l’Internet grand public nous a apporté, c’est bien la possibilité de dire ouvertement et au plus grand nombre ce que nous pensons. Les personnes qui vivent dans des pays “plus difficiles” que les nôtres en matière de libre-expression savent bien ce que cela signifie.

Comme des enfants, nous avons appris avec les années comment apprivoiser les outils dont nous disposions ou que nous avons créé au fil du temps. Beaucoup ont commencé avec les Newsgroups et les forums, puis ont créé des “sites perso” qu’ils ont rapidement remplacé par des blogs et enfin, les médias sociaux…

J’ai suivi ce parcours moi aussi, sautant d’un concept à un autre, d’abord pour satisfaire ma boulimie de technologie mais aussi, à la recherche du Graal de l’expression personnelle.

Les blogs ont été la première réponse un peu sérieuse à ce besoin d’expression, offrant à tous ceux qui savaient écrire et aux autres, un espace libre et simple d’utilisation pour devenir son propre média, avec un défaut majeur inhérent à leur nature même : celui d’être centré sur eux-mêmes et plus précisément sur leur auteur.

Or, la force de l’Internet est dans cette capacité à prendre une information pour la partager très vite avec d’autres qui vont venir l’enrichir puis la relayer à leur tour. Le point central de cette idée est une alchimie bien dosée de communication et de collaboration.

Les médias sociaux, arrivés peu après, ont été une magnifique réponse à ce besoin, principalement pour le plus grand nombre incapable d’écrire dans la durée ou de trouver les mots justes. Leur succès repose sur une mécanique simple : Ils permettent de s’approprier, d’un simple RT ou Like, une idée ou une posture que d’autres vont magnifiquement exprimer avec des phrases ou une photo. Toutefois, ils ne sont que l’écho du message originel, son amplification, pas son ADN.


Cela fait des mois que je tourne autour de mon blog, à essayer de décider ce qu’il doit devenir. J’ai besoin d’écrire… et de savoir que je vais être lu, non pas par égocentrisme — non, non, je vous assure — mais pour m’obliger à m’appliquer, à utiliser des mots simples et à soigner ma grammaire. Toutefois, MON blog est centré sur MOI et non sur le message que je veux faire passer ; ce n’est toujours pas satisfaisant.

Et vint Medium… Je vous invite à lire la profession de foi d’@Ev qui est à l’origine de Blogger, puis de Twitter et maintenant, de Medium. Je crois en cette vision qui vient remettre le message et la collaboration au coeur du système me convient tout à fait.

Tu écris un article que tu ranges dans une collection — je viens de créer celle-ci pour ceux qui ne parlent pas Anglais — voir plusieurs, et que chacun peut venir enrichir de remarques.

De même, chaque auteur peut recommander un article, ce qui vient automatiquement le rendre plus visible pour tous. Ce système de recommandation est fondamental ; il va au-delà d’un simple Like en t’engageant véritablement, un peu comme un “endorsement”. Ainsi, la notion d’identité et de réputation, couple pilier de l’expression sur Internet joue son rôle pleinement.

Ce faisant, que son auteur soit connu ou anonyme, un article a toutes ses chances de toucher une large audience pour peu qu’il le mérite. Il peut trouver son public indépendamment de celle ou celui qui l’a écrit, indépendamment de la dose de marketing que l’on va y injecter.

J’adore cette idée.


Il est trop tôt pour savoir si Medium remplacera un jour mon blog. On ne change pas 8 ans d’habitudes bien ancrées en 5 minutes. Si je compare ma recherche d’une meilleure expression personnelle sur Internet à une quête du Graal, c’est bien parce qu’elle en a la difficulté comme la saveur.

Pour l’instant, je vais “donner sa chance au produit”, aider l’équipe de Medium à améliorer la plateforme en leur donnant mon feedback et voir si, ce faisant, j’y trouve autant de plaisir que j’en ai eu ces dernières années, à chaque nouveau pas vers mon idéal.