Le choix d’une société apaisée avec Emmanuel Macron

Si les contradictions sont nécessaires au débat démocratique, elles ne doivent pas devenir des armes de division massive.

La France est aujourd’hui traversée par une grave crise existentielle. La modernité laisse perplexes nombre de nos concitoyens qui sont rongés par un sentiment de déclassement et de perte d’identité. De l’ouvrier qui a vu son emploi disparaître pour partir dans un pays à plus faible coût de main d’oeuvre, à la jeunesse à qui on ne promet que sang et larmes pour l’avenir, en passant par les banlieues qui ressentent un réel sentiment d’injustice, d’abandon et d’exclusion, ce ressenti gangrénise toute la société. Conséquence, un processus de repli sur soi s’est mis en oeuvre.

La culpabilité de la classe politique française

L’amertume a malheureusement pris le pas sur la fraternité et aujourd’hui, la société française est plus fracturée que jamais. Certains dans notre classe politique l’ont bien compris et au lieu de les combattre, exploitent habilement les peurs et les doutes, attisant le ressentiment voire la haine des uns contre les autres. Autrefois circonscrite à l’extrême droite, cette attitude s’est peu à peu propagée dans la classe politique. “Racaille”, déchéance de nationalité, burkini, portion de frites, “patrons voyous”, j’en passe et des meilleurs… Le débat public en est pollué.

Ces fins électoralistes sont cependant dangeureuses pour la concorde nationale, notre démocratie et notre République. Mais, s’il a depuis quelques années atteint le sommet de l’indignité, ce mode de gouvernement n’est pas nouveau et est depuis trop longtemps le levier du pouvoir. “Diviser pour mieux régner”. Cette maxime est devenue à la fois le moyen de le conquérir mais aussi le conserver. Ouvriers contre patrons, ruralité contre territoires urbains, centres-villes contre banlieues, Paris contre Bruxelles, nationaux contre étrangers, hétérosexuels contre homosexuels, laïcs contre musulmans, gauche contre droite. Pour quel résultat ?

Avec Emmanuel Macron, la fraternité réhabilitée

La société en est fatiguée. Comme le disait Ernest Renan, “la Nation est un plébiscite de tous les jours”. Tous les jours, il faut la soigner sous peine d’engendrer d’irrémédiables déchirures et de graves divisions. Emmanuel Macron l’a bien compris. Il souhaite soigner cette volonté de vivre-ensemble et réhabiliter la fraternité, l’une des trois valeurs de notre pays. Une valeur essentielle, un objectif même, cependant trop souvent oubliée.

Comme Alain Juppé, Emmanuel Macron partage cette croyance, cette volonté de l’identité heureuse. Il veut apaiser et réconcilier les France entre elles. La République n’est-elle pas après tout “une et indivisible” ? Mais, entendons-nous, ce n’est ni de l’angélisme béat ni une négation des clivages inhérents à la vie démocratique. Au contraire, avec réalisme, il appelle à l’écoute et au dialogue avec toutes ces France pour qu’elles restent ancrées dans la République et ne se réfugient pas dans les bras d’habiles exploitants de misère ou de colporteurs d’un mirage d’une France au passé idéalisé.

Une marque de présidentialité

Cette nouvelle manière de faire de la politique est sa marque de fabrique, mais aussi le coeur de son projet. La bienveillance, l’ouverture, le dialogue sont les valeurs qui guident son action. Oui, cela peut être parfois déconcertant pour certains d’entre nous, comme lorsqu’il appelle à l’écoute de ceux dont les convictions personnelles les plus profondes ont été heurtées par le mariage pour tous. J’ai d’ailleurs moi-même été sécoué.

Mais, dans ce contexte de crispation sociale, il est important de prendre du recul et de nuancer. Ne jetons pas à notre tour de l’huile sur le feu. Ecouter ne veut pas dire partager ni cautionner, mais prendre en compte et représenter. Représenter tous les Français, n’est-ce pas le rôle du Président de la République ? Ce faisant, Emmanuel Macron prouve ainsi qu’il a entièrement saisi l’essence de la fonction présidentielle : un arbitre au-dessus des partis, le garant de la représentation nationale.