Pour Emmanuel Macron, le numérique et la ruralité ne sont pas antinomiques

Lors du meeting de Lyon, quand j’ai entendu Emmanuel Macron prononcer ces phrases : “notre projet de fraternité des territoires, c’est un projet d’égalité (..), en nous battant pour le numérique (…), je veux que cette France de la Ruralité soit une France de la réussite française” ; j’ai enfin vu un homme politique ancré dans le 21ème siècle reconnaissant les problématiques numériques du monde rural.

Alors que urbains et ruraux ont presque le même taux d’équipement en ordinateurs et smartphones, ont les mêmes usages (e-commerce, accès à la culture, à la télé-administration, etc), nous, ruraux, avons l’impression d’être isolés par le manque de réseau. Pourtant, nous habitons sur le même territoire, la France.

Je vis dans un département rural, l’Ardèche, où la vitesse de connexion à Internet peut être excessivement lente, où l’Internet mobile passe de la 4G au Edge en un instant sans que l’on se déplace, où une conversation téléphonique peut être coupée trois fois selon où l’on se trouve, etc… Or, le numérique est une composante essentielle de notre vie quotidienne que nous soyons jeunes, adultes ou seniors.

Le numérique permet d’éviter une désertification rurale : les jeunes étudiants peuvent revenir le week-end, continuer leurs recherches et avoir accès à la culture. Les transports en commun étant peu développés, beaucoup de jeunes utilisent des applications telles que Blablacar pour se déplacer.

Le numérique permet de lutter contre les déserts médicaux via la télé-médecine et la mutualisation entre les médecins, les soignants, les maisons de retraite, les Ehpad, les entreprises de services à la personne. Il favorise la coopération entre l’hôpital public et la médecine de ville.

Le numérique permet de rendre le territoire attractif. Les communes, les offices de tourisme, l’hôtellerie, les gîtes peuvent communiquer sur les atouts du territoire en termes touristique, culturel et architectural. Les agriculteurs peuvent vendre leurs produits en circuits courts ; ils peuvent développer une économie collaborative. Les artisans et créateurs peuvent vendre leurs œuvres plus facilement. Les entreprises peuvent développer des emplois et des marchés ; des espaces de co-working peuvent être créés. L’innovation et la recherche sont ainsi développées.

Au final, il est essentiel de comprendre que l’un des problèmes majeurs de la ruralité au 21ème siècle est l’égalité numérique. Elle conditionne les politiques d’aménagement d’un territoire. Elle permet le désenclavement d’un territoire et de le revitaliser. Etre connecté ne signifie pas perdre son identité rurale.

Même si le raccordement au numérique a un coût très important pour les territoires ruraux, je suis convaincue qu’il s’agit d’un investissement pour l’avenir. Pourquoi ne pas proposer comme Emmanuel Macron l’a souhaité dans son projet culture que des grandes plateformes numériques telles que Google, Amazon, Facebook, Apple soient sollicitées, aux côtés de l’État, pour apporter leur contribution. Cela commencerait déjà par le paiement juste de l’impôt en France.