Pour une politique du sport, facteur d’émancipation et de bien être individuels et collectifs

La prise en charge politique du sport, y compris lors des campagnes électorales, demeure relativement modeste. Cet état de fait se comprend aisément au regard des enjeux majeurs concernant l’avenir de notre société. Il peut également s’expliquer si l’on circonscrit le sport à sa dimension spectaculaire dont l’exemplarité et les valeurs sont trop souvent battues en brèche par des suspicions ou des errements concernant les institutions qui l’organisent voire la crédibilité de certaines performances réalisées.

Le sport en France, c’est d’abord une pratique régulière pour près de 65 % de la population, près de 16 millions de licenciés dans des clubs sportifs et plus de 3 millions de bénévoles qui font vivre ces clubs.

Cela étant, le sport en France, c’est d’abord une pratique régulière (au moins une fois par semaine) pour près de 65 % de la population, près de 16 millions de licenciés dans des clubs sportifs et plus de 3 millions de bénévoles qui font vivre ces clubs. C’est aussi 1,74 % du produit intérieur brut dont la majeure partie est issue des dépenses des ménages. C’est enfin l’investissement progressiste et humaniste de dizaines de milliers de militants (élus, dirigeants, éducateurs, médecins, universitaires, …) pour un sport, facteur d’éducation, de santé, de culture et de citoyenneté, au service de la promotion de la personne humaine et du développement du lien social et accessible au plus grand nombre des citoyens du monde. Cette question de l’accessibilité est en effet essentielle dans notre pays où les inégalités perdurent voire tendent à s’accroître aux dépens de résidents de territoires défavorisés, de familles aux revenus modestes, des femmes, des seniors et des personnes dont l’état de santé ou le handicap ne correspond pas à l’offre dominante.

Les programmes des principaux candidats à l’élection présidentielle de 2017 s’accordent sur l’affirmation de grands principes fondés sur cette analyse assez consensuelle, à l’exception notoire de Mme Le Pen qui instrumentalise le sport pour servir ses priorités nationalistes et xénophobes. En témoigne sa proposition de « soutenir les petits clubs » non pour développer les pratiques et réduire les inégalités d’accès mais « afin de permettre la présence d’un maximum de joueurs français dans les clubs professionnels ». Les 15 propositions formulées par F. Fillon (dont une visant la création d’une « Haute Autorité de l’intégrité sportive », incongru clin d’œil à l’actualité…) présentent l’inconvénient majeur de se situer en décalage voire en contradiction avec la politique conduite, en la matière, par son Gouvernement entre 2007 et 2012.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron présente des propositions cohérentes et ambitieuses autour d’une priorité (titre de son programme) « Pour une pratique sportive accessible à tous » et de déclinaisons fonctionnelles réalistes pour sa mise en œuvre. Il en est ainsi :

  • de la négociation d’un accord national interprofessionnel qui réduira les disparités d’accès entre les femmes et les hommes mais aussi entre les cadres et les salariés les plus modestes ;
  • du rapprochement entre les pratiques scolaires obligatoires et les pratiques « civiles » volontaires qui limitera les « décrochages sportifs » à l’entrée dans la vie active ;
  • d’un engagement résolu des pouvoirs publics en faveur des pratiques pour la santé, particulièrement pour celles et ceux qui en ont le plus besoin,
  • d’un effort conséquent de mise à disposition d’équipements ouverts à toutes les formes de pratiques.

Ces engagements sont indissociables d’une profonde réforme de la gouvernance qui optimisera l’intervention de chaque acteur public (Etat et collectivités territoriales) et privé (mouvement sportif et entreprises) dans son cœur de métier et qui lèvera les multiples contraintes institutionnelles (le Code du sport comprend, actuellement, plus de 300 articles législatifs…) qui paralysent les énergies et les initiatives.

Ils s’accompagneront de mesures en faveur de la formation d’une élite sportive performante et exemplaire et d’un encadrement apte à répondre à la diversité de la demande sociale.

Positionnée parmi les pays les plus performants quant au ratio de la dépense publique sportive par habitant, la France dispose de tous les atouts pour mettre en œuvre ces priorités sans altérer son soutien aux missions d’intérêt général remplies par le spectacle sportif, le sport de haut niveau et le sport professionnel. Cet objectif d’équilibre entre « le sport qui se pratique » et « le sport qui se regarde » peut raisonnablement être atteint dans la dynamique générale du projet d’Emmanuel Macron, en matière de contractualisation des droits, des devoirs et des responsabilités avec tous les acteurs qui voudront bien y contribuer.

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