Présidentielle 2017: le scrutin majoritaire à un tour!


A une cinquantaine de jours du scrutin, tous les sondages s’accordent à dire que rien n’est joué.. Rien, sauf apparemment la présence de Marine Le Pen au deuxième tour…

La conséquence majeure de cet état est primordiale et les français doivent en avoir conscience : en réalité, tout sera joué le 23 avril au soir!

En 2002 déjà, l’éparpillement des voix de gauche avait permis au père dans la famille Le Pen de se hisser au second tour, et pour la première fois sous la 5ème république, celui-ci ne se résumait pas au traditionnel duel gauche-droite.

Au second tour, Jacques Chirac l’avait emporté grâce au report massif des voix de gauche qui avaient préféré appliquer le concept du front républicain plutôt que de laisser le champ libre au candidat du front national.

Il faut ajouter qu’à l’époque les programmes de Lionel Jospin et de Jacques Chirac présentaient des similitudes sur le projet européen et aucun des deux n’était fondamentalement axé sur les dogmes classiques du clivage gauche/droite, ce qui avait contribué au flou dans lequel les français n’avaient pas pu se positionner au premier tour.

Cette campagne ne ressemble à aucune autre

Mais nous sommes en 2017 et cette campagne ne ressemble à aucune autre. Déjà, les «affaires» qui surgissent de toutes parts ont profondément décrédibilisé le système et entamé la confiance des électeurs en leurs hommes politiques. Cette défiance n’est pas nouvelle mais cette fois, les français ne veulent plus d’une classe politique qui se comporte comme la représentation d’une nouvelle monarchie de droit divin; d’une caste politique au dessus des lois et ignorante du quotidien de ceux qui les choisissent, car le système fait qu’une fois élus, ils en sont coupés.

Les français veulent être gouvernés par quelqu’un qui les comprend et qui sait ce qu’est un «travail» au sens commun du terme.

Ce qui est nouveau et dangereux est également le sentiment de la non-reconnaissance par le système bi-partisme du mal être de la classe moyenne; il peut avoir comme conséquence une élection du FN qui apparaîtrait pour celle-ci comme la dernière bouée de sauvetage afin de ne pas tomber dans la pauvreté.

Cette campagne a de fortes chances de voir éclater à son terme les deux grands partis historiques, incapables de dépasser leurs clivages pour prendre dans chaque idéologie ce qui peut aider à refonder un projet national.

Réactiver le concept du «vote utile» dés le premier tour

Dépasser les clivages, c’est ce que fait Emmanuel Macron, et je suis prête à voter pour quelqu’un dont les propositions ne me favorisent pas spécialement à titre individuel, du moment que je pense que celles ci peuvent apaiser les tensions et permettre d’éviter un repli identitaire qui amènerait selon moi au pire à la guerre civile, au mieux à une montée de l’insécurité.

Mais il faut pour cela que les français comprennent les enjeux de ce premier tour et réactivent le concept du «vote utile» dés le premier tour en plébiscitant Emmanuel Macron.

Il n’y a pas pire que deux qui n’ont rien à perdre… La méconnaissance de cette réalité a porté Trump au pouvoir; et en France l’aveuglement de Hamon, Mélenchon et Fillon pourrait ouvrir la voie de l’Élysée à Marine Le Pen. En effet, en cas de second tour Le Pen/Fillon, il n’est pas du tout sûr que les voix de gauche se reportent sur Fillon qui incarne une droite dure et décrédibilisée. Idem si un mariage Hamon/Mélenchon venait à unifier les courants de gauche: les électeurs de Fillon ne se retrouveraient pas dans cette candidature.

Un président par défaut ?

Même en cas de défaite du Font National au profit de l’un ou l’autre camp traditionnel, peut-on réellement relever les défis des 5 ans à venir en étant élu par défaut? Je ne le pense pas. Emmanuel Macron ne serait-il pas lui aussi un président par défaut ? Je ne le pense pas non plus grâce à cette volonté de dépasser les clivages. Le fait que son électorat soit qualifié de volatile me paraît à la fois normal et également gage de réussite :

Normal, parce qu’en étant pas «encarté», il est forcément composé de gens qui soit, se sont sentis récemment interpellés par la politique, soit de gens qui tout en étant encartés ailleurs ne se reconnaissent plus là où ils sont.

Gage de réussite, car le fait d’amener à «marcher», cette partie de la nation qui ne se sentait pas représentée permet d’introduire des forces neuves dans le jeu politique. 200 000 adhérents au mouvement en Marche en moins d’un an, c’est colossal!

Rien ne se passe comme d’habitude, d’ailleurs je fais partie de ces français qui ne se sont jamais engagés en politique.. J’ai toujours voté (quelquefois à contre-cœur mais en pensant très fort aux suffragettes qui se sont battues pour que j’ai ce droit de vote!).

Croyez moi, l’enjeu est important et je m’en voudrais de ne pas participer activement cette fois… d’où ce post…