Les pépins d’un voyeur 2/4


2.1 De l’autre côté de la serrure

Je retourne à ma serrure. Il ne s’y passe plus rien d’intéressant, Anna étudie jusque tard dans la nuit. Las de rentrer bredouille, je me promets dès demain de tenter le début de soirée, sitôt qu’Anna sera de retour.

Mon instinct ne m’a pas trompé. Comment n’y ai-je pas songé plus tôt ? Anne se dénude entièrement, passe un large t-shirt sur un bermuda de coton, puis s’installe à sa table de travail.

Je frappe à la porte sous un quelconque prétexte. Pas de réponse. Ou si, quelques instants plus tard, lorsque je m’éloigne dans le couloir. « Oui, qui est-ce ? » Je retourne sur mes pas. La porte s’entrouvre. « Euh… C’est moi Gustave, je voulais vous porter quelques bandes dessinées, vous m’aviez dit que vous aimiez ça ? » Anna acquiesce d’un oui étouffé. « Je les ai oubliées, comme je suis distrait ! Je reviens dans un instant ». Je crois deviner un sourire narquois dans la semi-pénombre. « Alors tant pis, demain, si ça ne vous dérange pas », dit-elle en fermant la porte.

Le lendemain me revoici, fidèle au poste, l’œil rivé sur la serrure. Anna ne tarde pas à retirer ses vêtements. J’effleure le loquet dans l’espoir de signaler discrètement ma présence. Anna ne semble pas m’avoir entendu. Entièrement nue, elle s’attarde debout près de son lit, face à la porte. Je peux alors voir le haut de ses jambes, son sexe soigneusement épilé et sa généreuse paire de seins. Paupières baissées, elle se penche pour attraper son bermuda puis me tourne le dos et se dirige lentement vers le fond de la pièce. Oh ! Une croupe splendide, des fesses larges et d’un charnu que je ne soupçonnais pas. Elle finit par passer sa tenue de nuit et s’assied à sa table. Je la laisse, penchée sur ses livres.

Quand, le jour suivant, je présente mon œil, le trou de serrure est opaque, ma vue bouchée par le tissu d’un vêtement. Déçu mais pas surpris, je ne touche pas au loquet et m’en retourne à pas de loup. Le voyeurisme est une passion capricieuse, tout vient à qui sait attendre.

Trois fois, elle a banni mon regard en obstruant la serrure. Je crois que c’en est fini de notre petit jeu quand… dans mon dos j’entends un appel éloigné : « Vous êtes là ? » Je me dirige vers la salle de bain. Et de nouveau, le ton incertain : « Vous êtes là ? Venez voir ».

Anna est accroupie sur le rebord de la baignoire, jambes croisées et fesses en l’air. Mon regard glisse sur le voile de chair sombre autour de son anus, la fente close de son sexe protubérant, puis se porte sur sa chevelure en désordre sur son dos.

— Le robinet est coincé.

— Ah bon ?

Je suis presque forcé de me plaquer contre elle pour atteindre le robinet que j’ouvre sans résistance. L’eau tiède coule abondamment.

— Oh, merci ! fait-elle, je vais pouvoir me laver.

Raide sous mon pantalon, je presse ses hanches entre mes mains.

D’un coup de fesses, elle me repousse, fait volte-face et s’asperge placidement sous mon nez.

— Ne restez pas là comme un voyeur !

— Non, non, bien sûr, fais-je promptement.

— Revenez quand j’aurai fini.

C’est chez Anna que je vais de ce pas me poster. J’entre dans sa chambre et m’allonge accoudé sur son lit défait.

Elle finit par revenir. Entièrement nue, elle s’approche et me toise en souriant du haut de ses longues jambes, les mains sur ses hanches élargies par la perspective. Sa chevelure, rejetée sur son épaule, caresse son sein. Ses tétons pointus, la boursouflure de ses lèvres rougies par l’épilation, la fente de son fruit s’exhibent un instant sous mon regard incisif.

Elle se détourne pour saisir son téléphone.

— Prenez-moi en photo !

— Avec plaisir, surtout ne bougez pas, vous êtes parfaite.

Mon doigt touche l’icône blanche du déclencheur, une, deux, trois fois. Je lui rends le téléphone qu’elle regarde attentivement.

— Quel œil, Gustave ! Merci.

— Splendide, dis-je en avisant ses lèvres tuméfiées — elle avait dû se faire plaisir dans la douche.

— Vous n’avez qu’une idée en tête, Gustave.

— Ah bon, laquelle ?

Ça. Vous n’avez cessé de me chercher. Dès le premier jour, je me suis sentie observée par le trou de la serrure. Puis votre manège…

— Et vous vous êtes prêtée au jeu.

Elle rougit soudain puis se reprend.

— Vous avez gagné, je me suis laissée voir.

— Non sans plaisir ?

— Par un inconnu, cela ne m’était encore jamais arrivé.

— Vous faites pourtant de jolis selfies. Vous les montrez ?

— De temps à autre sur l’internet. Anonymement. Mais avec vous, ce n’est pas la même chose, pas de virtuel…

— Vous m’offririez une photo ?

— Vous m’avez vue sous toutes mes coutures, ça ne vous suffit pas ?

— Allons, une seule, juste pour moi. Tiens, sur le parquet !

Sans mot dire, Anna s’allonge sur les lattes de bois ciré et me tend le téléphone.

Elle étire langoureusement ses jambes, élève ses cuisses, joue des pieds dans le vide, entrouvre ses fesses, expose sa fente charnue. Plus rien désormais ne semble la retenir. Je la photographie à la hâte et plonge mon nez dans cet entrejambe, le hume, le lèche puis le bois tout entier. Anna se laisse faire haletant de plaisir. Insatiable, Anna en redemande. Je reprends mon souffle et la broute sans répit ; elle va jouir.

Je l’aide à se relever. Elle m’enlace. Sa main glisse dans ma braguette et s’empare de mon roseau qu’elle manie tout en douceur, avec une surprenante habileté. Elle me pousse sur son lit, retire mon jean et me tourne le dos, prête à s’empaler. Je ne vois plus que la rondeur de ses fesses, sa raie, ses hanches et sa chevelure au loin sur ses épaules. Elle va et elle vient, les mains appuyées sur mes jambes, les pieds au sol, je fixe un grain de beauté sur son derrière imposant, la courbe de ses hanches, je vais venir en même temps qu’elle… quand soudain je pense au selfie. Je parviens à me retenir, ma main trouve miraculeusement le téléphone abandonné sur le parquet. Je ne sais comment j’arrive à cadrer l’image parfaite de mon fantasme, puis j’éclate en même temps qu’Anna.

Achevée, repue, elle me pousse lentement hors d’elle et se relève. « Votre selfie », dis-je, épuisé. Elle prend l’appareil et se regarde longuement, figée en pleine action.

« Très beau, Gustave », me dit Anna les jambes ouvertes avec une pointe d’émotion tandis qu’entre ses lèvres glissent les premières coulées de ma sève.


2.2 Décidément aucune retenue !

Lorène, quant à elle, ne recule devant rien pour créer l’évènement.

Elle a fait une chute en VTT. Un épais bandage immobilise pour plusieurs semaines sa jambe droite du haut du genou à mi-tibia. Les premiers jours, elle doit garder la chambre, où les visites de ses nombreux amis parviennent mal à adoucir son ennui.

Le temps lui semble si long qu’elle ne sait plus quoi inventer…

Romain et Jean-Marc viennent juste de quitter sa chambre, je les raccompagne puis vais lui rendre une petite visite.

Je la trouve entièrement nue, son bandage blanc lardé de graffitis laissés par ses visiteurs. Sa jambe valide presque à angle droit, elle semble somnoler. Un peu gêné de mon intrusion, je fais demi-tour puis me ravise.

— Lorène !

— Oui… fait-elle d’une voix fatiguée.

— Lorène, c’est ainsi que tu as reçu tes amis ?

— Non, j’ai très chaud, je me suis mise à l’aise.

— Si vite, avec ta jambe immobilisée ! Tu te moques de moi ?

— Bon, bon, ça va, Romain et Jean-Marc m’ont envoyé un texto pour dire qu’ils allaient venir et j’ai voulu m’amuser un peu.

— T’amuser un peu ? Tu les as reçus toute nue ?

— Oui, pour voir la tête qu’ils feraient…

Je sens son ton incertain.

— Tu es cinglée, ma parole !

— C’est des copains, Papa !

Son corps est en sueur, son visage empourpré. Je pose mon regard sur son sexe ouvert, humide, le poil en bataille.

— Lorène, qu’as-tu fait avec ces garçons ?

Elle se dresse sur son oreiller, sort de sa torpeur apparente et me répond fermement :

— J’ai couché avec. Je suis poly, si tu veux savoir.

Poly ? Tu couches avec tout le monde ?

— Pas avec n’importe qui, être poly, c’est choisir. Où est le mal ?

Je vide les lieux sans un mot. En y repensant, ce n’est pas la première fois, depuis qu’elle est alitée, qu’elle reçoit des garçons, tantôt un, tantôt deux… Poly ?… Moi, je ne retiens qu’une chose : Lorène est une fille facile.

Je m’explique mieux maintenant ses siestes porte ouverte, ses lectures sensuelles, ses attouchements impudiques dans le jardin.

J’en parle à Tricia.

— Elle doit avoir un copain, il a filé lorsqu’il t’a entendu arriver, dit-elle d’un ton insouciant.

— Non, elle en a plusieurs ! Notre fille est une pute ! Ouvre les yeux !

— Une pute ? s’exclame ma femme interloquée.

Je suis sûr qu’elle en sait bien plus long. Lorène se confie toujours à sa mère, à fortiori sur ces questions-là.

— Pas étonnant, avec les lectures que tu lui donnes ; je viens de lire La femme de papier

— Ça t’a plu ?

Je hausse les épaules.

Oui j’ai aimé, quel bouquin ! Mais je me tais.


2.3 Élia l’invitée

Dégoûté du comportement de Lorène, je rends visite à Raoul, mon meilleur ami, histoire de me changer les idées.

Pas si facile.

En effet, Raoul et Marlène ont une invitée : Élia.

Ô heureuse coïncidence ! La présence d’Élia m’électrise.

Sitôt arrivé (je vous disais que les voyeurs ont souvent de la chance), je vois… Élia de dos, nue au balcon. Sa chevelure brune cascade librement sur ses épaules. Elle ne m’a pas remarqué derrière elle. Je mate à loisir son corps svelte et sa petite paire de fesses bien fermes. Il est vrai qu’il fait très chaud. Mais, oublie-t-elle que la balustrade ne parvient qu’à la hauteur de ses jambes, juste au-dessous son sexe ?… Serait-il épilé ?

Ensuite, dans le jardin, sous prétexte de cueillir une fleur sauvage, elle se penche et tend impudiquement ses fesses.

— Qui est cette Élia, Raoul ? demandé-je.

— La fille d’un ami, nous l’avons connue toute petite et maintenant elle est grande, dit-il en partant d’un gros éclat de rire. Elle a un entretien d’embauche en ville demain, nous ne pouvions pas refuser de l’héberger.

— Surtout qu’elle aime se montrer…

— Elle nous a demandé la permission, elle est naturiste.

— Dans ce cas… fais-je en souriant.

— Demain, dit Marlène, la femme de Raoul, Élia doit être en pleine forme, il ne faut pas la stresser.

— En attendant, elle arrête pas de nous allumer, fait Raoul.

— Oui… dis-je évasivement.

Raoul m’arrache à mes divagations imprégnées d’érotisme.

— Ah maintenant c’en est trop ! grogne-t-il.

Il pose son pastis et, d’un pas décidé, traverse le jardin, saisit Élia par le bras et l’entraine dans la grange. Marlène fronce le sourcil.

Nous entendons soudain une succession de bruits secs.

— Il perd la tête ! crié-je.

— Je ne crois pas, dit Marlène, glaciale.

Je me lève et me dirige vers la grange, moins inquiet que déçu de n’avoir pas attrapé la belle à la place de Raoul. Le son se précise, ce sont bien les mains de Raoul en train de s’abattre sur la chair d’Élia.

Un bref silence, puis la volée de claques reprend de plus belle, mêlée cette fois aux gémissements de la jeune fille. Le battant de vieux chêne entrouvert me révèle Élia sur la paille à quatre pattes et Raoul qui la pénètre sans cesser de la rosser.

La rudesse de l’assaut n’a pas eu raison d’Élia. « Oh oui ! Vas-y, vas-y ! » vagit-elle en cambrant son arrière-train, défouloir de la fureur du mâle auquel Élia, à son tour enragée, s’accouple sans vergogne.

Je m’éloigne avec un sentiment doux-amer et rejoins Marlène affairée dans la cuisine. En proie à une colère impuissante et sourde, je pelote un instant ses longs seins ; puis me ressaisis avant qu’elle ne réagisse.

— Il lui met le feu aux fesses ! crâné-je en ricanant.

— Le feu, elle l’a allumé dès son arrivée…

— Après tout, elle a bien le droit de se promener nue si ça lui chante !

— Je l’ai vue grandir, c’est une fille toute simple, nature, quoi.

— Moi, je ne suis pas contre.

— Toi, toi… « Mais regardez-moi cette pécore ! » c’est tout ce que tu as été capable de répéter en te léchant les babines, me dit Marlène d’une voix gouailleuse.

— Oui… J’aurais mieux fait de la sauter.

— Aucune chance !

— Et pourquoi donc ?

— T’es pas le genre. Élia, ta pécore, n’a cessé de réclamer son dû. T’as pas saisi, conclut Marlène.

À SUIVRE. Ou bien… impatient(e) de connaître la suite ? LES PÉPINS D’UN VOYEUR est disponible sur Amazon | Kobo | Apple