Les pépins d’un voyeur 4/4

4.1 Lorène en vacances

Crédit photographique Sarah Sharp — Unsplash

L’hôtel reste peu fréquenté à cette époque de l’année, nous prenons nos vacances en mai pour éviter la cohue et les exagérations des mois d’été. À ma plus grande joie, Lorène a accepté cette fois-ci de nous accompagner.

Je m’éveille tard. Il doit être onze heures du matin. Ma femme est sans doute déjà à la plage en compagnie de Marlène et Raoul. En attendant que l’on monte mon petit-déjeuner, je m’accoude au balcon qui donne sur une piscine aux contours irréguliers. J’aperçois Lorène complètement nue sur la margelle blanche, les bras étendus en arrière. Une jambe légèrement repliée sur l’autre laisse entrevoir son étroite toison qui jure sur la trace claire de son maillot absent.

Soudain, le déclic en rafale d’un appareil photo me fait tressauter. Accoudés au balcon d’en face, deux garçons regardent fixement Lorène. Le photographe, lui, doit être planqué ailleurs !

Lorène referme un peu ses jambes, étire son pied gauche et poursuit, indifférente, sa séance de bronzage. Hors de moi, je hurle :

— Lorène, remonte immédiatement ou je viens te prendre par la main !

— Eh, ça va, pas la peine de beugler, maugrée-t-elle, consentant enfin à se lever.

Elle se dresse, lentement, comme pour révéler toutes ses formes aux mateurs, et marque un temps d’arrêt, seins pointés dans leur direction. Les regarde-t-elle derrière ses immenses verres de soleil ? Puis elle leur tourne le dos affichant sa paire de fesses à leur intention — ils ont déjà eu le loisir de l’examiner de face, exposée sur le bord de la piscine, me dis-je fou de jalousie. Ma propre fille !

Quand Lorène s’assied face à moi, dos au balcon d’en face, mon café fume, mais je n’en ai plus aucune envie.

— Où donc te crois-tu ? fais-je sombrement.

— En vacances.

— Ce ne sont pas des façons, bredouillé-je face à un tel aplomb.

— C’est toi qui nous a proposé des vacances naturistes, non ?

Rouge de colère, je l’attire à moi et la gifle au-dessus des toasts et de la confiture d’oranges amères.

— Non mais, ça va pas, Papa !

Debout, hors de ma portée pour éviter une seconde gifle, elle reprend :

— Si les mateurs veulent mater, c’est leur affaire !

— Ah oui ! Tous ces vicelards à leur balcon, ça ne te dérange pas ?

— Y’a pas grand monde ici, faut pas exagérer, fait-elle.

— Tu as été photographiée par on ne sait qui, et cette graine de voyeurs planqués qui bandent comme des ânes !

— Photo-photo, et qu’ils bandent, aussi fort qu’ils pourront ! Je ne connais même pas leur visage.

— Tu fais de la porno, t’en rends-tu compte ?

— Arrête ton char, Benhur ! lance-t-elle dans un éclat de rire. Si tu n’étais pas mon père, tu serais le premier à triquer !

— Fous-moi le camp, disparais, je ne veux plus te voir de la journée, petite trainée !

Elle s’éloigne et retourne à la piscine où elle pique un plongeon et se met à faire des longueurs.

Tête basse, j’empoigne ma tasse de café froid.

Bon, maintenant où est ma femme ?

Je descends et arpente le bord de mer. En vain.

Je prends place à une terrasse à même la plage et commande un bourbon.

Je fulmine encore de la conduite de Lorène. J’avale le premier verre cul sec ; puis un second. À quatre pattes sous un parasol, une brune en string, dont l’étroite bande rose fluo dissimule tout juste l’intimité, s’agite jouant de ses fesses fermes et bronzées. Pire que nue. Dans mon short, ma tige durcit.


4.2 Toi et ce nabot

Soudain je t’aperçois. Tu remontes la plage de galets aux côtés de ton nabot de mari, un petit tout poilu. Certes, mes bras courts et ma face de lune ne m’avantagent pas… mais tout de même. Tu es bien trop imposante pour ce minus, vous n’allez pas ensemble !

Tes petits seins durs encore blancs, tes hanches puissantes, ta touffe noire lovée au creux de tes cuisses… Tout cela mérite mieux, ricané-je en scrutant l’horizon à la recherche de ma femme.

Mon seul effort sera de t’adresser la parole. Tu es étendue sur la plage, il joue au volley-ball à quelques centaines de mètres. Je ne m’attendais pas à te trouver là. Je t’ai tout de suite reconnue, tu es le canon que j’ai remarqué tout à l’heure. Puis-je prendre le soleil en ta compagnie ? Tu acquiesces d’un air détaché. J’apprends en te questionnant que vous êtes ici pour une courte semaine. Tu te révèles rieuse, terriblement désirable. Je veux gober tes seins, empoigner tes hanches, manger ta touffe. Je me retiens.

Allongés face au ciel bleu, le dos sur les galets, nous ne parlons plus. J’ouvre ton tube de crème antisolaire et d’un air interrogateur approche ma main de ton ventre. « Je ne bronze pas vite », dis-tu sur un ton convenu. C’est donc oui ? Je glisse ma main sur tes cuisses pour t’enduire jusqu’aux orteils. Je remonte, verse de l’onguent sur ta poitrine et me mets à malaxer tes petits seins blancs. Je les sens se raidir, leurs pointes s’érigent.

Les groupes de plaisanciers sont assez éloignés les uns des autres, je m’enhardis. Mes doigts effleurent ton sexe, tes jambes se ferment. « Je suis mariée ! » souffles-tu. Il est trop tard… et tu le sais. Tu te tournes alors sur le côté, le dos près de mon visage. J’en profite pour t’enduire cuisses et fesses.

Ma main revient entre tes jambes. Mes doigts glissent entre tes lèvres humides. Je cherche ton clitoris. Tu soupires. Mon index pénètre dans ton fourreau et rencontre enfin le sommet de ta fente. Tu lâches un gémissement. Je poursuis mes aller-retour, tu t’ouvres tout grand. Le fruit est mûr.

Tu rabats le drap de bain sur nos corps et ta main s’empare de mon manche, long et raide. Tu l’agites comme un milk-shake, de haut en bas, de bas en haut. Et obstinément, tu poursuis. Veux-tu m’achever ainsi ? Je dois t’interrompre tant mon excitation est forte. Nos corps se pressent l’un contre l’autre, j’entre en toi. « Oh ! Donne-moi cette chatte, donne-moi… » imploré-je en t’embrassant. Je m’agite sous la grande serviette ; jambes en V, tu geins et gémis tandis que je me propulse de plus belle au tréfonds de ton puits. « Nique-moi, nique-moi, oui, ensemble, ensemble, ensemble ! » lâches-tu au bord de l’orgasme. Et nous exultons.

J’ai retiré la serviette. Pleine, tu gis allongée au soleil. Mon nectar s’écoule de tes lèvres béantes, fils de nacre incertains sur ta brune frondaison, quand j’entends des appels dans mon dos.

— Lisa, Lisa !

Le nabot, de retour du volley, s’approche à grands pas.

Elle se dresse et lui fait un signe en souriant.

Essoufflé, le nabot est sur nous. Il va demander qui je suis. Mais Lisa se lève, lui prend la main, et, majestueuse nymphe, l’entraine vers la mer.

Je les regarde de dos s’éloigner, comme je les ai vus de face arriver, quelques heures plus tôt. Je contemple à regret le mouvement de ces larges hanches que je n’ai pas eu l’occasion de saisir. Lisa, puisque je connais ton nom désormais, Lisa, une bonne levrette te ferait plus de bien qu’une trempette dans l’eau salée…

Je me lève et m’éloigne de ce couple décidément mal assorti. Il n’y aura pas de levrette, mon sperme ne tardera pas à se dissoudre dans la mer et Lisa, en parfaite épouse, m’aura vite oublié. Bah, on peut lui pardonner. De face, elle était si bonne !

Tiens, je retrouve enfin Tricia en compagnie de Marlène et Raoul ! « Et les amis, où vous cachiez-vous donc ? » lancé-je jovial.


4.3 Marlène

Mon instinct premier reprend le dessus : je mate sans relâche.

Fausse blonde sauvage accoudée sur un rocher verdâtre, paupières baissées, tu examines ton entrejambe semi-écarté et je regarde ton sexe. Une large bande de poil noir s’arrête net au sillon rose de tes lèvres parfaitement dégagées, pour être vues de tous, coquette coquine ! Les poignets ornés de bracelets argentés, tu portes aussi deux bagues à tes doigts aux ongles vernis. À ton insu, tu dardes tes petits obus fermes tout droit vers moi.

Plus loin, deux filles souriantes tiennent dans le creux de leurs mains les coquillages qu’elles viennent de ramasser. Aussi croquante l’une que l’autre. Pourtant, mon choix se porte immédiatement sur la douce aux seins en poire garnis d’aréoles proéminentes, larges, charnues. Des seins qui rendent fou.

Je ne sais plus où donner du regard.

Tournant le dos à la piscine d’eau douce, une jeune femme face à moi se penche. Sa queue de cheval se découpe dans le ciel, de son buste pendent deux fruits frais. Elle retire innocemment ton slip. Le tissu vert amande, déjà à hauteur de ses genoux, laisse voir son bas-ventre épilé, l’encoche de son sexe fermé…

De quoi en faire un roman, me dis-je. Mais ce n’est pas demain la veille, la soif de mater prend le pas sur tout.

Et justement, je me surprends à mater la femme de Raoul, chaque jour davantage.

Découvrir Marlène nue a été un véritable choc. Je ne la soupçonnais pas si belle plante.

Certes, ses seins m’avaient toujours bouleversé et je m’étais même abandonné à les peloter furtivement pendant que Raoul corrigeait à ma place cette petite dévergondée d’Élia… Mais pour l’heure, la réalité dépasse mon imagination : Marlène est dotée d’une splendide paire d’ogives ! Parfaitement écartées, elles pointent dangereusement sous mon regard, du matin au soir.

Au soleil couchant, Marlène s’étend à plat ventre sur le versant de la dune, comme dissimulée aux regards ; pas au mien. Je reluque avec délice ses formes parfaites sur le sable frais du crépuscule. Spectacle interdit — si Raoul savait… Fesses larges, rondes à souhait, cuisses pleines, mollets fermes, pieds longs et fins. Mon œil remonte, s’arrête sur le secret de sa raie, épouse son tour de hanches généreux, sa chair blanche, disponible. Marlène recèle des merveilles ignorées, ah discrète bombe !

Le soir, la télé ne m’intéresse pas. Mon spectacle reste Marlène — j’ai trouvé la place idéale, légèrement en retrait sur sa gauche — , le profil de son sein, son dos et ses jambes, sa peau.

Chaque matin, je vénère le cul de Marlène, particulièrement quand elle s’avance dans la cuisine pour préparer le café. La célèbre chanson me hante comme une litanie dont je ne peux me défaire :

Ton style, c’est ton cul
Ton style, c’est ton cul

Mais, au fil des jours, l’ambiance devient secrètement abrasive, Marlène fuyante. Je ne la sauterai pas.

Je laisse la convivialité bon enfant reprendre le dessus. Puis nos vacances s’achèvent. Demain, il nous faut rentrer travailler.


4.4 Gode save my queens

À la maison, la reprise du train-train quotidien s’avère pleine d’embûches…

Nous avons fait les courses et préparé une salade au saumon. Je descends au salon siroter un porto quand j’entends un bruit à la fois étrange et familier. Ça vient de la chambre d’amis, pourtant inoccupée. Ni locataire, ni jeune fille au pair en ce moment, mais je glisse tout de même un œil dans le trou de la serrure.

Ciel, ma femme ! Tricia, à genou sur le lit, chevauche un godemichet rose, long comme une belle bite. Le visage projeté en arrière, se frottant un sein, elle ahane au rythme de son va-et-vient endiablé.

Je… Je n’ose l’interrompre.

J’ignorais qu’elle… Je… Je n’en crois pas mes yeux : je compte pour du beurre.

Le lendemain au petit-déjeuner, elle me reparle de cette robe de fine dentelle blanche, hors de prix, qu’elle convoite depuis un certain temps. Moi je ne pense qu’au gode, en aurait-elle d’autres, une collection dissimulée quelque part ? « Je t’offre cette robe, dis-je. Samedi, nous irons dîner en ville, tu l’étrenneras. »

Les évènements se précipitent.

Rentré à l’improviste, je fais une nouvelle découverte, encore plus déconcertante. Lorène nue accroupie dans le salon, haletante, les yeux clos, s’empale sur… un godemichet. Ma fille aussi ? Sauf que, à la différence de sa mère, l’objet lui pénètre profondément l’anus.

Lorène, se croyant seule à la maison, n’a pas remarqué ma présence.

Mortifié, je regagne la chambre conjugale et tire la porte en silence. Par contre Lorène, elle, en fait, du bruit. À plusieurs reprises, il me faut l’entendre crier son plaisir.

Sitôt qu’elle passe à la salle de bain, je reviens au salon. Le sex-toy trône debout sur la moquette au centre de la pièce. Je n’ai jamais vraiment prêté attention aux jouets sexuels. Celui-ci ressemble à un piston en faux cuivre, une sorte d’amortisseur de voiture. Je le palpe ; la matière est ferme, douce et… abondamment enduite du suc de ma fille. Je respire mal. Je quitte la pièce à pas de loup. Lorène ne s’est aperçu de rien.

Quelques jours plus tard, je cherche un vêtement dans la commode que je partage avec ma femme quand ma main rencontre l’objet que je ne connais que trop. Les questions soudain fusent dans mon esprit. Tricia emploie-t-elle aussi ce godemichet ? L’a-t-elle chipé à Lorène ? Ou, pis encore, emprunté en connaissance de cause ? Mère et fille seraient-elles complices dans l’administration du plaisir solitaire, dans mon dos ? Ma femme a-t-elle encouragé, voire initié, notre fille à ce drôle de jeu ?

Voyeur, oui. Mais mari et père.

Je suis hors course.


4.5 Toute en dentelle

Je rentre du travail, le dîner n’est pas prêt et la cuisine à l’abandon. « Tricia, Tricia ! » crié-je sans réponse. Où est ma femme ? Je me dirige vers la chambre d’amis et pousse la porte légèrement entrebâillée. Et, là où j’ai maintes fois vu Anna, je trouve ma femme s’essoufflant à califourchon sur un type… dont je ne veux pas voir le visage.

Je descends me faire une soupe préfabriquée.

Mes pensées se brouillent. Tricia a un amant. Ce n’étaient pas des craques. Ma femme couche à la maison. Et comment ça ?… Par-derrière aussi ?

Un moment plus tard, juste quand le film va commencer, Tricia apparait nue, baignée de sueur. Elle sait donc que je sais ?

Mains sur les hanches, sourire aux lèvres, elle me toise toute guillerette : « Je ne suis pas celle que tu crois… »

Je ne réponds rien. Elle va se doucher. Hébété, je zappe sur toutes les chaines.

Puis la revoici.

— Décidément, on ne peut pas regarder la télé tranquille dans cette maison !

— Regarde plutôt ça, c’est du porno, dit-elle en me tendant son téléphone.

Je regarde.

Scène tournée en extérieur. Tricia porte des talons à pointe noirs avec la robe de fine dentelle que je lui ai offerte. Elle lève une jambe qu’elle pose sur un objet hors champ, remonte la dentelle sous laquelle elle est nue, puis se cambre pour tout montrer à la caméra : son trou au creux de ses fesses, son sexe aux lèvres pendantes. Elle regarde l’objectif d’un air aguicheur, satisfaite de son effet. Puis c’est un gros plan où, longuement, goulûment, elle suce une bite. J’entends l’homme glousser, puis râler comme cerf. « Oh… salope ! » lâche-t-il en se libérant dans la bouche de ma femme. Les amants échangent quelques phrases, à peine audibles dans le bruit de la circulation. Je crois cependant reconnaitre une voix familière. Non !… Le ton monte. Le visage dégoulinant de Tricia s’assombrit. En proie à une rage soudaine, elle s’exclame : « Et mon cul, idiot ! Qu’est-ce que t’en fais maintenant de mon cul, Raoul ? »

Raoul. Mon sang ne fait qu’un tour.

Avant que ma main ne s’abatte pour la gifler, Tricia me jette effrontément : « Vous nous baisez jamais quand on veut ! Il est pas mieux que toi ton Raoul, tu as vu ! »

FIN. (Mais… si vous souhaitez me récompenser, LES PÉPINS D’UN VOYEUR est diponible chez Amazon | Kobo | Apple).