Les employés de startup, des investisseurs comme les autres

“Mais comment j’ai fait pour faire autant d’erreurs de casting !?” : c’est ce que je me disais naïvement il y a 5 ans quand j’étais entrepreneur. Bien sûr, en tant que CEO j’ai fait beaucoup d’erreurs de jugement. Mais je me rends compte que mes ex-salariés, en me choisissant, avaient eux aussi leur part de responsabilité.

Aujourd’hui le rapport de force entre entrepreneurs et employés s’est inversé, car les entreprises, même les plus grandes, ne sont plus toutes puissantes.

  • les cycles économiques sont devenus plus courts car les entrepreneurs peuvent désormais s’attaquer à des marchés qui paraissaient jusqu’alors intouchables. En deux ans, Kodak est passé de plusieurs milliards de chiffres d’affaire à 0, faute d’avoir opéré le tournant du numérique dont ils étaient pourtant à l’origine. De même Uber a divisé par 5 le marché des taxis à San Francisco, qui est passé depuis son arrivée de 500 à 70 millions de dollars. Mais dans le même temps, Uber a porté son propre marché à un milliard de dollars.
  • Les rapports de force sociaux dans l’entreprise ont changé. L’ère industrielle, marquée par ce que Durkheim appelait la division sociale du travail, est en passe d’être révolue. Le niveau d’éducation très élevé à notre époque permet la fin de l’hyper-spécialisation et d’une aliénation sans fin. Fini aussi l’impératif d’un capital énorme pour démarrer une activité. Il n’a donc jamais été aussi facile de devenir entrepreneur !

L’ère entrepreneuriale dans laquelle nous vivons a complètement réécrit les règles du jeu.
C’est à vous, futurs employés de startups, de miser sur un entrepreneur, et de choisir en toute liberté de bosser pour lui.

Lion a été créé précisément pour cela : donner les meilleurs outils aux employés de startups pour se repérer dans ce nouveau monde entrepreneurial, non pas comme des salariés passifs du monde d’avant, mais comme des futurs investisseurs passionnés et responsables.


Si vous n’avez pas eu l’occasion de postuler à cette deuxième session de Lion, voici un avant-goût de ce que l’on apprend :

Voici d’abord les raisons pour lesquelles vous ne devriez PAS rejoindre une startup :

  • Parce que les grands groupes c’est nul. On ne peut choisir de travailler en startup par défaut, à cause d’un mépris infondé des grands groupes. La rationalité à l’oeuvre dans un grand groupe ou dans une startup n’est pas intrinsèquement meilleure que l’autre, elles sont juste radicalement différentes. On ne conduit pas un paquebot comme une petite embarcation. Choisir le monde des startups devrait toujours être un choix culturel.
  • Parce que je veux bosser dans une entreprise à taille humaine. Une startup qui reste à taille humaine, c’est une startup qui meurt ! Le but d’une startup c’est de croître, et ce, le plus rapidement possible. Si vous cherchez à bosser dans une petite entreprise, la PME est faite pour vous.
  • Parce que c’est les startups, c’est cool. Oui en startup on peut venir bosser en hoodie, oui on n’est pas obligé de pointer à telle ou telle heure, parfois même il y a une table de ping pong. Pourtant, l’investissement demandé pour y travailler et y progresser est immense. Il y a toujours trop à faire et peu de moyens, impossible de se planquer car tout le monde le verrait ! Ne rejoignez donc pas une startup pour vous reposer.

Aujourd’hui je vois une bonne raison de rejoindre une startup : se prouver qu’on est à la hauteur d’une aventure humaine. Souvent, le mérite vient après une opportunité et c’est particulièrement vrai en startup. Les tâches sont tellement nouvelles ou inattendues qu’on n’est souvent pas à la hauteur des responsabilités confiées. Mais on peut le devenir a posteriori. Et c’est une des expériences les plus gratifiantes dans une vie.


Contrairement à un investisseur classique qui peut diversifier ses risques en plaçant sa confiance dans plusieurs startups en même temps, un employé de startup ne peut miser pleinement que dans une seule à la fois. D’où l’intérêt de bien choisir dans quelle startup investir son temps.

Soyons clairs : il n’existe pas de critère infaillible pour déterminer ce qu’est une bonne startup ou une mauvaise startup.

Par contre il existe pas mal de fantasmes sur le sujet, et à Lion on espère vous faire perdre vos illusions. Depuis le succès de Facebook et de Mark Zuckerberg, on pense souvent qu’un bon entrepreneur doit porter un hoodie au travail. Or ce n’est pas le hoodie qui a fait réussir Mark Zuckerberg, il a réussi malgré le hoodie !

Choisir une startup c’est comme choisir son partenaire : ce qui compte c’est l’alchimie, il n’existe pas de bon coup absolu.

Mais voici quelques caractéristiques (qui relèveront pour vous du bon sens si vous avez suivi Lion) d’une startup où il fait bon vivre et investir pour un employé :

  • la passion débordante et communicative d’un fondateur. Les bonnes startups sont fondées par des personnes qui croient si fort à ce qu’elles font qu’elles parviennent à ce que leurs équipes se donnent corps et âme dans le projet. Sans une bonne locomotive, le train n’avancerait pas ! Miser sur la relation humaine est souvent un bon choix.
  • La cohérence d’un entrepreneur. Ce n’est pas à vous de décider de la stratégie à suivre dans une startup. C’est le rôle des fondateurs. (D’ailleurs si vous sentez souvent le besoin de remettre en question la vision dans la startup où vous travaillez, c’est peut-être que vous devriez en fonder une vous-même). En revanche, vous devez vous méfier des entrepreneurs qui sont incohérents dans leur démarche, qui poursuivent des objectifs contradictoires entre eux, ou qui n’ont pas d’objectifs clairs. Cela va sans dire mais ça va mieux en le disant : on ne rejoint pas une startup qui a l’air d’aller dans le mur !
  • Un climat de confiance et de transparence. Une startup n’est pas une secte, même si parfois de l’extérieur on peut en douter… Je veux dire par là que pour des raisons d’efficacité, il est très important que l’information circule pour tous. La connaissance ne doit pas être seule réservée aux fondateurs, car il n’y a rien de plus contre-productif que de recevoir des ordres sans en comprendre la raison. Evidemment, cela doit marcher aussi dans l’autre sens : les employés ne devraient pas retenir l’information, préserver des secrets ou tenter de cacher les problèmes qu’ils rencontrent. Recherchez une startup où l’information circule facilement, que ce soit verticalement ou horizontalement.
  • Une rémunération équitable. Il est important de savoir reconnaître une rémunération juste, à appréhender de manière globale, c’est-à-dire en comptant le salaire et l’équity (la possibilité de recevoir des actions de la boîte)… 
    Mais ce sera l’objet de la prochaine séance de Lion !