Dans cette photo, vous avez un visionnaire, une personne qui réfléchit à son business model et un autre qui crée du contenu.

Lion — Saison 3, Jour 8 : Créer du contenu et comprendre l’évolution du business model

Vivez la (dé)formation comme si vous y étiez.

Temps de lecture estimé : 11 minutes

Samedi 25 février 2017.

Aujourd’hui, pour cette dernière journée nous allons parler de la stratégie des contenus, évoquer ce qu’est l’exécution opérationnelle pour certaines startups et comprendre les bases du business model afin de savoir pourquoi il est sujet à autant d’évolutions.

J’ai choisir de vous résumer les cours suivants :

Dans cet article, vous allez découvrir :

  • Pourquoi il faut sauver un chat pour générer un meilleur engagement auprès de vos lecteurs.
  • Pourquoi il faut absolument s’entourer des meilleurs dans leur domaine pour avancer vite et dans la bonne direction.
  • Pourquoi un business model n’est jamais définitif et qu’il a besoin d’être remis en question pour trouver sa part de marché.

Création et rédaction de contenus

Séance par Kyle Hall, English Wordsmith TheFamily

Le contenu est une affaire de longue traîne. Ça parlera toujours à votre place 24/7.

Définir un ton, faire entendre sa voix, comprendre le pourquoi et le comment de l’activité d’une startup, le créateur de contenu a un rôle éminemment stratégique lorsqu’il s’agit de faciliter l’expression des idées sous la forme appropriée envers un public-cible, il capte l’authenticité — la seule matière brute sur laquelle s’appuyer au début de toute aventure entrepreneuriale.

Kyle travaille à TheFamily depuis 1 an, il a été sollicité depuis le jour où l’infrastructure a décidé de publier du contenu exclusivement en anglais afin de se positionner comme un des leaders d’opinion à l’international.

Kyle est aussi le garde-fou éditorial de certaines startups ou il aide à définir une stratégie éditoriale qui puisse s’aligner au mieux avec le ton, le produit et le marché de la boite. Au cours de cette séance, il nous a partagé son expérience dans la production de contenu.

Qu’est-ce qu’on entend par contenu ? Il s’agit de tout ce qui est sujet à être exprimé dans un format qui diffuse un message partant d’une intention et qui produit de la valeur. Elle peut revêtir plusieurs formes que ce soit pour un site web, une landing page, un blog, de la publicité, la presse, des photos, de la vidéo, l’explication d’un produit, un scénario, une infographie, etc.

Tout est sujet à contenu, mais tout le monde est différent. Parce que vous n’avez pas les mêmes besoins que les autres. Si vous avez une startup qui fait du SaaS ou B2B, il n’est pas nécessaire d’avoir un compte Instagram. D’où l’importance de réfléchir à la base : pourquoi on fait ce qu’on fait ? Quel est le but de cette boite ? Un contenu ne vient jamais de nulle part et il sert toujours les intérêts de quelqu’un ou d’un groupe.

« Les gens jugent les livres par sa couverture. Nous pouvons avoir le meilleur produit, la meilleure qualité, le logiciel le plus utile ; si nous le présentons d’une manière moyenne, il sera perçu comme moyen ; si nous le présentons de manière créative et professionnelle, alors nous en infuserons les qualités désirées. »
Mike Markkula, employé numéro 3 d’Apple

Les règles d’or

Sauver le chat : C’est-à-dire générer une émotion, une volonté pour qu’on veuille vous suivre. Il faut permettre aux gens de créer un lien intellectuel avec l’histoire que vous racontez. Donnez la raison pour laquelle les gens doivent rester avec vous (problème → solution → récompenses). Dans une économie de l’attention, ceux qui savent capter un public sont très valorisés.

Créer de la valeur : si vous lisez ce que vous faites et que vous trouvez cela moyen, alors qu’en est-il de vos lecteurs ? Demandez-vous toujours qu’est-ce que vous êtes en train de donner comme valeur à votre lecteur ? Expliquez le problème que vous résolvez en introduction puis proposez la solution pour y remédier. Le bon contenu est éducationnel et répond à des besoins.

Si vous ne savez pas par ou commencer, faites un mood board (planche des tendances) : il s’agit de savoir ce vers quoi on veut tendre, d’aller dans la direction choisie. Que ce soit des mots, des images, des citations, tout ce qui est matière à inspiration suffit pour informer aux autres le sentiment vers lequel vous souhaitez tendre pour développer un concept.

Créer du contenu est constant : il faut que cela ait une place dans votre calendrier parce que sinon vous délaissez cela très rapidement. Si un blog n’est pas mis à jour, le lecteur croit que la boite est morte. Être régulier et discipliné est essentiel dans l’écriture pour contribuer à l’accessibilité des savoirs (référencement), avoir un indice de progression mesurable et précis, et aboutir à de grands résultats sur le long terme.

Le contenu est un pari sur l’avenir : qui se traduira tôt ou tard par des sollicitations que vous ne soupçonnez pas. Lorsque vous publiez du contenu, vous vous rendez visible, vous améliorez votre référencement, vous améliorez votre qualité d’expression, vous vous enrichissez à moindre coût et surtout c’est quelque chose que personne ne peut vous retirer ! Créer du contenu, c’est extraire du néant pour produire quelque chose qui n’existait pas encore.

Les choses à éviter :

  1. Constamment changer le registre et le ton : les gens qui écrivent doivent toujours garder le ton. Votre individualité personnelle s’efface pour servir la vision de la startup.
  2. Une mauvaise gestion des comptes : plus une boîte grossit, plus elle doit gérer plusieurs communautés (utilisateurs, clients, fournisseurs, équipes) en s’adressant à elles avec les bons mots et la bonne approche.
  3. Les fautes : ce sont des petits obstacles qui font tache et peuvent parfois traduire un manque de sérieux. En anglais, voici quelques ressources : Grammarly (module web) ; Ludwig Guru (trouver des phrases) ; Google translate pour traduire des documents techniques ; un ami ou un fan pour une bonne relecture et collecter des retours extérieurs.

L’exécution pour les nuls

Séance par Firmin Zocchetto, CEO de Payfit

La croissance et le succès de Payfit tiennent en un seul mot d’ordre : l’exécution. Firmin a écrit un article sur le sujet. Pour vous résumer :

Guider l’exécution par une feuille de route : pour faciliter l’ensemble des actions vers la stratégie commune et les objectifs individuels. Payfit utilise deux outils pour la définir : Trello et ZenHub (pour l’équipe tech). Les objectifs y sont classés selon leur échéance à court, moyen ou long-terme.

À l’échelle individuelle, différents outils sont utilisés pour stimuler l’exécution. Les scorecards sont des fiches individuelles qui listent les tâches et objectifs de chacun. Cela permet d’être au courant de ce que les autres font. Les scorecards sont aussi utiles dès l’étape du recrutement afin de définir le profil dont la startup a besoin.

Un système de rémunération et de bonus transparent : pour calculer le salaire ou l’equity de ses employés, Payfit utilise une formule simple et connue par l’équipe (inspirée par Buffer). Les potentielles tensions liées à la rémunération et l’equity sont ainsi évitées.

Imposer son style d’exécution. Chez Payfit, cela se traduit par éviter au maximum les réunions pour n’agir que vers l’essentiel. Tous les lundis, une newsletter est envoyée pour permettre à tous d’être à jour. Pour gagner en efficacité, ils ont crée leur propre langage de programmation : le JetLang.

L’importance du leader. Dans chaque unité, des référents cadrent l’exécution par leur leadership. Ils inspirent les troupes, transmettent les valeurs de l’entreprise et instaurent les bonnes pratiques. Comme rite initiatique, Payfit forme ses salariés aux raccourcis clavier et ils doivent lire deux livres : « Delivery Happiness » et « Who : The A Method for Hiring ».

Pour obtenir la meilleure exécution, il faut les meilleurs éléments. Payfit accorde beaucoup d’attention à son processus de recrutement. La startup a rapidement investi dans le domaine en confiant la tâche à une personne dédiée à la recherche de A players, soit les meilleurs profils.

Essayer, apprendre, célébrer. Mieux vaut essayer vite que réfléchir longtemps car l’apprentissage des bonnes pratiques se découvre aussi en tâtonnant l’échec, et les bons exécutants savent en tirer parti. L’idée est de donner de la visibilité à la réussite pour favoriser la motivation. À chaque vente conclue, une cloche résonne dans les locaux de Payfit.

Ajuster son business model pour générer du revenu

Séance par Frédérique Castagnac, Directrice Marketing Azendoo

Transformer une grande idée en une affaire juteuse, optimiser son entreprise pour répondre au mieux aux besoins de ses clients, le business model est vital dans la définition de n’importe quel business pour ajouter de la valeur dans la vie de vos clients.

Un business model correspond à formuler des hypothèses pour déterminer comment une entreprise crée de la valeur pour vendre ses utilisateurs. Si ces hypothèses sont valides, elles permettront de générer une source de revenus prédictible, profitable et réplicable qui va avoir des implications sur toute l’organisation de l’entreprise.

Au cours de cette séance, Frédérique Castagnac nous a présenté les piliers pour développer un business model en nous racontant comment Azendoo est parvenu à se faire une place dans un marché extrêmement concurrentiel.

Les piliers du business model

Un business model commence avec un groupe de clients, des propositions de valeur et des canaux sur le marché. Les entreprises ont beau avoir différentes activités, leur objectif reste le même : créer et délivrer de la valeur à leurs clients pour générer du revenu. Selon le marché visé (de masse ou de niche), la proposition de valeur doit proposer la meilleure solution pour répondre au problème de votre client.

Une proposition de valeur peut dériver d’un ou plusieurs facteurs. Plus le marché est concurrentiel, plus la différence se joue à des détails de niche. Azendoo s’est focalisé sur le développement d’un outil de gestion de tâches collaboratif à travers une interface simple et facile à utiliser.

Trouver des canaux pour atteindre et s’engager avec vos clients. Une fois que vous avez défini votre marché et votre proposition de valeur, il faut savoir comment leur présenter votre offre de la façon la plus adaptée, ça peut être une vitrine, un site web ou une équipe de vente dédiée. Comment vos clients pourraient entendre parler de votre produit et l’utiliser ? Pensez-y.

Un service client au top. Il est crucial de bâtir une relation de confiance avec vos clients parce qu’ils déterminent de la valeur de votre entreprise. Un client mécontent peut laisser un avis défavorable sur vos services ce qui peut nuire à votre réputation et à terme vous faire perdre de l’argent.

Il est important de réfléchir à la manière dont vous allez communiquer avec eux et ce que vous êtes prêts à faire pour obtenir entière satisfaction (des partenariats pour réduire les risques et/ou proposer un excellent produit).

Un flux de revenus pour nourrir la croissance. Il existe trois manières de générer du revenu :

  1. Des transactions : un paiement ponctuel, comme lorsque vous payez pour un livre.
  2. Des revenus récurrents : qui résultent de paiements répétés comme des abonnements mensuels pour utiliser des services comme Azendoo, Deezer ou Netflix.
  3. Des frais d’utilisations : qui changent en fonction de comment un client utilise votre service. Par exemple, plus vous utilisez de données sur votre téléphone, plus vos frais d’utilisations seront élevés.

Définir comment vous accédez aux ressources dont vous avez besoin. Cela peut être des ressources physiques (matières premières, serveurs, objets), des ressources humaines (expériences, compétences) ou des ressources intellectuelles (droits d’auteur et brevets).

Un business model doit prendre en compte une structure de coûts. Certaines entreprises sont axées sur les coûts, tandis que d’autres sont axées sur la valeur. Les modèles économiques fondés sur les coûts reposent sur le principe que les coûts devraient être maintenus aussi bas que possible.

Cela peut être réalisé en réduisant la quantité de service fourni à vos clients en utilisant des systèmes automatisés (EasyJet). Toutes les autres compagnies aériennes justifient leurs prix élevés parce qu’elles offrent à leurs clients un service d’une plus grande valeur.

Penser comme son client. Pour faciliter cette réflexion, vous pouvez utiliser la carte de l’empathie pour tracer tous les aspects de l’expérience de votre potentiel client lorsqu’il pense et utilise votre produit. Il s’agit d’habiter la subjectivité d’autrui pour le comprendre au mieux.

Définir vos personas. Il s’agit d’un profil fictif de vos clients idéaux qui détaillent leurs caractéristiques démographiques, leur âge, leur état matrimonial, leur revenu et leur statut social. En vous posant les bonnes questions, vous aurez les bonnes réponses pour deviner des souhaits latents et des besoins que vos clients ne soupçonnent même pas.

Écrire des scénarios : en imaginant comment vos clients pourraient faire à un problème en utilisant votre produit (conception d’onboarding pour faciliter intégration). Vous pouvez aussi imaginer le monde auquel vos clients pourraient faire face à l’avenir. Azendoo est parti d’un constat simple : nous passons plus de 5h par jour à consulter des informations (emails, communication, organisation) qui nous détournent du vrai travail.

Un business model n’est jamais définitif parce qu’il est sans cesse remis en question par le marché avec l’arrivée de nouveaux produits, de nouveaux usages et de nouvelles tendances.

L’important au début consiste à tester, exécuter et mesurer l’impact avec un tracker pour analyser les données et valider les hypothèses formulées en amont. Par conséquent, tout business model innovant ne se décrète pas, mais se découvre en tâtonnant l’échec et l’expérimentation.

Pour en savoir plus, vous pouvez aussi consulter Koudetat, la formation en ligne de TheFamily pour découvrir une nouvelle vision de l’entrepreneuriat.