Nuit debout, nuit alcoolisée

Journal d’un mec lambda (billets d’humeur, comptes-rendus d’escapades nocturnes et d’histoires à la con)

Une révolution aux relents de graillon (Photo : Florian Delhomme)

Moi, je suis ni de gauche, ni de droite, d’ailleurs je suis ambidextre. Ce que je voudrais, c’est que tout le monde soit heureux, satisfait, épanoui. Liberté. Égalité. Fraternité. C’est mon truc. Bien sûr, le bonheur c’est épisodique, personne n’est heureux 100% du temps. Mais j’aimerais qu’en faisant le bilan de sa journée, sa semaine, du mois ou de l’année écoulée, on ait plus de bons moments que de mauvais, que le sentiment global soit positif. C’est pas trop sorcier ce que je demande.

Ça fait un petit moment déjà que la première manif contre la loi du travail a eu lieu et depuis, #Lanuitdebout à pointé son nez place de la République. Entre le boulot, les raids dans la Darkzone cf. The Division, et le mauvais temps… je n’y suis allé qu’aujourd’hui, jeudi 7 avril, vers 23h. À force de voir les tweets et les stream Periscope défiler, j’ai sérieusement commencé à croire qu’il s’y passait quelque chose et que j’étais en train de louper le train de la révolution. Déception.

Moi, j’ai jamais cru aux révolutions qui démarraient avec de la bière et des sandwichs merguez. Désolé.

Ce n’est qu’une kermesse qui a pris de l’ampleur. Les gens dansent, picolent, essayent de baiser, tout ça ponctué par des débats où chacun refait le monde — à l’image de soirées entre amis. Il y a aussi des mecs trop bourrés qui veulent se mettre sur la gueule. Et puis des gens aux cheveux sales qui tentent sans arrêt de t’gratter des pièces pour se payer d’la tise. Étrangement, ils n’ont jamais rien à partager, ça va toujours dans le même sens. J’aime mon prochain. J’aide mon prochain à mon humble niveau. Mais faut pas me prendre pour un con.


Je suis un réaliste, et les bons sentiments ça ne suffit pas. Je pense sincèrement que les gens ont besoin de la nuit debout, non pas pour changer la société, ça demanderait trop d’effort. Mais pour souffler, laisser s’évacuer la pression, partager, échanger, se donner le faux sentiment de militer IRL. Se créer des souvenirs communs qui avec les années se transformeront en légendes. Du genre : “Non, mais à mon époque on était super engagé politiquement, pas comme les jeunes d’aujourd’hui. Génération nuit debout… »

En attendant c’est une super opportunité pour activer Tinder, mais aussi engager le contact avec de jeunes étudiantes issues de la Sorbonne. Tu sais… ces « intellectuelles » qui militent à 18 ans et finissent par bosser dans la publicité à 25. Sans oublier toutes ces femmes avec plus de bouteille, dont la libido va monter en flèche à cause de l’esprit bohème qui émane de cette foire d’empoigne. Je n’ai pas le cœur à l’ouvrage mais pas d’inquiétude, à l’heure où j’écris ces lignes, d’autres sont déjà en train de charbonner.