Journal Nocturne: Entrée #12
Ou le cock-block à talons hauts…
La musique talonne ma tête aussi vite que le rhum entame sa descente aux enfers. Les enfers parce que je brûle. Je brûle pour lui. Je brûle pour J. qui me regarde de l’autre côté de la piste de danse, comme si je suis un objet de fascination. Il me regarde avec le désir, le désir wild d’un gorille trop horny pour vivre ou même s’endurer. Mais le chien! Il ne bouge pas. Je vais le chercher et me montrer trop disponible? Le chercher et me faire estamper la petite étiquette du gars trop facile? Et si il refusait? La honte. La seule chose que je ne savais pas…c’est que la honte n’allait pas tarder à subvenir aussi prestement qu’une armée de démons écrasant Mustafa dans le Roi Lion. D’accord, pas des démons, des animaux cornus, mais j’avais 5 ans à l’époque, et au cinéma, je ne vous raconte pas le trauma. La honte allait surgir comme une belle mère curieuse dans un jeu de couilles, pas un chien dans un jeu de quilles. C’est alors qu’elle créa la débandade comme une éjaculation précoce de spontanéité sous son expression la plus primale: ta meilleure amie saoule… La démone que tout le monde évite avec un air de dégout, celle qui marche comme un ours en patins avec un air semblable à celui d’une personne qui se colle la bouche sur le tuyau d’un aspirateur (come on, nous avons tous fait ça au moins une fois). Elle va gicler. C’est inévitable.
Tu sais quand ta meilleure amie est juste trop saoule et arrive à se vomir dans les cheveux — personnellement je ne vois pas comment elle à réussit à joindre ses extensions, une bouillie de McDonald et de la Vodka ensembles, mais bon — , en chialant que tous les beaux gars se mangent entre eux — désolé pour le show, j’ai flanché pour ses yeux verts -. La seule chose que tu trouve à faire c’est de lui envelopper la tête dans un sac de poubelle emprunté au bar pour éviter que le vomi coule de partout ou qu’elle crie/respire, si seulement elle avait arrêté de respirer, mais que malgré tout elle réussi à te faire honte devant le gars que tu date, qui est juste trop chaud et qui te mange des yeux comme jamais, en criant “YOLO” et vomissant d’avantage sur le trottoir, tu te dis que t’as hâte que le weekend finisse, mais tu as droit à une scène de l’exorciste. Celle où Linda Blair fait une Pub pour le Géant Vert en tapissant les murs de vomi. Du vomi ou du jus de démon. Je dois le laisser là, ce gars qui m’as fait bruler au style de l’inquisition espagnole (j’aurais peut-être tout avoué sans rien en tirer), sachant qu’il a un scénario de film porno dans la tête dans lequel je déchire un oreiller avec mes dents avec un close-up final sur une substance qui ressemble à un mélange à crêpes ou du spectro-gel. Note de l’Éditeur: Ne dites pas à vos parents que vous avez lu cela, vous allez être dans la dèshe! Mon devoir d’ami ruine ma vie sexuelle. Depuis quand une fille saoule est un “cock-block”? Ha oui j’avais presque oublié, à force d’agir en tant qu’ami, que je mange la même chose qu’elle.
Mais ELLE! Encore quand tu la raccompagne en taxi, que tu dois la mettre en sous-vêtements et la pousser dans le fond de la douche avec une chiée de Herbal Essence sur le top de la coiffe imbibée de bile…qu’elle hurle une chanson de Mara Tremblay et se débat comme un TA de saumon qui remonte le courant …et alors son père, un homme qui pourrait autant faire partit d’un gang de motards que d’écraser mon crâne entre ses bagues de Harley, surgit en se demandant si elle va survivre…c’est bien une chose. Qu’il me remerçie d’être son “Ass-Guardian” (ok oui il est fan de Marvel) ça en est une autre. Alors oui sa fille est là nue comme un vers, enfermée dans la douche et en train de s’étouffer avec des bulles et son maquillage — qui est arrivé deux minutes avant elle au club tellement il était épais — qui était maintenant ruisselant. Alors au final, nous avions un show de Gene Simmons avec d’énormes seins qui balbutie “Le Printemps des Amants” de Mara Tremblay.
C’est alors qu’elle tombe endormie. Dans une position digne d’enfants jouant à “Docteur Mélangé”, assise sur ses mains, la tête entre les genoux, les pieds croisés. Bref, la position du lotus pas encore fleuri. Lui il est encore là. Alors que je me prépare à quitter la salle de bain il me dit “Tu t’en vas où?”. C’était le signe indéniable que j’étais pris avec elle, , elle était encore sous ma responsabilité comme je l’ avait conduite au bar. Il quitte pour se coucher, moi je dois tirer cette vadrouille défraichie du crachoir. Quelle sensation étrange de tenir une jeune fille, de quelques années plus jeune, dans son costume trois-pièces de naissance trempé. J’ai essayé de ne pas penser à une grosse larve d’escargot. J’ai vraiment essayé. Je t’adore chérie, mais tout ce qui guide en l’intimité d’une femme pour les hommes de mon espèce incite une pensée vers le…ohh…euh…Le V-Neck de la Sandwich? L’Antre de l’Écart? Le sourire du Kraken? Le taco Medium-Rare? Bref je n’ai pas été capable de manger au Subway pour quelques semaines après cela. Je ne fais que la pousser dans le lit, lui enfile une paire de bobettes (tu aurais pu me dire dans quel sens vont les brésiliennes franchement!). Oui les gars, j’ai vraiment mis des sous-vêtements à mon amie, mais comme je suis plus que merveilleux, j’ai choisi des brésiliennes en dentelle bleue. Pas n’importe quel bleu: bleu aqua. Il fallait agencer avec le bronzage. Faut-il que je pense à tout?
Et au petit réveil, tu voulais me refuser une petite ballade au Dairy Queen. Au réveil à 3 heure PM. Tu ne voulais pas aller au “Dairy Fucking Queen”. Mais devine quoi, tu savais que la bataille était perdue d’avance parce que j’allais te faire monter dans ta voiture pour que nous allons manger un “Blizzard aux Fucking Oreos” — comme s’ils n’était pas assez fourrés les Oréos — et passer du temps sobre ensemble. Tu étais affalée sur la table du stationnement, avec un air de vieille chatte abattue par un convoi de transports. Arrachée et silencieuse. J’ai eu la gâterie la plus délicieuse au monde. Non seulement le Blizzard était orgasmique, mais l’arrière goût de ton “Walk of Shame” était le Nutella qui tartinait ma vie, la Crème Brûlée qui me hante à chaque coin de rue, le goût des huitres du bonheur (non pas celles là espèces d’esprits tordus), le Nirvana avec Kurt Cobain revenu d’entre les morts. Oui chérie. Ta douleur était ma joie de vivre. Le baume sur ma plaie qui s’est infectée le jour où je t’ai rencontré. Le soulagement sur mon espérance de vie qui chute drastiquement lorsque tu es près de moi. Le silence sur la question “Top ou Bottom?”.
Merci pour le texte ce soir selon lequel je suis le pire meilleur ami au monde. Moi aussi je t’aime charrue. Ce n’est que partie remise…
Je t’aime. À toi pour toujours et sans conditions,
Y.
Novembre 2013