J’te pisse à la raie parce que chui blindé

Journal d’un manche à couilles (billets d’humeur, comptes-rendus d’escapades nocturnes et d’histoires à la con)


« Avec de l’argent tu peux chier sur les gens, ils te remercieront. » Voilà ce qui ressort d’un échange entre deux philosophes du bitume avachis sur un banc public, du côté de Strasbourg St Denis. C’est la seconde fois en une semaine que j’entends une phrase du genre. L’autre jour c’était vers Belleville, une mère de famille expliquait à une inconnue sans un rond à qui elle venait d’offrir une cigarette : « C’est pour ça que je dis à ma fille de travailler à l’école, quand tu as de l’argent, tu ne dépends de personne et tu peux dire merde à tout le monde. »

Donc c’est le concept de la réussite sociale en 2014, vouloir gagner du pognon pour dire au reste du monde d’aller se faire foutre. Faire la pute lorsque tu n’as pas un sou en poche et traiter les autres comme des catins une fois quelles sont pleines. Je ne suis sans doute pas réputé pour avoir la main sur le cœur — d’ailleurs je ne suis réputé pour rien du tout — j’aurai plus tendance à pleurnicher pour un hérisson écrasé sur la route que pour la mort de rebelles syriens ou d’un gosse congelé dans un frigo, mais bon dieu tout ça me fatigue. Quitte à chier sur les gens autant avoir des couilles et l’faire quelque soit les montants affichés sur ton compte bancaire. Le problème de notre société, c’est d’avoir engendré une génération de lâches qui attend patiemment d’être dans des conditions optimum pour se réaliser. Hélas, l’attente ne mène à rien et se conduire comme une soubrette ne fera jamais de toi un maitre de maison, non, tu crèveras le nez dans la poussière comme tu as vécu.

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