Le champ des possibles
Journal d’un manche à couilles (billets d’humeur, comptes-rendus d’escapades nocturnes et d’histoires à la con)
L’occident est en guerre contre les islamistes radicaux sur tous les continents, la crise financière continue ses ravages, François Hollande reste fidèle à lui-même, rien ne change et c’est de pire en pire. En toute franchise, je n’ai pas voté pour les européennes, c’est sans doute une grosse connerie mais je m’en tamponne, par contre je n’ai pas eu l’indécence d’aller manifester contre le FN dans les rues de Paris ou bien de brailler sur les réseaux sociaux, je n’ai pas voté, point à la ligne. La société marche sur la tête. Notre perception du monde est biaisée par les informations bidonnées dont on nous abreuve. Et la seule réalité que nous connaissons c’est celle de notre quotidien, une réalité sur laquelle nous n’avons aucun contrôle puisqu’elle évolue au gré des envies des dieux de la politique, de l’économie et de l’information. À Paris les gens tirent la gueule dans le métro et ne sont pas aimables, alors j’ai décidé de lutter contre tous ces cons. Mon arme ? Le sourire.
Je devrais être de plus en plus énervé, en colère contre le monde, étrangement c’est le contraire qui se produit. Il y a deux ou trois ans j’avais la haine, je voulais tabasser tout ces enculés et j’ai souvent dépasser les bornes, mais à quoi bon. Je ne renie pas mes principes, il faut assumer sa folie et si l’envie t’en prend, n’hésites pas à chier sur la table basse. J’ai simplement décidé de canaliser mon énergie pour me concentrer sur le plus important, moi. À partir de là, le champ des possibles est infini, et changer le monde semble à porté de main. J’ai rapidement compris que cette haine était en partie liée à de la frustration. Je me suis saoulé la gueule un nombre incalculable de fois en soirée pour oublier que j’étais entouré par des connards, ce qui a toujours fini en eau de boudin. Si seulement j’avais déguerpis avant, mais j’arrivais à me persuader qu’il était encore possible de gagner à ce jeu perdu d’avance, un suicide en quelque sorte. En parlant de suicide, j’ai lu qu’une mère de famille avait décidé de mettre fin à ses jours en s’enfermant dans un congélateur… La frontière entre courage et désespoir est vraiment ténue.
Y’a deux jours de ça je trainais sur Facebook, et de clics en clics j’ai atterris sur ce post qui évoque le harcèlement de rue. L’une des vidéos dispatchée au milieu des illustrations présente une journaliste qui se ballade de nuit à Paris en camera cachées, pour témoigner du harcèlement dont sont victime les femmes. Ce qui m’a marqué, c’est le fonctionnement de ces lascars qui se mettent dès le départ en situation d’échecs, et qui une fois rejetés deviennent agressifs — rien de nouveau, je le sais bien. Comment veux-tu séduire une gow en la traitant comme un steak. Leur vision du monde est tellement étriquée, j’ai du mal à concevoir qu’ils ne se remettent pas en question, il serait pourtant si facile de sortir de cette spirale et du piège de la caricature pour être enfin épanoui. On aime crier à la différence entre jeunes de cités et bons français alors que la problématique est la même. Primo, nous somme tous français, et secondo, la pression sociale nous bousille tous sans distinction. Quelle tristesse que les gens n’arrivent pas à communiquer entre eux.
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