Paris est magique
Journal d’un manche à couilles (billets d’humeur, comptes-rendus d’escapades nocturnes et d’histoires à la con)
Samedi dernier je suis retourné dans un bar que j’affectionne tout particulièrement et, j’ai eu la confirmation de ce qui me titillait depuis un bail : grisés par le succès, les barmen passent le plus clair de leur temps à faire les coqs derrière le comptoir, préférant servir les petits culs au détriment du bon gars accoudé au zinc depuis une dizaine de minutes. Ça me fout en rogne, ils me foutent en rogne, le système me fout en rogne. Le putain de boulot d’un barman c’est de servir de l’alcool et de faire en sorte que le client passe une bonne soirée, mais lorsque celui-ci consacre son énergie à récupérer des numéros, se saouler la gueule et s’amuser plus que toi… Y’a forcément une couille dans le potage. Je ne supporte pas cette inversion des rôles, quand la tripoté de lascars collés au comptoir ressemblent soudainement à une bande roms qui mendient pour un godet, d’autant plus qu’on le paie se foutu verre d’alcool. C’est typiquement français cette façon d’agir, je pense à ces vendeurs payés au SMIC qui vont te regarder de bas en haut, pour te faire comprendre que tu ne mérites pas les fringues que tu es sur le point d’acheter. On se croit où, putain. Et puis il y a l’explosion d’Internet, des réseaux sociaux et du personnal branling. Tout le monde se prend pour un people et starifie sa vie et son job de merde. Ouai c’est intemporel, être barman sera toujours cool, DJ aussi, d’ailleurs. Mais si je veux faire la queue plus de dix minutes pour commander, il me suffit d’aller au McDo de Goncourt à 2h du mat’… J’ai du mal à comprendre ce qui passe par la tête de tous ces connards incompétents.
Et comme si ça ne suffisait pas, je commence à être de plus en plus entouré par des potes « in relationship ». Ce qui en soit ne me pose aucun soucis, je m’épanouie parfaitement dans mon célibat, je regrette simplement de devoir faire face à des clichés. Depuis qu’ils sont en couple leurs défauts n’ont fait que s’accentuer : égoïstes, pantouflards, ennuyeux, mais pourquoi se sont-ils tous foutus avec une mère de substitution ? Pour moi, être en couple, c’est l’addition de deux personnalités qui se tirent vers le haut, et non une excuse pour se laisser aller à rien foutre. À la rigueur ça ne me regarde pas du tout et ça m’importe peu, j’ai décidé qu’il fallait garder son souffle pour ce marathon qu’est la vie, plus tôt que de le perdre à distiller des conseils. Je ne peux cependant m’empêcher d’y voir un changement de cap qui risque grandement de faire évoluer nos rapports et de nous éloigner les uns des autres. L’avenir me confirmera si j’avais tort ou raison, dans tout les cas l’aventure continue.
Le trajet en métro était trop court pour taper tout ce qui m’a traversé l’esprit sur mon iPhone, pas grave, je ferais avec. À l’heure qu’il est Chelsea a remporté le 1/4 de finale retour 2-0, Paris est éliminé de la ligue des champions. Le rade au bout de ma rue habituellement rempli de poivrots et de prostituées, est envahit par les cailleras du quartier : joint au bec, mines déconfites, ça pue le shit à vingt mètres à la ronde.
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