Un esprit brouillon mais bouillonnant

Journal d’un manche à couilles (billets d’humeur, comptes-rendus d’escapades nocturnes et d’histoires à la con)


Photo : Florian Delhomme

Titanic

Ça faisait un petit moment que je n’avais pas eu le béguin pour une nana. Mes dernières histoires de fesses étant uniquement guidées par le désir de me purger de ce poison communément appelé, le foutre, qui parasite l’esprit et empêche d’avoir les idées clairs, j’étais en quête d’une partenaire qui ne soit pas qu’un vulgaire vide couille dépressif et casse noisettes. Mission accomplie.

Aussitôt le match validé sur Tinder, ça m’a parut être une évidence, cette brunette d’1m75 aux cheveux coupés au carré allait à défaut de voler mon cœur, repartir avec ma bite et mes couilles dans sa poche de jean : elle serait ce plan cul affectif dont j’avais besoin. Manque de chance, j’étais complètement à coté de mes pompes durant ce premier entretien — oui, le premier rendez-vous, est un entretien. Incapable de trouver le bon tempo entre séduction et banalité, j’ai regardé le bateau prendre l’eau, impuissant. Je m’suis suffisamment emmerdé à ressasser tout ça, pour ne pas avoir envie de recracher sur le papelard le pourquoi du comment. Disons simplement que mon inconstance et mon manque d’organisation ont eu raison de moi, avant même notre rencontre.

O. dégage cette douceur qui te donne envie de jouer de la harpe avec son clitoris tout en la couvrant de baisers. Partagée entre tendresse et poigne de fer, il y a ce léger plissement de lèvres lorsqu’elle sourit timidement, et ce regard vif qui te transperce de part en part. Voilà une femme qui sait ce qu’elle veut, une bosseuse acharnée qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Son alter égo télévisuel serait MacKenzie McHale dans The Newsroom, ça tombe bien, elles sont toutes deux journalistes, passionnées par leur travail, et aucune d’entre elles ne me fera goûter sa cyprine.


Au garde à vous

Il y a quelques nuits de ça, j’étais de sortie dans un bar du Xème avec les deux garnements. On sirotait tranquillement nos vodka tonic sur un trottoir noir de monde tout en causant de sexe, sport, voyage à l’étranger et j’en passe, lorsque dans le méli-mélo de nos échanges Charles à sereinement lâché avec un grand sourire : « La vie ce n’est qu’une succession de compromis. » J’ai bien cru que j’allais m’étouffer. Tom n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche, que Charlie surenchérit. « Tout ira mieux lorsque je serai marié et que j’aurai des gosses. La bitasse arrêtera de se lever à chaque fois que je vois une petite. C’est dans l’ordre des choses. » Comment lui expliquer ? Tu peux foutre en l’air ta vie, la passer avec la mauvaise personne, avoir un boulot de merde, dire ciao à tes rêves, tomber au fond du gouffre. Mais la bitasse se lèvera toujours…

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