L’IoT Engineer, entre univers physique et virtuel [ — Job tech du futur 3/3]

Dans le troisième chapitre de sa série “Jobs tech du futur”, Kultivo met en lumière le métier d’IoT engineer — un profil très courtisé, mêlant électronique, télécoms et informatique.

Demain, nos objets usuels pourront communiquer non seulement entre eux, mais aussi avec nous.

Imaginez…

Vous ne ferez plus vingt fois le tour du quartier pour trouver une place de parking: une application mobile dédiée vous indiquera un emplacement libre à proximité. Au même moment, le thermostat intelligent de votre habitation aura anticipé votre retour en captant la position de votre smartphone; il réchauffera votre intérieur, sans gaspiller d’énergie le temps de votre absence. Au dîner enfin, un capteur vous permettra de scanner vos aliments et l’application connectée vous donnera aussitôt des conseils pour améliorer votre nutrition.

Que ce soit dans le domaine de la domotique, de l’agriculture, des transports, de la santé, de la sécurité ou encore de l’habillement, la technologie va s’immiscer dans le quotidien des hommes, et même… celui des bêtes !

Cette nouvelle ère, considérée comme la 3ème évolution de l’Internet, se définit comme l’IoT — « l’Internet of Things » (en français, « l’Internet des objets ») — et traduit l’extension de l’Internet dans le monde réel.

Voici, en résumé, comment cela fonctionne : des censeurs, fixés sur divers objets et lieux, récoltent des données qui sont envoyées sur le réseau Internet via un hub (typiquement le wifi, la 3G, la 4G ou encore le Bluetooth) ou via de nouvelles technologies comme le LoRa ou Sigfox (de nouveaux réseaux télécoms auxquels sont directement connectés les objets). Ces données (Big Data) sont ensuite analysées, assemblées et transformées en informations pertinentes (Smart Data) que les utilisateurs vont recevoir sur une application dédiée.

Alexis Bedoret, co-fondateur de M4KE IT,

Alexis Bedoret, co-fondateur de M4KE IT, un “start-up studio” namurois spécialisé dans les objets connectés, a décidé de jouer un rôle dans cette nouvelle révolution industrielle.

Avec son équipe, il aide les porteurs de projets IoT à valider techniquement leur concept.

Kultivo a voulu en savoir plus sur le quotidien de cet ingénieur et entrepreneur passionné, dont l’expertise est de plus en plus prisée.

“ Il ne s’agit pas de faire un gadget, mais de répondre à un réel besoin ”

Alexis Bedoret, ingénieur de formation et entrepreneur né— il a fondé et dirigé sa première entreprise à l’âge de 17 ans — pense le monde de demain; un monde où réel et virtuel pourront interagir de manière autonome.

“Avant toute chose, je voudrais insister sur un point : un IoT engineer doit toujours garder en tête que la technologie est au service de l’humain, et non l’inverse. Il ne s’agit pas de faire un gadget électronique; il s’agit de créer quelque chose qui réponde à un réel besoin. Les objets connectés doivent simplifier la vie des personnes, et donc s’adapter à elles. C’est pourquoi l’IoT engineer doit porter une grande attention au système complet et pas seulement à la fonction de l’objet qu’il souhaite créer.”

Actuellement, Alexis et son équipe chapeautent deux projets IoT :

  • Le premier, baptisé FullUp, consiste en une jauge connectée permettant à un particulier de contrôler en temps réel (sur son smartphone) le niveau et le bon fonctionnement de sa cuve à mazout. Fini les pannes inopinées !
  • Le second projet a pour ambition d’améliorer la qualité de vie des patients épileptiques. Comment ? Grâce à un bracelet connecté muni de capteurs qui pourra détecter une crise et alerter l’entourage du malade.

Des capteurs à l’application en passant par le cloud, l’élaboration d’un produit IoT nécessite des savoir-faire variés. “N’allez pas croire que l’IoT engineer fait tout lui-même !”

Un théoricien plus qu’un technicien

S’il a des notions en électronique, télécoms ou encore en informatique, l’IoT engineer est avant tout un “théoricien”, nous explique Alexis Bedoret :

“En fait, l’IoT engineer, si je devais le décrire, c’est vraiment quelqu’un qui connait l’écosystème de l’IoT sur le bout des doigts. Sa mission est de penser l’architecture globale du produit, mais aussi de donner de la valeur à l’objet connecté en l’intégrant dans un environnement intelligent.
La jauge à mazout, par exemple, va 1/avertir l’utilisateur que le niveau de sa cuve est basse, 2/lui permettre de commander le combustible auprès de son livreur, 3/l’aider à réduire son empreinte écologique en analysant sa consommation au jour le jour.”

Les données collectées et transmises par l’objet connecté doivent être contextualisées afin de leur donner du sens, qu’elles créent de la valeur pour les utilisateurs et les entreprises. C’est là le principal objectif de l’IoT engineer.

Pour l’aspect plus technique des choses, il va déléguer en fonction des différentes tâches à effectuer. Pour chaque projet, Alexis Bedoret s’entoure ainsi de développeurs, d’ingénieurs spécialisés en électronique et mécanique, de spécialistes en réseau et connectivité, mais aussi de data scientists.

Des capteurs à l’application en passant par le cloud, l’élaboration d’un produit IoT nécessite des savoir-faire variés.

Des opportunités d’emploi… et des défis

À l’horizon 2020, environ 50 milliards d’objets devraient être connectés dans le monde, énonce une récente étude d’IDC.

“Certains spécialistes annoncent même qu’en 2020, chaque personne possédera 7 objets connectés”, ajoute Alexis Bedoret.

Le marché de l’emploi, de plus en plus, va avoir besoin de profils maîtrisant les particularités de ce secteur. Et si l’IoT a un bel avenir devant lui, il devra néanmoins faire face à de nombreux défis :

“Aujourd’hui, tout peut être détecté, mesuré et relié à Internet. Ce qui va arriver c’est qu’on va avoir beaucoup de données qui vont être connectées et accessibles, et donc bien évidemment, ça va poser problème au niveau de la protection de la vie privée des personnes, mais aussi de la sécurité des entreprises”, conclut le jeune entrepreneur.

La Commission européenne prévoit, à ce sujet, d’encourager les entreprises à adopter un système d’étiquetage de la cybersécurité pour les dispositifs IoT approuvés et sécurisés. En novembre, elle planchera également sur un règlement qui influera sur la façon dont les entreprises peuvent accéder aux données des consommateurs.

Alexis Bedoret et ses associés.

Océane Fégé pour Kultivo

Vous avez aimé cet article ?

Cliquez sur ❤ et suivez le blog de Kultivo pour découvrir notre série “Jobs tech du futur” !