Face à Daesh, de l’espoir et de l’imagination…

Que l’on ne s’y trompe pas, cette guerre, qui nous est imposée par les barbares djihadistes de Daesh, cette guerre défensive — défensive car la France et chacun de nous, nous avons été attaqués -, ne ressemble — et ne ressemblera — en rien aux guerres que nous avons connues jusqu’ici.

Que l’on ne s’y trompe pas, cette guerre, ce ne sont pas, ce ne seront pas des frappes aériennes, ni même l’envoi de troupes au sol en Syrie, en Irak ou nulle part ailleurs, aux racines du mal, qui décideront seuls de son issue.

Que l’on ne s’y trompe pas, cette guerre nous pose et nous posera à nous, tous les tenants de la civilisation, de Paris à Beyrouth, d’Ankara à Tunis, et partout, aux quatre coins du monde, un défi inédit. Un défi inédit, car dans ce conflit, somme toute asymétrique, les plus faibles — les Barbares — disposent d’une stratégie des plus sophistiquées.

LA FOLLE STRATÉGIE DE DAESH

Notre perte, si cela devait conduire à notre perte, ne viendra pas d’une déferlante de légions étrangères franchissant nos frontières. Mais notre perte pourrait venir, en revanche, de notre incapacité, individuelle et collective, à demeurer ce que nous sommes, à préserver nos valeurs, nos Lumières, tout ce qui caractérise nos sociétés, notre civilisation, LA civilisation, celle-ci fût-elle imparfaite.

Ce que cherchent les barbares de Daesh, c’est notre autodestruction, c’est notre effondrement économique et financier sous l’effort de guerre. Ce que cherchent les barbares de Daesh, c’est notre effondrement politique, social et moral si, aveuglés par la peur, incapables de maitriser notre haine, nous abandonnions nos valeurs et nous jetions dans les bras d’un autre extrémisme, lui aussi mortifère.

Pour l’emporter, les barbares de Daesh ne peuvent qu’espérer que nous nous perdions dans une ou des guerres civiles, fatales.

Nous devons aussi tenir bon sur nos valeurs, sur ce qui fait notre « modèle républicain ». On le voit déjà, les annonces faites par François Hollande et les propositions des autres formations politiques placent ce modèle sous une pression sans précédent, sans précédent au cours des dernières décennies de paix et de relative insouciance. Et les positions risquent, à n’y prendre gare, de se radicaliser, tant sont nombreux ceux qui pourraient tenter de profiter de cette situation inattendue.

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