Scénarios noirs : un Antarctique tout vert…
Les conclusions inquiétantes d’une étude conduite par des experts en climatologie ont été rendue publiques courant septembre 2015 : d’ici à ce que la totalité des ressources en énergie fossile de la Terre auront été consommées, les glaces de l’Antarctique auront entièrement fondu et le niveau des océans sera supérieur de 50 mètres à celui que nous connaissons aujourd’hui.
Une raison d’espérer, égoïstement… Nous en aurions encore pour mille ans à moins que…
La communauté scientifique, dans sa très grande majorité, a de longue date sonné l’alarme mais les calculs conduits par un chercheur du Potsdam Institute for Climate Change, semblent dépasser les scénarios les plus noirs…
La moitié de la fonte des glaces pourrait intervenir avant mille ans et la montée des eaux s’accélérerait pour atteindre le rythme effrayant de plus de 20 cm par décennie — dix fois plus qu’aujourd’hui -, plongeant les sociétés humaines dans un chaos sans précédent avec l’abandon forcé des zones côtières.
Ensuite, ce sont l’ensemble des glaces présentes à la surface du Globe qui viendrait à fondre, le réchauffement des océans se poursuivrait et la montée totale des eaux approcherait les 70 mètres — La colline de Montmartre à Paris serait le Mont Saint-Michel du XXXIème siècle… et New York, Amsterdam, Stockholm, Rome, Tokyo, Berlin, Buenos Aires, Sydney, Dubaï, toute la côte est des Etats-Unis, l’essentiel de la plaine européenne, les îles britanniques, l’Asie côtière seraient de nouveaux Atlantide…
Cette étude réévalue le risque que nous faisons courir aux générations futures si nous ne plaçons pas sous contrôle nos émissions de gaz à effet de serre. « C’est l’Humanité comme force géologique, » a déclaré Ken Caldeira, chercheur à la Carnegie Institution for Science à Stanford, en Californie, co-auteur du rapport. « Nous n’avons pas une influence marginale sur le système climatique — nous le modifions avec une force considérable, comme à coups de marteau. »
Les climatologues, à l’exception d’une minorité de climato-sceptiques qui remettent encore en cause l’influence humaine sur les changements environnementaux, misent sur une prise de conscience de la communauté internationale, sur la réalisation du péril qu’il y a à poursuivre l’extraction et la consommation des énergies fossiles. Pourtant, depuis 30 ans, leurs appels à la modération n’ont eu que peu d’effets et les tentatives politiques sont restées sans effet. C’est pourquoi ceux-ci ont entamé des recherches sur les scénarios noirs envisageant la fonte des calottes glaciaires recouvrant le Groenland et l’Antarctique et les conséquences de la consommation de toutes les énergies fossiles disponibles.