Impressions, Post-saison : ATL @ BOS — G3

“Esprit de Brad Stevens, tu dois me titulariser !”

Franchement embêté et confronté à une série qui lui échappe depuis que l’absence d’Avery Bradley est présentée comme définitive, Brad Stevens a décide de tenter le tout pour le tout. La recherche du spacing perdu est donc passée par la présence dans le cinq de départ de Jonas Jerebko, sacrément en évidence sur la première possession du match avec une brique à 3 pts et une claquette dunk assez surnaturelle. De quoi remettre une ambiance des grands soirs dans tout Boston.

J’aurais spontanément trouvé l’idée de donner autant de minutes au suédois foireuse, mais après 3 minutes et 30 secondes, le suédois avait, en plus de la claquette déjà évoquée, mis un triplé puisqu’on le lui offrait, puis fait une extra-pass parfaite pour un triplé de Turner puisqu’on finissait par monter sur lui. Juste ce qu’il fallait (enfin, “juste”, façon de parler, 5/10 de loin pour Boston en QT1) pour ouvrir un peu d’espace dans la raquette à Isaiah Thomas, et changer complètement les perspectives défensives des Hawks, que Stevens sanctionne également en exploitant le backdoor pour un alley-oop de gala vers Amir Johnson. L’énergie dépensée en défense étant un, ou deux, ou trois crans au-dessus (Isaiah Thomas qui s’y colle sur Teague avant de se fâcher avec Schröder ; et ce coup de zone des petits jeunes en fin de QT1), les C’s mettent la main très tôt sur un match par ailleurs très tendu.

Isaiah Thomas attire à lui un Paul Millsap chargé de couper les drives ; il ressort sur Jerebko qui exploite la rotation défensive de Bazemore pour décaler Turner qui marque. Une adresse à 3 pts qui graduellement, va rendre plus difficile aux Hawks d’aider en défense face à Thomas.

Les Hawks s’accrochent sur l’académie de jeu sans vraiment convaincre, et malgré un éclat dès le début du QT3, ils se remettent dans le match quand l’adresse des Celtics faiblit. Isaiah Thomas prend le match à son compte, au départ plutôt en opportuniste qu’en chef d’orchestre, mais c’est le genre de match qui se gagne sur l’énergie déployée. Avec deux tiers de ses paniers marqués grâce à une passe décisive (la moitié dans le QT4), on sent la volonté de Brad Stevens de limiter son temps passé balle en main (à prendre une grosse pression), et plutôt une préférence pour les sorties d’écrans avec Smart et/ou Turner en meneurs. Même si la victoire tombe suite un un triplé Curry-esque, il marque la majeure partie de ses points dans la raquette et à la ligne.

On sent aussi que ça hésite fort sur les deux bancs : Budenholzer qui tente Schröder et Teague, puis Sefolosha, au risque de manquer de spacing ; Stevens qui ose du Jerebko en 5 sur quelque séquences, sans être sanctionné. C’est d’ailleurs à mon sens le vrai point noir côté Hawks : Horford et Millsap ne marquent pas du QT4, le second nommé ne prenant de toute façon qu’un seul shoot. Les faire réapparaître dans le jeu, surtout poste bas, ressemble à une solution évidente, qui a manqué sur ce match. Surtout un soir où Korver est à 5/9 de loin, et peut vite calmer les velléités d’aide en défense.

What’s next ?

Est-il imaginable que les Celtics reviennent dans cette série avec Jonas Jerebko comme joueur au plus gros temps de jeu, et en filant des minutes à Terry Rozier ou RJ Hunter (précisément, celles d’Avery Bradley) ? J’en doute sérieusement. Budenholzer devrait trouver des solutions, à la fois pour faire tomber le rythme du match et l’intensité à un niveau qui convienne mieux à ces Hawks, et pour exposer un peu plus les faiblesses inhérentes à une telle plongée vers les tréfonds du banc des Celtics. Sans parler d’une éventuelle suspension d’Isaiah Thomas.