La petite patrie de Julie Rocheleau et Normand Grégoire

Un quartier populaire. Le regard d’un enfant. La guerre est aux portes de l’Europe. A Montréal, les gamins jouent dans les rues, Claude vit sa première histoire d’amour, sa première déception aussi. Tout est là, dans l’innocence de cette bande de copains, dans leur manière de voir le monde et de vivre des histoires simples déguisées en aventures extraordinaires. Claude vit ses petits bonheurs alors que les adultes s’inquiète de la guerre qui approche et s’engagent dans une course au mariage pour eviter d’aller au front. Et si ces combats de rue ne sont que des jeux d’enfants, c’est pour mieux se souvenir de la cruauté d’une époque qui résonne encore comme un passé commun.

La petite patrie — Page 16 et 17

Normand Grégoire présente une adaptation chargée d’émotion de l’œuvre de Claude Jasmin. Le récit est divisé en cinq parties et nous plonge dans le Montréal des années 40. Il met bout à bout des tranches de vie et s’approprie avec beaucoup de douceur et d’humour cet univers singulier. Julie Rocheleau donne de la couleur aux mots. Ses nuances de bleu et d’orange rythment l’histoire et nous procurent une émotion profonde. Elle nous bouleverse avec sa façon de faire tomber la pluie sur Montréal, par la subtilité de son trait quand elle nous montre l’amour. Et quand l’aplat de noir surprend à la page suivante, c’est pour un peu mieux partager avec nous la tristesse et la nostalgie d’un enfant un peu perdu dans ses histoires pas moins graves qu’ailleurs. Julie Rocheleau et Normand Grégoire nous plongent dans notre enfance et nous immergent d’émotions, à l’image de François Truffaut dans Les 400 coups. Ils nourissent la bande dessinée avec leurs dessins et leurs mots, et nous montre que l’enfance glisse mais ne tombe jamais.

La petite patrie

La petite patrie de Julie Rocheleau et Normand Grégoire aux Editions La Pastèque. D’après l’oeuvre de Claude Jasmin.

En librairie à partir du 3 mars.

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