[Bordeaux — Cédric Seauvy] 2/2 “Devenez explorateur de votre propre vie, faire des choses que l’on aime”

Cédric Seauvy durant le tour de Ticket for change. Photo Eveline de Brauw

Suite et fin du portrait de Cédric Seauvy, il nous raconte son expérience d’entrepreneur, la découverte de l’économie sociale et solidaire avec Ecoclicot. Et son témoignage fort du tour de Ticket for Change. Une des clés pour avancer, ne pas avoir peur de l’inconnu.

PF : Qu’est-ce qui a été difficile pour toi et ton entourage durant cette période ?

Il y a deux points qui sont difficiles à gérer. Le premier est l’engagement temps. Quand on débute une activité, il doit être assez fort pour que l’activité puisse décoller. Mais je suis allé dans un extrême (journée, weekend, pas de pause).

J’ai compris qu’il fallait se laisser des pauses de 10 min (simplement en fermant les yeux) pour permettre d’avoir des idées et de faire avancer le projet ou de méditer. Changer de lieu de travail ou faire du sport peuvent être de bons réflexes pour trouver l’inspiration.

En général, l’entourage réagit de deux manières:

- Non-compréhension du projet

- Hostilité au projet

Il faut bien veiller à voir comment les impliquer.

L’entrepreneuriat n’est pas une activité de salarié classique. C’est quasiment impossible de couper avec le travail. Être entrepreneur signifie être responsable, la structure repose sur les épaules d’une personne. Cela m’est arrivé d’avoir des idées en pleine nuit, de prendre un carnet pour les noter. C’est très difficile pour un entrepreneur de marquer une vraie différence entre le professionnel et le privé.

La seconde chose est l’argent. Je n’ai pas été payé durant une longue période. Pour moi, ce n’était pas grave, j’ai été passionné par ce que je faisais, l’argent est un moyen pour faire des choses. Mais il faut quand même un minimum vital d’argent afin de vivre dignement. Je me suis rendu compte de cela trop tard.

Par exemple : quand j’ai recruté ma salariée, je ne me payais pas encore. Si c’était à refaire, je ferais différemment afin d’avoir une certaine sérénité pour continuer l’activité. Je n’ai en revanche aucun regret, les choses arrivent pour une raison, le hasard n’existe pas, les événements que j’ai vécus ont eu lieu pour une raison.

Pierre Fournier : Comment as-tu rebondi après cette expérience ? Comment as-tu découvert l’environnement de l’économie sociale et solidaire ?

Être entrepreneur, c’est ce que je suis profondément. J’ai écouté ma voix intérieure. J’ai refusé de suivre les avis extérieurs (conseil financier, entourage proche) qui me conseillaient de ne pas me relancer tout de suite. J’avais l’envie, l’énergie, je ne voulais pas avoir de regret plus tard.

Pour Ecoclicot, je suis parti avec une personne qui connaissait bien le nouveau modèle économique qu’était la place de marché (mise en relations entre des vendeurs et des consommateurs). Nous avons souhaité prendre en compte l’impact sociétal avec la consommation responsable et d’impliquer le fabricant/producteur/artisan dans le cycle de vente.

Fin 2015, un de nos amis en commun qui nous a parlé d’économie sociale et solidaire, de lieux alternatifs à Bordeaux, grâce à cette rencontre, j’ai rencontré cet écosystème.

Équipe d’Ecoclicot à La Ruche de Bordeaux

Nous avons été à La Ruche (espace de coworking pour les entrepreneurs sociaux), nous avons eu un vrai coup de cœur pour ce lieu, les valeurs humaines positives émanant de cet espace. Il y avait beaucoup de bienveillance, de chaleur humaine, d’écoute et de compréhension de l’autre. J’ai été très impressionné par les personnes de La Ruche.

Par exemple, notre 1e jour au sein de La Ruche, nous avons eu la chance de parler de notre projet à 5 personnes différentes.

Pierre Fournier : Tu as été un entrepreneur accompagné par Ticket for Change en 2016, qu’est-ce que cela t’a apporté, quels enseignements en as-tu tirés ?

Clairement, il y aura un avant et un après TicketforChange. J’ai compris pas mal de chose sur moi : quelle image je renvoie aux autres personnes, pourquoi je suis entrepreneur.

J’ai postulé à Ticket pour vivre une nouvelle expérience, apprendre de nouvelles compétences comme : savoir convaincre, savoir présenter un projet de façon convaincante. J’ai appris bien plus que de simple savoir-faire.

L’expérience du tour de France m’a profondément marqué. Nous étions 55 entrepreneurs ou intrapreneurs ayant un projet positif pour la société dans différents secteurs. Toutes les personnes que j’ai rencontrées ont eu des parcours de vie atypiques, pour certains extrêmement compliqués. Mais ils ont tous réussi à transformer cela en positif. J’ai trouvé admirable leur capacité à rebondir dans leur vie.

L’ensemble des participants du tour Ticket for Change 2016. Photo: Eveline de Brauw
« Exprimer nos émotions est rare dans la société, c’est pourtant libérateur pour chaque personne »

La phase qui m’a le plus marqué, c’est l’introspection qui a lieu en milieu de tour. On se retrouve par petit groupe, en nous incitant à exprimer nos émotions. C’est rare dans la société d’avoir la possibilité de le faire. C’était très libérateur pour l’ensemble des personnes.

Pendant 10 jours, on nous sort de notre quotidien afin de creuser profondément sur qui l’on est. Nous sommes dans un environnement bienveillant propice à la connaissance de soi, de créations de relations profonde et forte avec les participants du tour.

Une chose que j’ai apprise avec l’équipe de Ticket for Change : c’est l’enthousiasme. Ils sont toujours 100% positif autour d’eux quoi qu’il se passe. C’est un élément clé que j’ai intégré pour Ecoclicot :

  • Avoir la posture positive pour créer un environnement positif. Celui-ci va favoriser la qualité de relations que je peux avoir avec des personnes. Celle-ci peut donner envie à des personnes de rejoindre le projet.

J’ai appris que du moment où tu étais aligné entre ce que tu as envie de faire et ce que tu renvoies à l’extérieur. Tu seras heureux et tu feras des choses positives qui te correspondront. L’important est d’être cohérent entre tes paroles et tes actes.

Grâce à Ticket, j’ai rempli ma jauge de confiance pour de nombreuses prochaines années.

Pierre Fournier : Si tu avais un message à faire passer, ce serait quoi ?

N’ayez pas peur de vous poser les bonnes questions (Qui sommes-nous ? Qu’avons-nous envie de faire ?), de ne pas avoir peur d’affronter des choses que l’on ne sait pas faire, abordez-les de manière positive.

Devenez explorateur de votre propre vie, ne pas avoir peur de sortir du cadre et faire des choses que l’on aime.

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Voici son Twitter, Facebook, Medium

Pour en connaitre plus sur Ecoclicot : voici le site.

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