Apprendre de ses échecs
Le lâcher prise et la pensée positive
La pratique du lâcher prise n’est pas une chose simple ni facile, c’est même contre nature si on s’attarde à regarder comment devient notre société.
Nous sommes dans une ère où tout le monde s’agite, doit paraître en permanence actif et laisser penser qu’il est essentiel voire indispensable. Il faut savoir s’agiter sans tomber dans le surmenage. Cependant, de plus en plus de personnes subissent des burn-out, ce phénomène étrange où le corps arrête l’Homme pour marquer un temps d’arrêt qui n’a pas été consciemment décidé.
Afin d’éviter de tomber dans ce cycle, le remède que j’ai adopté est la pensée positive. Cette pensée consiste à voir en chaque événement une opportunité. Même si un événement est difficile, il ouvre à la réflexion et doit être analysé avec positivisme. Peu de personnes adoptent cette manière de vivre d’elles-mêmes, c’est souvent un déclencheur qui provoque ce basculement.
Je ne fais pas exception à la règle, il m’a fallu un événement marquant pour penser positif et lâcher prise. Ça n’est plus un secret, pour beaucoup d’entre vous, en 2011 j’ai découvert être victime d’usurpation d’identité, bien sûr je pratiquais déjà avec précaution le tri de mon courier et faisait particulièrement attention avec mes papiers d’identité et mes moyens de paiement, mais l’histoire a voulu que cela ne m’empêche pas d’être une victime de plus de ce fléau. J’ai dû alors adopter un relativisme sur les événements pour puiser en moi et en mon entourrage les faits positifs et tirer de cela une force pour avancer. Non sans mal, il est vrai.
Aujourd’hui, je suis encore plus convaincu que la vie est bien plus agréable, bien plus belle, quand elle est vécu avec un lâcher prise et un calme intérieur. Mais alors comment faire pour ne pas s’enflamer et retomber dans la spirale qu’incite notre société.
Tout d’abord, il faut accepter les périodes de repos, d’inactivité (de chômage) et plutôt que de voir en ces périodes de simples moments perdus à ne rien faire, des moments magnifiques où se ressourcer, profiter de ses proches, de ses enfants, s’entourer d’amour et vivre (tout en ayant conscience que ces périodes doivent être temporaires). Rien ne dit qu’il est obligatoire de toujours s’exciter.
Ensuite, à chaque épisode marquant, j’accepte ce qui arrive et je tire conclusion positive de ce qui est arrivé. Non sans un regard objectif, mais avec une double analyse:
- une fierté d’avoir tenté, d’avoir essayé. Sans essayer, aucune raison d’y arriver. Cela ne m’a pas tué, ça m’a donc rendu plus fort. La prochaine fois je n’échouera pas de cette manière là si je viens à échouer de nouveau.
- c’est arrivé, je dois faire avec et l’accepter. Mais finalement qu’est-ce-que cela change dans ma vie. Si je réduis l’échec à un événement qui aurait pu changer quelque chose mais qui ne l’a pas changé, je n’y ai rien perdu, je peux donc en déduire que j’ai appris. Si j’ai appris, je n’ai pas perdu, j’ai gagné: en connaissance, en expérience, en relation sociale… Mon échec est alors une certaine réussite, la frustration c’est qu’elle n’est pas la réussite que j’espérais.
Je ne peux pas tout contrôler, certaines choses, que l’on soit d’accord ou pas, doivent arriver. Ce n’est pas du fatalisme, c’est une constatation. Je ne me résous pas à dire que cela devait arriver, ce serait alors du fatalisme. Je ne fais qu’accepter et j’en tire profit. C’est le principe des conférences FailCon que j’applique à ma vie (“apprendre de ses échecs et de ce des autres pour se préparer au succès”).
J’applique alors quelques règles à titre personnel mais aussi professionnel, sous forme de questions :
- M’énerver (me stresser) changera-t-il les choses ?
Sur l’instant, il y a un mélange de frustration, de colère, de déception, est-il nécessaire et utile de l’exprimer ? La plupart du temps: non. - Comment aurais-je pu éviter ce qui est arrivé ?
Revivre les étapes, analyser étape par étape l’enchainement des événements pour trouver les pivots qui ont provoqué cet échec. - Quelle est ma part de responsabilité dans ce qui est arrivé ?
C’est la question essentielle. Aujourd’hui, la tendance est à chercher des responsables (des coupables), plus volontiers chez les autres. Avoir un regard sur soi et reconnaître sa part de responsabilité apporte beaucoup. L’humilité, la tolérance, l’apprentissage sont des forces qui se cultivent aussi par l’acceptation de ses échecs. Mon grand-père disait “commence par t’en vouloir à toi-même avant d’en vouloir aux autres”. - Mon échec (erreur) a-t-il blessé quelqu’un ?
Le regard sur soi est important, le regard sur les autres aussi. Peut être que mon échec trouble quelqu’un plus qu’il ne me trouble. Puis-je alors échanger avec cette personne pour tirer de cet échec une force relationnelle.
J’invite chacun d’entre vous, la prochaine fois qu’il vit un échec à vous poser ces questions et à y répondre. Ce sont à mon avis les premières étapes dans l’adoption du lâcher prise et de la pensée positive.
« Ce que je veux savoir avant tout, ce n’est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec. » (Abraham Lincoln)