Si tout était si simple

« Le génie commence les beaux ouvrages, mais le travail les achève. » {Joseph Joubert}


La France vient d’élire ses maires. Le vent semble avoir tourné et il se dirige vers la droite. Ceci a contraint notre président à nommer un nouveau premier ministre. Evidemment, comme de nombreux français, j’attendais ce changement, espérant qu’il allait montrer un élan de compréhension du peuple et une préparation pour la mise en application de solutions concrètes pour aider le pays à relancer la croissance. Quel ne fut pas mon étonnement en découvrant la liste des ministres. Sans m’étaler sur mes impressions sur chacun des ministres, je suis étonné par mes premiers constats :

  • aucune nouvelle tête
  • des ministères confiés à des personnalités politiques qui avaient déjà eu la même fonction il y a 20 ans
  • pas (à ma connaissance) de ministres issus du privé

Je ne prétends pas connaitre les solutions aux différents problèmes, mais avec le temps, j’ai l’impression que les problèmes des français ne sont pas les problèmes des élus.

L’emploi.

Le temps passe et je ne vois rien venir qui pourrait concrètement relancer l’emploi en France. Il existe à mon avis cependant quelques principes qui pourraient être étudiés (testés) pour relancer l’emploi:

  • diminuer les charges des entreprises. cette solution à elle seule ne suffirait pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, mais elle participerait à rendre les entreprises françaises compétitives avec les entreprises des pays industrialisés et diminuerait le fossé qui sépare notre pays d’autres pays aux charges bien moindre.
  • simplifier le droit du travail. peut-être suis-je crédule de penser cela mais il me semble que si les entreprises disposaient d’une liberté à moduler les effectifs elles pourraient embaucher plus facilement sans craindre de ne pas pouvoir mettre en péril leur activité à la première baisse de recette.
  • rendre équitable l’imposition des sociétés. je ne dis pas qu’il faut assaillir stupidement les grands comptes mais le taux d’imposition d’un artisan est aujourd’hui bien supérieur au taux d’imposition réel d’un grand groupe. Certains diront que c’est prendre un risque de voir ces groupes quitter notre pays, mais ce n’est pas économiquement viable que ces groupes quitte notre pays. Le marché français est trop important pour des entreprises telles qu’Apple, Amazon, Google ou Total pour qu’elles ne décident de quitter le pays. Il faut simplement qu’elles acceptent que leur présence sur le territoire signifie un taux d’imposition supérieur à celui qu’elles obtiennent grâce aux jeux des consolidations ou autres écritures comptables.

L’éducation

Les français font des enfants. De plus en plus de monde vit dans notre beau pays. Il faut donc rapidement résoudre les problèmes des écoles.

  • les enfants avant 3 ans sont difficiles à faire garder en France. La place en crèche tient souvent du miracle. Les nounous conventionnées ne courent pas les rues. Nombreux sont les parents qui cherchent longtemps un solution pour leurs bambins. Peut-être serait-il temps pour le gouvernement de mettre en place des solutions de crèches d’entreprises, de crèches collaboratives ou d’embaucher du personnel pour augmenter les places disponibles.
  • les enfants de 3 à 18 ans (de la maternelle au lycée) sont souvent dans des classes en sur-effectifs ce qui entraine de nombreux problèmes parmi lesquels: un manque évident de disponibilité pour une relation personnalisée avec le professeur, un manque de materiel dans le cadre de cours pratiques, un ras-le-bol grandissant des parents qui aimeraient offrir une meilleure condition à leur enfant.
  • l’élitisme au détriment des besoins réels. Certainement le fruit de plusieurs années à faire croire à chacun qu’être un scientifique (“être bon en maths”) est le plus important, que cela ouvre toutes les portes, que les filières manuelles, techniques, technologiques sont des voies de garages. Dis comme cela, c’est cliché, mais c’est pourtant ce que j’ai vécu personnellement. Il serait intéressant de revaloriser certains métiers nobles (et nécessaires) qui aujourd’hui souffrent d’une mauvaise image.
  • l’inadéquation des filières. J’admets volontiers que chacun doit être libre d’apprendre le métier qu’il souhaite, mais il faudrait mesurer (pondérer) ceci avec plus d’attention. Nous manquons nettement de certains corps de métiers: couvreurs, charpentiers, serrurier. Nous manquons aussi de médecins. Mais nous continuons à accueillir des centaines d’étudiants en fac d’histoire, de sociologie ou de sports. Pourquoi continuer à maintenir un si faible nombre de place au concours de médecine et continuer à accueillir autant d’élève en histoire. C’est une matière intéressante mais concrètement, que faisons nous des 90% qui n’accèdent jamais un un emploi dans leur spécialité. Qui ne connait pas autour de lui plusieurs personnes issues de spécialités telles que l’éthologie, la sociologie, la philosophie ou la psychologie mais qui travaillent dans une banque ou dans un hypermarché…

L’immigration

Voilà un sujet qui fâche. Nombreux sont ceux qui sont persuadés que les immigrés sont la source de nombreux problèmes en France. Ce n’est pas mon avis. Je pense au contraire que notre pays à besoin d’immigré, le mélange est bon à notre société, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la communauté… Notre problème réside à mon avis plus dans l’intégration.

  • plutôt que de les montrer du doigt, il faut les accueillir, leur apprendre quelques règles de fonctionnement de base de notre pays. Faisons en sorte que leur arrivée soit facilité et leur intégration pleine, ils nous enrichirons alors par leurs efforts, leurs consommations.
  • la religion est un sujet qui fâche aussi et qui peut être dangereusement lié à l’immigration. Respectons le culte de chacun. S’il est pratiqué dans le respect il ne gène en rien.

L’écologie

Je suis étonné de voir que dans ce domaine il n’y a pas de juste milieu. Je connais essentiellement des écolo extrémistes ou des indifférents. Peu de modérés. Je pense cependant que la solution écologique viendra par l’approche intelligente et apolitique du phénomène.

  • consommer et produire intelligemment. cela commence par ne pas manger de tomate quand ce n’est pas la saison.
  • privilégier le producteur. les réseaux tels que les amap permettent de disposer de produits frais, locaux et de saisons. dès que c’est possible il faut le privilégier à la grande surface.
  • la migration des salariés. peut être qu’il est temps d’envisager des mesures pour inciter au télétravail. notre société change, le digital permet aujourd’hui d’exercer de nombreux métiers à distance, pour diminuer les problèmes d’embouteillages, le manque de parking, le manque d’espace dans les bureaux, nos entreprises pourraient envisager le télétravail, l’incitation fiscale pourrait être le coup-de-pouce à ce changement.

L’administration

Les dépenses publiques et l’administration, voici un sujet qui fait l’objet de débats sans fin entre les français et le gouvernement.

  • les différences entre salariés du privé et fonctionnaires. Pourquoi ne pas mettre tout le monde sur un pied d’égalité, le fonctionne dispose déjà d’une assurance que le salarié n’a pas, il a la sécurité de l’emploi. il n’est donc pas normal qu’il n’ait pas les mêmes règles de calcul de la retraite ou de la maladie (le fameux jour de carence vs les 3 jours dans le privé).
  • les avantages de nos élus ne sont pas normaux. Le cumul des retraites et indemnité, acquises à vie à taux plein sans avoir cotisé 42 annuités. peut être pourrions nous se limiter à la retraite la plus élevée. je ne m’étendrai pas ici sur les discussions sur les avantages en nature (appartement, véhicule, chauffeur, bureau).

Je pense que notre pays peut aller bien rapidement. Si nos dirigeants sont prêts à prendre des mesures concrètes pour avancer. Oublier le jeu de pouvoir, le jeu des promesses, se mettre au travail, au risque de faire des erreurs. Il est bien moins désagréable de voir quelqu’un qui échoue que de voir quelqu’un qui ne tente rien. Messieurs les ministres et élus, vos citoyens ne demandent qu’une chose: vous voir à l’oeuvre.

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