Pourquoi un produit est il « éco-préférable »?

Stewart Sheppard
Aug 22, 2017 · 4 min read

C’est un peu LA grosse question que tout le monde se pose, consommateurs comme fabricants. Et il y a rarement une réponse simple, plus souvent des réponses à tiroirs du genre « ça dépend… ».

Actuellement, la méthode la plus reconnue et la plus acceptée pour mesurer l’impact environnemental d’un produit, c’est l’Analyse de cycle de Vie (ACV). L’ACV c’est un peu comme une recette de cuisine que l’on saisirait sur Excel.

D’un côté, on renseigne toutes les étapes du cycle de vie d’un produit (extraction des matières premières, transformation des matières premières, production, distribution, utilisation et fin de vie), tous les ingrédients avec leur provenance (distance, mode de transport), comment et où ils ont été fabriqués : Polyester recyclé, issu d’un recyclage mécanique 1, de source préindustrielle 2, électricité renouvelable.

De l’autre, tout ce qui sort : mètres carrés de fibre en polyester recyclé, émissions dans l’air, l’eau et la terre, déchets, rejets liquides toxiques, non-toxiques, Gaz à Effet de Serre (GES), etc. On vous passe la liste complète mais pour ceux que ça intéresse vous pouvez la trouver ici .

Les indicateurs les plus connus sont les émissions de GES (simplifiées en «é missions de CO2), la quantité d’eau et de matière première brute utilisée, les émissions de gaz destructeurs d’ozone (les CFC).

A la fin on se retrouve avec une quinzaine d’indicateurs qui permettront de comparer à ce qu’on faisait avant, mais surtout de mettre en place et d’identifier ce que dans le jargon on appelle les « Hot spots », les points les plus chauds en terme d’impact environnemental. A partir de là on peut non seulement prendre des décisions informées pour la suite (développer, redévelopper, changer, améliorer) mais aussi communiquer : le produit A est mieux que le produit B, en expliquant pourquoi.


Bon, mais comment on fait pour savoir qu’un produit est mieux qu’un autre d’un point de vue écologique ?

Idéalement, on a du temps, des connaissances techniques ou un pote qui a des connaissances techniques et un peu de budget. On fait une ACV des produits qui nous intéressent, et on compare les résultats. C’est simple non ? Sauf qu’on a rarement le budget et/ou le temps et/ou toutes les données.

Dans ce cas-là on utilisera les ACV d’autres produits similaires : même type de produit, même type de matériaux… On pourra aussi utiliser les résultats d’une ACV pour guider nos choix… Ou on fera une ACV partielle, mais dans ce cas là attention cela pourra être trompeur. En effet, comme on l’expliquait plus haut, une ACV prend en compte toutes les étapes du cycle de vie d’un produit. Lorsque l’on fait une ACV partielle (Cradle to Gate en Anglais), on ne prend en compte que la production du matériau, pas son impact lors de son utilisation. Or la phase d’utilisation est souvent celle qui a le plus d’impact. Par exemple pour une canette de soda, l’impact le plus important (en termes d’émission de CO2) sera la consommation d’énergie pour la réfrigération dudit Soda tout au long de la vie de la canette : dans l’usine, dans le camion, dans le magasin, chez le consommateur final.

Dans la réalité, on fait avec ce qu’on a : une ACV d’un produit similaire, des données sur les matériaux utilisés, le fait que l’on ait remplacé un matériau par un autre que l’on sait avoir un impact moins important. Mais parfois aussi on se plante. Réduire son impact environnemental c’est répondre à des questions qui n’existaient pas il y a 10 ans. Et parfois on n’a pas toutes les réponses.


1/ il existe au moins trois techniques de recyclage pour les plastiques : le recyclage mécanique (broyage, effilochage, etc.), le recyclage semi-mécanique, et le recyclage chimique (dépolymérisation), qui ont chacune leurs qualités et leurs défauts. Le recyclage mécanique est plus économe en énergie mais produit un plastique de qualité inférieure. Le recyclage chimique produit un plastique de qualité équivalente au plastique dit « vierge » mais est plus gourmand en énergie.

2/il existe 2 sources pour les matières premières recyclées : pré-industrielles, c’est-à-dire des déchets de production industrielle; et post-consommation, c’est-à-dire du plastique recyclé après avoir utilisé par un consommateur final : bouteilles recyclées, tapis recyclés, etc.

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Stewart Sheppard

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Father, Skier, Traveler, Outdoorist & Food-snob, Sustainability knowmad & Snow-mad. Find me outside!

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Des histoires de matos éco, green, responsable mais pas du matos #toutpourri, des trucs qui fonctionnent. Mais pas que du matos en fait, tout ce qui se rapporte de pres ou de loin a “Aller jouer dehors” en fait.

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