Les 6 piliers du brief

Un bon brief = un bon livrable ! Le brief parfait serait-il le pont magique entre freelances et grands groupes ?

Déstabilisant, non ?

Certains d’entre vous étaient peut être présents lors de la Freelance Fair organisée par Mutinerie cette semaine — peuplée d’êtres libres, cherchant de bon conseils, de nouvelles idées et des échanges dans l’ambiance décontractée de la Bellevilloise. Un atelier animé par YOSS le 1e jour, aborde un sujet épineux : celui du brief, source de conflits ou de joies — et de notre avis, potentiellement le pont le plus solide entre freelances et grands groupes.

Je souhaitais partager au plus grand nombre, ainsi qu’aux participants de cet atelier, les bonnes pratiques pour obtenir le brief parfait. Le rendu sur place a été quelque peu « brumeux », les personnes présentes sauront exactement de quoi je parle ^^. J’en profite pour vous remercier pour votre patience, si vous me lisez :)💭

Pour commencer un peu de contexte :

64% des freelances estiment compliqué de travailler avec les grands groupes. Baromètre YOSS 2017 — Futur du travail.

Ça fait beaucoup non ? Ce chiffre, c’est un peu la raison d’être de YOSS.

On est allé creuser un peu plus loin. Et voici les souhaits des freelances pour travailler plus efficacement avec les grands groupes :

Maud me demandait : « Mais pourquoi le total est à + de 100% ? ». Bonne question : car plusieurs réponses possibles. Oui parce que des problèmes, il n’y en a pas qu’un visiblement!

Avec beaucoup de fierté, je peux vous dire que chez YOSS on adresse la quasi-totalité des préoccupations du freelance à travailler avec un grand groupe : plus besoin d’être référencé chez eux, le paiement en 72h, une assistance juridique illimitée avec notre super Agathe-Légal… Les points en suspens sont de l’ordre de l’évolution des organisations (réactivité de décision) et de connaissance et compréhension des nouveaux métiers. Mais, on y travaille, et on les comprend aussi , 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui (2017/ DELL & l’Institut pour le Futur).

Un point que nous n’avions pas encore totalement adressé est ce fameux brief, tracas #2 du freelance. D’où cet atelier.

La collaboration étant le maître mot chez nous, on a souhaité vous questionner et vous inclure dans le processus pour accueillir vos bonnes pratiques. Notre objectif est de transformer ces bonnes pratiques pour que chaque brief passant par la plateforme YOSS soit clair et concis résultant à 0 déception !

Vous avez sûrement tous déjà été confrontés à des délais non réalistes (‘pour hier’), des briefs de 2 lignes incompréhensibles et/ou des attentes qui correspondent en fait à un métier qui n’est pas le vôtre. Autant de contextes qui peuvent avoir tant de conséquences néfastes : si votre livrable n’est pas celui attendu, la faute à qui ? Au client? « C’est ce que vous m’avez demandé ». À vous, l’expert ? « J’aurais dû lui demander plus de précisions ». Mais, en réalité, la faute est souvent partagée alors l’important n’est pas de désigner un coupable mais trouver des solutions face à chaque situation.

Pourquoi est ce qu’un bon brief est important au final ?

  1. Le brief explique les attentes que le client peut avoir envers vous, vos expertises, votre travail
  2. Un bon brief = un bon livrable
  3. Le brief, c’est votre base pour émettre un devis

Sans ça, la mission est bancale, vous y passez plus de temps que prévu, avec un rendu mauvais, médiocre ou juste pas à la hauteur de vos attentes ni celles de votre client. Tout le monde est perdant ! Et personnellement ? Perte de confiance en soi, syndrome de l’imposteur, démotivation… et votre client, en plus, ne vous recommandera certainement pas!


Nous avons mis en forme les 6 piliers du brief, ces derniers ont été agrémentés par les réflexions de toutes les personnes présentes à notre atelier à la Freelance Fair. Ce “brief parfait” est donc le fruit de plusieurs cerveaux, freelances aguerris ou newbies !

Les 6 piliers du Brief

1/ La problématique des 3C: courte, claire, concise

La problématique c’est le focus, le point central, la raison d’être de la mission.

Celle ci peut se décliner en objectifs plus détaillés, sous jacents de la problématique globale.

TIPS : Une question clé qui peut vous aider à cerner cette problématique si elle vous semble mal formulée: Quelle est la condition de réussite de la mission? = Le client s’engage à être satisfait si et seulement si …

2/ Le contexte

Dans quel projet s’inscrit la mission, qui sont les parties prenantes, les décisionnaires… Ce 2e point est crucial, et souvent oublié. Chaque contexte est unique. Chaque équipe a son mode de fonctionnement et format de collaboration. Obtenir un maximum de contexte permet de se surpasser, connaître la valeur que l’on peut apporter dans une équipe et travailler en mettant à disposition toute son expertise dans un contexte bien défini. Détecter les erreurs à ne pas reproduire. Apprendre du passif du projet (échecs, réussites).

Quelques questions pour vous aider à dégrossir ce point :

  • Qui est le décisionnaire ?
  • Qui sera mon interlocuteur principal?
  • A qui le livrable est-il destiné ? Enclenche-t-il un autre projet ? Ex: « Sans ce livre blanc, nous ne pouvons pas actionner notre campagne d’acquisition »
  • De quoi ce projet est-il né ?
  • Suis-je plutôt complémentaire ou plutôt renfort (savoir si la compétence existe en interne) ?
SPOILER ALERT. Ceci est un extrait des 10 commandements du freelance by YOSS. On vous conseille également un autre 3C, celui du « Customer Discovery » qui permet d’avoir un maximum d’informations de contexte sur votre client, les clients de vos clients, et leurs concurrents. Très pertinent pour des métiers orientés business : marketing / consultant / digitaux…

3/ Le périmètre

C’est votre terrain de jeu ! Délimitez-le: si vous sortez, il y a faute !😱 Blague à part, ce périmètre trouve ses limites dans les contraintes de votre client : contraintes techniques, fonctionelles, collaboratives, graphiques, budgétaires, juridiques, de ressources mises à disposition ou simplement un délais court…

TIPS : vous pouvez proposer à votre client un Accord de non-divulgation (aussi appelé accord de confidentialité) pour le rassurer sur vos échanges. Cela lui permettra de partager plus librement les informations de contexte (2) et du périmètre (3). YOSS peut vous fournir en template si besoin. 🤗

4/ Les références

Inspirations, ressources, exemples, ou simplement enchaînement d’idées / projets qui amènent à la mission qui vous est proposée. L’objectif de récupérer des références: avoir une idée du résultat attendu. Les références peuvent être des sites web, des contenus types, un PDF, une image, un schéma, plusieurs images (moodboards)… Si la mission est créative, ces références sont d’autant plus importantes, vous pouvez par exemple demander à votre client de passer un peu de temps sur Pinterest et vous donner un tableaux d’inspirations, ou lui en proposer un, au choix !

5/ Les délais

Planning, timing, deadline !

  • Comment le projet s’inscrit dans le temps ?
  • Y a-t-il une urgence ?
  • Le client a t il besoin de livrables et deadline intermédiaire pour jalonner le projet ?
  • Quelle est la deadline finale allers-retours compris?
  • Y a-t-il des interdépendances avec d’autres projets ayant eux-mêmes une deadline?

Si le client n’a pas jalonné le projet, n’hésitez pas à le découper en étapes, en y incluant les échéances (si pertinent), en prévoyant les étapes rendus attendus, les modifications éventuelles et aller-retours.

Il est important de faire une liste de tâches pour une première estimation de temps de réalisation avec deadlines réalistes. En effet, les problèmes humains et les points bloquants ne peuvent se prévoir mais peuvent être anticipés par des délais plus larges. À posteriori, des délais courts peuvent pousser l’équipe à se surpasser et à trouver des solutions sur le vif et avec les moyens du bords.

Tips : Et pour les indépendants vendant des heures de prestation, attention à la confusion entre nombre d’heure de prestation facturée (en présentiel) et nombre d’heures de travail réellement effectuées (temps de préparation, de réflexion, comptes rendus, validations…). Le client n’a pas forcément cette connaissance, et c’est souvent à vous de la lui donner.

6/ Le budget Le fameux ! Est-il flexible ? Strict ? Comprend-t-il les potentiels aléas ou frais inhérents à la mission ? La cohérence entre la demande et le budget est parfois difficile à trouver. Mais n’oubliez pas, les experts ne se bradent pas. Un tarif bas peut parfois coûter plus cher au client (frustration, temps perdu,…), YOSS aide le client à en prendre conscience pour éviter au freelance de se brader pour obtenir le deal. Rappel: chez YOSS, un client ne compare pas les freelances sur le TJM mais sur les softs skills (savoir-être, qualité professionnelles, traits de personnalité).

Au delà des 6 piliers, quelques conseils supplémentaires des participants de l’atelier:

  • Le brief doit être co-construit : il n’est pas à sens unique. Il peut être challengé, complété, alimenté par les deux parties. Le client, grâce à la connaissance de son contexte et de son entreprise, et le freelance, par son expertise.👯
  • La reformulation est clé. Comment faire? Par l’écoute. Pour une compréhension optimale du projet: questionnez, paraphrasez, répétez, reformulez. Si cela vous donne l’impression de perdre votre temps ou faire perdre du temps à votre client, c’est faux. C’est un gain de temps pour le déploiement du projet.🙊
  • Toutes ces questions n’ont pas besoin d’être posées explicitement. Souvent au détour d’un échange, de quelques recherches et d’une conversation téléphonique informelle, ils peuvent survenir naturellement : et c’est bon signe 😃!
  • Ce brief peut parfois prendre la forme d’un cahier des charges complexe qui prend du temps à produire. Selon les métiers et industries, cela constitue une mission à part entière qui peut être facturée aux clients, pour d’autres, c’est le moyen d’obtenir la mission et le facturer peut parfois ternir la relation. Communication transparente et écoute active entre freelance et client permettent de mettre le curseur au bon endroit.👂
  • Parfois cette étape de brief vous fait prendre conscience que le client ne sait pas forcément où il veut aller. Peut-être que vos questionnements l’aideront à en prendre conscience. Votre expertise ici prend tout son sens. 😏
  • Enfin, pour éviter les déceptions, s’il n’y a pas d’activation de la mission côté client : posez simplement la question : pourquoi ? “Il semblerait que ma proposition ne correspondent pas à vos attentes, j’aimerais connaître les raisons de ce refus afin de m’améliorer, m’adapter pour sur de prochaines missions”

C’est tout pour aujourd’hui. En passant, le site YOSS.net vient de faire peau neuve, à découvrir dès maintenant ici. Inscription gratuite !

Merci à toute l’équipe de Mutinerie pour ce bel évènement, et merci aux participants de l’atelier pour leurs conseils et leur écoute attentive !

N’hésitez pas à partager en commentaire vos expériences (bonnes ou mauvaises) concernant le brief projet. Vos feedbacks et bonnes pratiques sont les bienvenues !


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Le mot de la fin.

On vous l’a dit, YOSS souhaite créer le pont entre freelances et grands groupes, avec pour objectif de simplifier leur relation et humaniser les grands groupes. YOSS passe beaucoup de temps chez le client à lui transmettre le même niveau d’informations, lui faire connaître les nouveaux métiers et l’éduquer sur les nouveaux modes de travail avec le freelancing.

Concernant ce pont que l’on créer : la réalité c’est que Jennifer, lead développeuse freelance, ne travaille pas avec « un grand groupe » mais plutôt avec Brigitte, cheffe de projet marketing punchy chez L’Oréal qui a un besoin d’un chatbot pour son lancement produit. Elle aime le travail bien fait, a beaucoup d’humour et préfère bosser dans l’urgence, c’est ce qui l’anime au quotidien.

Tout le monde n’est pas fait pour travailler avec Brigitte ? Non ! Certains préfèrent les projets bien programmés en amont pour avoir le temps de réflechir, s’organiser, et surtout ne pas travailler dans l’urgence.

En somme ce que j’essaie de vous dire, c’est que chacun a une manière de travailler, et que connecter les freelances et les grands groupes ce n’est pas connecter tous les freelances et le grand groupe dans sa totalité mais plutôt un humain avec un autre humain. #H2H, Human 2 Human comme certains le nomme. C’est aussi simple que ça.


Le prochain article sur la publication La Plage de YOSS aborde humblement le chômage pour les indépendants. Stay tuned !