Mapping digital d’un freelance 3.0 : comment gérer et optimiser sa présence en ligne ?

Freelance en devenir ou freelance aguerri ? Vous avez fait le choix de la liberté ? Le freelancing n’a plus de secrets pour vous? Vous vous posez souvent cette question : qu’est-ce qui me différencie d’un autre freelance à compétences équivalentes. De la même manière, qu’est-ce qui différencie deux marques qui vendent des ordinateurs ayant les mêmes caractéristiques techniques ? Bonne question. Le graal de tout indépendant : connaître sa valeur ajoutée, savoir la mettre en avant sans en faire trop. Savoir où se positionner par rapport aux autres auprès de ses futurs clients. Transmettre un message simple : je suis le talent qu’il vous faut ! Mais se mettre en avant s’avère parfois compliqué! De votre “moi” profond à vos réseaux sociaux en passant par la construction de votre réseau, vous rencontrez parfois des difficultés pour communiquer sur vous, sur votre business. La communication passe par de multiples niveaux de réflexion. Comment optimiser sa présence en ligne pour atteindre ses objectifs ? Je vous donne les clés d’une présence digitale réussie! Alors, partant ?

Ce contenu est un condensé de notre dernière conférence Freelance talk YOSS x NOVAA avec l’excellente participation de Adeline Fogel, consultante en personal branding.

Le principe ? On part des racines pour (re)découvrir la cime. C’est parti !

Savoir parler de son métier et parler de soi

Trouve le verbe de ta vie, pas le métier mais le verbe — Sarah Roubato*

Entre nous, cette phrase c’est votre mantra #1. Au début de chaque chemin, à l’aube de chaque histoire, au commencement de chaque aventure il y a un verbe. Ce verbe c’est ce qui donne du sens à notre vie. Ce verbe, c’est un peu ce que Simon Sinek appelle le “Why”.

Simon Sinek, auteur et conférencier anglais, est devenu célèbre grâce à son Ted Talk “Start With Why” (Commence par le “Pourquoi”). Il explique que la plupart des gens et des marques disent d’abord qui elles sont, puis ce qu’elles font et ensuite, parfois, pourquoi elles font ce qu’elles font. Il a remarqué que les marques exceptionnelles et les leaders charismatiques qui inspirent le monde, eux, font le contraire. Et ils agissent tous de la même manière. Ils commencent d’abord par expliquer pourquoi ils font ce qu’ils font. Et ce pourquoi, est si puissant qu’il leur permet de rallier des milliers de personnes à leur cause. Cette raison est si intime, qu’elle guide leur vie et les aide à se lever le matin. Ensuite seulement ils expliquent comment ils le font.

Mantra #2

People don’t buy what you do ; they buy why you do it — Simon Sinek

Lorsqu’on décide de devenir freelance on le fait souvent à la suite de nombreuses réflexions sur le travail, la liberté, la hiérarchie, les horaires… et puis on fait son choix. Commence alors le grand remue-ménage qui a pour but d’atteindre la définition de qui on est et de ce qu’on veut faire comme métier. Un peu comme si devenir freelance consistait à rebattre toutes les cartes et repartir d’une feuille blanche pour trouver le métier que l’on souhaite le plus intimement faire.

Il en résulte que nombre d’indépendants lorsqu’ils se présentent à un client, commencent par dire ce qu’ils font et enchaînent sur comment ils le font. Et c’est en démontrant à quel point ils sont pertinents et différents sur comment ils font leur métier qu’ils pensent rationnellement convertir le prospect en client. Du coup, ils passent des heures à trouver le bon nom de métier. Et pas un seul verbe. Pas le Verbe de leur vie.

Toutes les marques, tous les freelances savent ce qu’ils font et ils savent comment ils le font. Mais souvent, ils oublient pourquoi ils le font. Lorsqu’on arrive à trouver son propre Why, qui est un verbe et pas un métier, alors on est capable de persuader, de toucher les autres et faire appel à leurs émotions. Ce sont ces émotions qui déclenchent chez le prospect un “c’est avec lui/elle, que je veux travailler, j’le sens bien”. C’est ce feeling, sentiment indescriptible qui convertit le prospect en client. #bingo !

En clair, vous ne faites pas pigiste parce que vous savez écrire ou parce que vous êtes bon en orthographe, ni même parce que vous êtes fan de TV. En tant que pigiste, peut-être que votre souhait le plus profond est d’offrir la possibilité à chacun de savoir ce qu’il se passe dans le monde, permettre d’avoir une société plus “éclairée”. C’est votre mission, votre fil rouge. Vous auriez pu être philosophe, reporter, ou électricien 💡et qui sait -vous switcherez peut-être un jour- . Mais une chose est sûre, c’est qu’en parlant de cette conviction intime qui vous est propre, vous électriserez le cerveau limbique de votre client.

Alors oui, la route est longue et laborieuse pour trouver son Verbe, son pourquoi qui guide toutes nos actions, nous permet de prendre des décisions qui tiennent la route en somme !

Mantra #3

Caminante no hay camino. El camino se hace al andar — Antonio Machado**

Traduction ? Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.

NB : si vous arrivez à la fin de cette section sans avoir vu la conférence de Simon Sinek c’est le moment de faire une pause dans la lecture

Simon Sinek — Le Golden Circle — Start With Why — 2009

Communication 2.0 pour des freelances 3.0

Une fois que l’on a trouvé son Verbe, son pourquoi, sa conviction, ce qui fait qu’on a envie de se lever le matin, parce qu’on sait qu’on va changer le monde #super(wo)man, alors on sait enfin sur quoi et comment communiquer pour sortir du lot. Être visible c’est bien, se différencier c’est mieux.

Être visible pour votre réseau

Votre réseau c’est votre meilleur outil, le relais entre qui vous êtes et ce que vous faites. C’est la partie la plus indispensable, la plus évidente, trop souvent négligée.

Tout d’abord il faut que votre entourage sache ce que vous faites mais surtout pourquoi vous le faites. J’insiste parce qu’il est très probable que tout le monde ne comprenne pas ce job qui rythme votre quotidien, votre mission. Comprise de tous, elle devient un véritable outil de communication, parler de vous devient facile. Votre cousin Martin qui travaille à la BNP pourra plus facilement vous recommander s’il a compris votre pourquoi que s’il doit retenir ce que fait un UX UI designer…

Vous avez des clients fidèle, ok. Mais pour rester dans les esprits, rien de mieux qu’une petit piqûres de rappel à votre réseau pour rester dans la course! Un coup de téléphone à un ancien client pour la nouvelle année ? Un déjeuner avec une amie ? L’idée : à chaque fois qu’un de vos proches entend la phrase “je cherche un freelance pour…”, c’est à vous qu’il/elle pense!

Visible sur les réseaux

Combien de fois avez-vous “googlisé” ou checké le profil LinkedIn de votre rendez-vous pro du jour ? Si vous ne le faites pas encore, il n’est jamais trop tard! Vous n’auriez pas l’idée de voyager sans passeport ? Alors vous n’aurez pas l’idée de vous rendre à un meeting sans savoir à qui vous avez à faire. Ça permet de poser un contexte, d’engager la discussion sur des faits concrets et d’entrer rapidement dans le vif du sujet en évitant les “banalités”. On vous conseille vivement de veiller à l’image et à l’empreinte que vous laissez sur le web en général et sur les réseaux sociaux en particulier. Une image, ça se soigne!

Un freelance représente sa marque, son activité. Il en est l’étendard. Du coup, vous avez peut-être des doutes sur la manière dont vous devez parler de vous. Est-ce que je dois parler comme une marque et utiliser le “nous” ? Est-ce que je dois me faire une page entreprise sur Facebook ou seulement me contenter d’un site web ? Chaque cas est unique et vous devez faire des essais et prendre un peu de temps pour y réfléchir. Une chose est sure : allez là ou votre réseau pourra vous relayer facilement. Inutile d‘être présent sur absolument tous les réseaux, ça nécessite beaucoup de temps. Economisez votre énergie, placez là aux bons endroits. Rien de pire qu’un profil mal rempli ou dont la dernière activité date de 2016. N’hésitez pas à regarder comment parlent les autres indépendants, ça peut vous donner des idées.

Que veulent voir les clients lorsqu’ils consultent pour la première fois votre profil en ligne ? Du professionnalisme, de la passion, de la créativité, une attitude qui dit : « Je ferai ce qu’il faut et j’aime ce que je fais. » Ce qu’ils ne veulent pas voir ? Vos photos privées, votre religion, vos opinions politiques, ce qui sort (un peu trop) du cadre professionnel. C’est l’heure du balayage de printemps! Soignez votre présence en ligne, mettez en privé ce qui doit l’être et qui, d’une manière ou d’une autre, peut vous nuire. Le seul mantra #4 qui doit guider votre présence en ligne c’est celui-ci :

Faites de votre profil digital une véritable vitrine de votre savoir-faire et de votre expertise.
  • Parce que oui, vous êtes un expert et vous avez le droit de le dire haut et fort. Et de l’écrire.
  • Tout doit briller, reluire et vous présenter comme le top-gun de votre expertise.
TIPS : demandez à une personne de votre second cercle (en dehors de vos amis proches) de vous dire ce qu’elle pense de votre profil. Un ancien collègue de travail ? Un professeur ? L’oncle de la tante de votre meilleure amie ?

La question subsidiaire à tout ça : les réseaux sont-ils vraiment incontournables ? OUI. Avoir un profil LinkedIn, c’est exister professionnellement. Sinon on se demande si la personne n’est pas un peu bizarre/out/has-been. Maintenant il est tout à fait compréhensible que ça ne soit pas votre support premier parce que votre communauté de fan est présente uniquement sur Instagram, dans ce cas mettez la gomme sur votre compte Insta!

Les réseaux sociaux vont aussi vous permettre de développer votre réseau de connaissances. On se retrouve souvent un peu coincé dans des cercles sociaux étroits, avec des personnes qui sont toujours les mêmes et nous ressemblent beaucoup. Du coup, difficile de compter sur elles pour trouver un nouveau client ou une nouvelle opportunité. Nos habitudes nous confinent. Comment rencontrer de nouvelles personnes et apprendre de nouvelles choses ? Via les réseaux sociaux ! Le Ted Talk de Tanya Menon vous en apprendra beaucoup sur le sujet…

Et maintenant, quel canal ?

Diffuser c’est faire des choix de canaux. Vous êtes freelance donc votre temps est précieux (faire de nouvelles rencontres, participer à des évènements, produire, délivrer, facturer etc.) et les réseaux sociaux sont très chronophages. Alors on choisit 2 réseaux max et basta.

Vous êtes dans la finance ? Votre cible sont des directeurs financiers du CAC 40? Go sur LinkedIn pour networker à fond et éventuellement Twitter. On adopte un ton approprié, on réagit sur son expertise au maximum… et on laisse de côté les autres réseaux sociaux pour du professionnel. Vous êtes designer et votre cible est composée de décorateurs? Privilégiez Instagram, Pinterest -pourquoi pas YouTube- avec un maximum de créativité et de technique mises en avant. Et c’est tout, à bas la dispersion!

Ensuite, quel que soit le réseau social, restez vous-même! Les réseaux sociaux sont une vitrine et pas un miroir déformant, qui vous rendra encore plus beau, encore plus expert, encore plus intelligent. Gardez en tête votre objectif : nourrir l’interaction, agrandir votre réseaux. Gardez l’esprit positif, constructif et aidant !

Visible pour des missions

80% des freelances trouvent du travail par bouche-à-oreille. Cela dit, l’émergence des sites de mise en relation a permis d’ajouter une corde à son arc pour pouvoir viser autrement, ailleurs et différemment. A mon sens, le plus difficile est de trouver le site qui vous ressemble.

Je m’explique. Maintenant que vous avez fait le tour de la question de qui vous êtes, pourquoi vous êtes freelance et pourquoi vous faites votre métier, il est hors de question de réduire votre personne à votre prix. De la même manière que vous devez penser stratégiquement votre présence sur les réseaux sociaux, vous devez penser stratégiquement votre présence sur les plateformes. Au lieu de vous éparpiller, mieux vaut viser moins mais plus juste.

Lorsqu’on a créé YOSS, il y a un an, nous avions la conviction qu’il fallait qu’on mette au point une plateforme qui ait 2 axes structurants :

  • Conviction 1 : mettre le prix comme critère de collaboration sur la tête d’un talent, c’est un peu réducteur.

A. Déjà parce qu’on ne peut pas réduire une personne à son prix. Dans la vraie vie le prix n’arrive pas au premier contact mais plutôt après avoir échangé avec la personne avec qui on veut travailler, si feeling / matching il y a eu.

B. Parce que le TJM ne veut pas dire grand chose si vous passez finalement au forfait

C. Parce que ça favorise les “prix d’appel”. — Combien de freelances indiquent un TJM à 100€ pour pouvoir remonter dans un maximum de recherche de clients ? Et puis ça créé une déception pour le client qui se retrouve avec un devis bien plus salé #nothappy

D. Le client connait parfois mal le prix des métiers freelance

E. Souvent on se retrouve à facturer plus de jour que réellement travailler pour rentrer dans les clous. Berrrh.

  • Conviction 2 : les compétences ou hards skills deviennent obsolètes trop rapidement de nos jours.

Les soft skills, c’est-à-dire vos qualités comportementales, celles qui vous servent dans votre vie personnelle comme dans votre vie professionnelle en disent beaucoup sur vous. Elles seules permettent de faire la différence entre un développeur java 5 ans d’expérience et un autre développeur java 5 ans d’expérience (une fois qu’on a enlevé le TJM..). Elles donnent des indications précieuses et permettent de faire de bon “match” entre un client et vous. Par exemple, si dans vos soft skills vous indiquez avoir un leadership naturel et qu’un client a besoin d’une personne capable de défendre un projet en public, il va vous choisir plutôt qu’une autre. Vous manquez d’idées ? On en a PLEIN pour vous : résolution de problèmes, intelligence émotionnelle, gestion du temps, créativité, audace, sens du collectif, esprit innovant, curiosité, lève tôt, modeste, un brin décalé(e), zen, serial bosseuse, rigolote, geek …

Les soft skills sont intimement liées à qui vous êtes, à votre pourquoi, à votre éducation, à vos valeurs, à votre éthique dans le travail. Elles font de vous une véritable personne et pas un moyen pour atteindre un but.

je vous invite à découvrir ce Tumblr excellent : http://monmacon.tumblr.com/

Dans la pratique, cela signifie qu’il faut que vous consacriez un peu de temps à votre profil en ligne :

  1. Découvrez vos Soft Skills et mettez les en avant. Sortez du lot !
  2. Décrivez-vous en une phrase : incluez ce que vous créez comme valeur d’un point de vue client, et votre Why !
  3. Portez attention à l’intitulé de votre métier. Surtout, n’oubliez jamais que notre chère langue française est riche en synonymes. Vous êtes Chatbot Designer ? Parfait. Mais si tous les clients cherchent des “créateurs d’outils conversationnels”, on fait comment (#truestory) ? Là encore il faut être stra-té-gique : il existe des synonymes à votre métier ? Ajoutez-les à votre profil.

Honnêtement, ces 3 points sont des incontournables sur YOSS comme sur LinkedIn. Allez vers l’aspirationnel, ça ne vous fera jamais défaut. Enfin, augmentez vos chances de vous faire repérer en détaillant votre expertise et votre métier.

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Si vous souhaitez en savoir plus sur YOSS, les softs skills ou comment se mettre en avant pour trouver des missions : rdv sur yoss.com

*Sarah Roubato est “pisteuse de paroles, écouteuse à temps plein, anthropologue, auteur compositeur interprète, bloggueuse, écrivain”

** Pourrait se traduire moins poétiquement par “Le bonheur n’est pas au bout du chemin, le bonheur c’est le chemin” . Antonio Machado.