Ascension

My dear Martin,

En ce week-end de l’Ascension, je crois que le couple de verbes « Partir-Rester », qui fait notre correspondance, a été conjugué comme LA question principale des parisiens ! Partir ou rester ? La météo annonçait une période de forte chaleur de 4 jours, sans vouloir encore parler de canicule, mais un soleil éblouissant, et des températures à se jeter à l’eau.

Tout parisien qui en a eu la possibilité a sans doute accepté sans hésiter d’être pris dans les embouteillages pour se sauver de la Capitale et trouver un coin de campagne, un bout de plage, une part de nature. Bienheureux pour quelques jours, en Bretagne, en Normandie, à St Malo ou au Mont St Michel, sans penser au retour qui promet d’être un enfer si la voiture n’est pas climatisée.

Et puis il y a eu les autres, ceux qui n’ont pas pu. Ou pas voulu.

Et qui ont subi la chaleur urbaine, lourde, étouffante, polluée, englués dans la sueur… dans une capitale surpeuplée mais étonnamment radieuse, qui a laissé ses cafés envahir les trottoirs, et la vie déborder comme une onde de joie, un trop-plein d’exubérance estivale.

Promenade dans mon quartier du 11ème, je regarde, à travers tes yeux de marcheur tranquille qui traverse en ce moment la Creuse, les rues près de la Bastille, qui sont les exactes opposées de ta solitude.

Dans les heures chaudes, j’ai reçu un texto de ta part qui me disait que tu te reposais sous un arbre en écoutant les oiseaux. Les parisiens étaient en pause café. En quasi plein soleil.

Rue de Charonne, Paris 11ème

Moi aussi, comme toi, je cherchais l’ombre. J’ai remonté la rue de la roquette, jusqu’à la place de la Bastille. Ambiance de vacances, jupe, dos nu et lunettes de soleil. J’accompagne ton Chemin en me mettant en chemin, à l’affût du Paris que je connais et que je veux te transmettre.

Ascension. Qui, en dehors des chrétiens de moins en moins nombreux dans notre société séculière, sait ce que la fête de l’Ascension représente ?

Je reste toujours stupéfaite que nous ayons conservé, juste avant le 14 juillet emblématique de la Révolution Française, une fête laïque s’il en est, des jours fériés comme l’Ascension et la Pentecôte, si religieusement connotés et fondamentalement chrétiens.

Ascension. Envol plutôt. Je lève les yeux et l’ange de la Bastille resplendit, encadré par les frondaisons fournies des arbres de la Place, celui qui représente la Liberté s’envolant en brisant les chaînes et en semant la lumière, porte bien son nom : le soleil frappe son métal qui semble chauffé à blanc. Et sur la place noire de monde il laisse tomber ses éclats blancs, comme autant de langues de feu sur toutes les nationalités qui se croisent en ce lieu touristique. La Pentecôte n’est décidément pas loin…

Le Génie de la Liberté… Esprit du lieu, qui n’a rien de saint, malgré ses langues de feu

Autre temps, autres mœurs, j’ai rencontré dans la rue de la roquette une jolie librairie qui affichait le plus beau des slogans, celui dans lequel je sais que toi comme moi savons nous retrouver… à suivre…

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